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Avignon Off 2016. Vincent Tronc, accordez nous le paradis !

Vincent Tronc (photo Catherine Laugier)

Vincent Tronc (photo Catherine Laugier)

« Chants de bataille », La maison de la parole, 29 juillet.

 

Il a pourtant toute une carrière derrière lui Vincent, bien des rencontres et quelques voyages depuis sa naissance à la Roque-sur-Cèze dans le Gard. Mais si je n’avais pas bien regardé le programme du festival ni écouté ses chansons sur un célèbre site de partage de vidéos, j’aurais pu passer à côté. Il y a des fois où l’intuition vous mène au bon endroit au bon moment. Un seul regret, l’avoir vu le dernier jour de sa programmation.

Le visage ciselé par la vie, cheveux attachés dans le cou, fine barbe et moustache, chemise pourpre, souriant ou inspiré, c’est en petit comité qu’il nous arrive avec ce très bel accordéon à son cou, « Je m’envoie des messages à moi-même / Pour me dire que je m’aime (…) Mais dites-moi qui après le chaos / Portera le chapeau ? »

D’emblée on est étonnés, séduits : la belle voix grave et claire au très léger accent du midi, ponctuée parfois d’un sifflement mélodieux, la poésie où les mots de tous les jours se marient en  rencontres étonnantes, son attention au monde, à « Tous ces gens / De toutes les couleurs qui traversent le temps / Les yeux pleins de soleil, de rêves et de tourments ».

CHANTS DE BATAILLE Vincent est modeste. Dans la conversation il vous dit : "je joue aussi de la guitare". Vous découvrez ensuite qu’il a créé de la musique alternative et électro en y introduisant l’accordéon, qu’il a fait des bœufs avec Petrucciani, créé une très intéressante version francophone de Take Five, fondé deux groupes, Shaman, tendance rock-world où il est aussi virtuose à la guitare électrique, et Gadjo, plutôt musique tsigane. Composé pour des Compagnies de danse, rencontré des indiens Lakotas (sioux), des musiciens du Rajasthan ou du Mali, et joué avec tous,  repris des classiques de la chanson française (vous le trouverez même chantant Brassens avec Joël Favreau) ou anglo-saxonnes, tendance Dylan. Ne croyez pas pour autant qu’il se disperse ou joue les caméléons. Dans toutes ses musiques il reste fidèle à lui-même,  voyageur amoureux de la vie et des humains. A la demande de ses auditeurs, Vincent a publié en 2016 un très joli recueil de ses poésies-chansons, Chants de Bataille, représentant les textes de ses dix dernières années, illustré de très beaux dessins, gravures, cartes et photos noir et blanc très stylés. C’est le complément indispensable des CD. Il en est à son huitième album, les quatre derniers ont été publiés ensemble, par thématique. Ils ont pour nom Le voyageur, Braves Gens, L’arche de Noé et Le chapeau. Accompagnés par les musiciens de Gadjo, dont Joannes Kotchian à la batterie et Daniel Beltramo au tuba et à la batterie, certains avec en plus clarinette et contrebasse, ils sont très bien enregistrés et méritent votre attention.

CHANTS DE BATAILLE
Vincent est modeste. Dans la conversation il vous dit : « je joue aussi de la guitare ». Vous découvrez ensuite qu’il a créé de la musique alternative et électro en y introduisant l’accordéon, qu’il a fait des bœufs avec Petrucciani, créé une très intéressante version francophone de Take Five, fondé deux groupes, Shaman, tendance rock-world où il est aussi virtuose à la guitare électrique, et Gadjo, plutôt musique tsigane. Composé pour des Compagnies de danse, rencontré des indiens Lakotas (sioux), des musiciens du Rajasthan ou du Mali, et joué avec tous, repris des classiques de la chanson française (vous le trouverez même chantant Brassens avec Joël Favreau) ou anglo-saxonnes, tendance Dylan. Ne croyez pas pour autant qu’il se disperse ou joue les caméléons. Dans toutes ses musiques il reste fidèle à lui-même, voyageur amoureux de la vie et des humains.
A la demande de ses auditeurs, Vincent a publié en 2016 un très joli recueil de ses poésies-chansons, Chants de Bataille, représentant les textes de ses dix dernières années, illustré de très beaux dessins, gravures, cartes et photos noir et blanc très stylés. C’est le complément indispensable des CD.
Il en est à son huitième album, les quatre derniers ont été publiés ensemble, par thématique. Ils ont pour nom Le voyageur, Braves Gens, L’arche de Noé et Le chapeau. Accompagnés par les musiciens de Gadjo, dont Joannes Kotchian à la batterie et Daniel Beltramo au tuba et au trombone, certains avec en plus clarinette et contrebasse, ils sont très bien enregistrés et méritent votre attention.

Ses doigts volent sur les touches noires et blanches, sur les boutons nacrés, qu’il caresse  ou percute doucement, lui arrache parfois des dissonances. Avec lui l’instrument s’anime et prend vie, réagit comme s’il était un être vivant autonome qui pulse, respire, s’étire, frissonne, amoureusement s’enroule autour de lui. Son souffle est vent, vagues qui nous portent vers des pays lointains, de l’Europe centrale à l’Orient ou les grands espaces américains, de la valse à la java, du tsigane  au gitan mais toujours en joie et en rythme.

Si ce qui est chanté est Chants de bataille, ses seules armes sont ses mots, sa voix et son accordéon, et sa résistance au chaos du monde est toute pacifique : il s’en prend à ce système, ce « Business chaud » tout dédié à l’argent, à ce diable Derrière la scène « qui brise le cœur des poètes » et qu’il faudrait tremper dans l’huile, puis le pendre comme dans la chanson !

Ou au son du kalimba évoque le paradis perdu des colonisés par tous ces « Soldats, curés ou missionnaires / venus forcer civiliser » parce que « Là y’en a de l’or, là ».

Les mots de l’âme, il nous les conte avec cette fraîcheur un peu naïve, des métaphores bibliques, l’arche de Noé, le paradis. Le sujet revient en leimotiv dans ses chansons. Mais lui en  a pris son parti « Ah ! ah ! tant pis pour moi / ah ! ah ! j’vais rater ça » car le paradis, il est sur terre pour ceux qui savent aimer.

Le bonheur, il nous enjoint de nous le faire nous-mêmes « Ami, brisons nos verres et dans la nuit étoilée / Sans couleur, sans  colère, soyons des rois lactés». En remettant les choses à leur place :  «Ça ne fait rien, ce n’est pas grave » Et en gardant au cœur la liberté : « Chantez tout le temps(…) Cliquez l’icône du temps / Et pénétrez dans le programme . Mais, mais… / Mais ne vendez pas votre âme ».
Parce que ce Voyageur qui cherche le bonheur de pays en pays, il l’a enfin trouvé, et nous aussi « Et sous nos fenêtres on entend sa voix / Il s’est arrêté là ».  

 

Le site de Vincent Tronc, c’est ici.

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