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Jann Halexander chanté par d’autres que lui

Jann Halexander (photo DR)

Jann Halexander (photo DR)

L’heure, on le sait, est à la reprise. Tribute(s) à Ferrat, à Téléphone, bientôt à Balavoine, reprises de Barbara par Bruel, de Trenet par Biolay… on fait feu de tout bois tant qu’il y a des clients pour acheter.

Tel n’est sans doute pas le but de ce disque qui relève sinon de l’hommage (c’en est un de toute façon, et un joli) au moins du salut confraternel. Il est d’autant moins opportuniste que le tirage sera nettement plus modeste. Tout au plus on sera irrité ou on contraire on sourira aux textes divers (et ébauche de réflexion), reproductions de pochettes de disques, album de photos, liste exhaustive du répertoire de l’heureux élu, liens internet et facs similés illisibles car petits et tronqués de coupures de presse qui justifient le livret un rien narcissique, et au final paradoxalement peu informatif (on vous recommande plus sûrement la page Wikipédia consacrée à cet artiste).

a4041577922_16Mais l’important est le disque et cette galette de vingt titres (dix-sept interprètes et Jann Halexander lui-même pour un instrumental) est ma foi fort intéressante. Car le bouquet d’artistes offre des timbres, des fragrances, des sensibilités si diverses, au seul service de l’artiste ainsi célébré, que c’en est un réel plaisir du début à la fin. De Frédéric Pagès à Marc Havet, de Gilles Roucaute à Agnès Renault, de Clémence Savelli à Ouman Dee, de Monique Hottier à Rosa Project, c’est en partie la fine fleur de petits lieux parisiens qui est là d’une plage l’autre. Petits lieux mais grands cœurs. Ça a le mérite de porter un regard pluriel sur un artiste de la marge, stylé « cabaret », un nom qui nous dit quelque chose pour une œuvre qu’on connaît moins. Ce disque, qu’on peut prendre pour cadeau, a le mérite de nous rapprocher de cet artiste, d’aller vers lui, de décrypter cet « objet musical non identifié », ce touche-à-tout artistique qui nous chante si élégamment l’impudeur des sentiments, les fêlures de l’amour et le métissage.

L’écoute d’Halexander exige un surcroît d’attention et c’est grand mérite à ces artistes d’amis de nous tendre la perche, de nous aider, de nous faciliter l’entrée dans cet univers de grande richesse. Et de presque la prolonger, lui offrant d’autres et nouvelles perspectives.

 

Elles et eux chantent Jann Halexander, Label Trilogie Halexander/Lalouline éditions 2015. Le site de Jann Halexander, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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Une réponse à Jann Halexander chanté par d’autres que lui

  1. Bruno 13 décembre 2015 à 13 h 21 min

    Voilà un bel article intéressant. Cet album, je trouve, remet les pendules à l’heure et rend l’artiste moins abstrait – le livret est bienvenu. Son œuvre comprend le pire comme le meilleur à mon sens mais il y a quelque chose de général qui laisse rarement indifférent. J’ai fait Cholet-Paris pour aller le voir en novembre dernier, c’était très beau, le public, l’ambiance, salle pleine, beaucoup de tendresse. Moi je suis content quand je tombe sur des gens qui connaissent ‘A Table’ ou ‘Aucune Importance’. J’ai dit ‘qui connaissent’, pas forcément qui aiment car le chanteur est clivant, les gens détestent ou adorent. C’est plus variété que chanson – il passe de temps en temps à la télé, a ses entrées dans quelques médias, et ne fait pas vraiment partie de ce qu’on pourrait appeler ‘la bonne famille de la chanson française’, même s’il évolue dans les théâtres, les cabarets. C’est l’aspect scénique et le choix des sujets qu’il aborde qui m’intéresse, ainsi que les musiques. Peut-être son audace aussi, il assume ce qu’il fait, parfois jusqu’à la caricature, mais il ne s’excuse pas d’être là. Les textes, par contre, c’est très variable. Mais après tout un artiste c’est un TOUT et nous le public, on adhère ou pas. Les artistes proposent en sachant que c’est quitte ou double.

    J’aime beaucoup beaucoup ‘Un cèdre sur le toit’ par Gilles Roucaute, je ne suis pas le seul à préférer cette version à l’originale. Marc Havet donne une version très ‘oraison funèbre’ de ‘Aucune Importance’. C’est important de faire vivre les chansons actuelles par différents auteurs.

    (je ne connais pas le tirage initial de l’album, je m’en fous un peu, mais je sais que il y a déjà eu rupture et une réédition est prévue en janvier).

    Encore merci pour cet article que je fais suivre, car c’est un bon site (j’entends, qui ne se contente pas de faire de copier coller de communiqués de presse, ça devient rare) alors ne boudons pas notre plaisir d’auditeurs-internautes etc.

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