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Lior Shoov, qui se cherche et nous trouve

Lior Shoov

Lior Shoov (photos Nicolas Blanchard)

MJC de Venelles, 4 février 2017,

 

Silhouette androgyne, fine et élancée, pantalon trop court, socquettes et chaussures plates colorées, cheveux tournés dans un chignon étrange, frange de côté, telle nous apparaît Lior Shoov. A quatre pattes ou debout, semblant laisser son corps commander son esprit, agitée de soubresauts, tout en percussions corporelles, caresses d’elle-même, elle explore son univers, en prend possession. Croisement improbable entre Buster Keaton et une indienne chamane, Lior va accomplir devant nous ce que d’aucuns ont toujours rêvé de faire, ce que d’autres n’oseront jamais, ou ne comprendront pas : se poser des questions sur elle, sur le monde, sur les relations entre les êtres humains, sur la liberté d’être, de respirer, d’aimer, de ne surtout pas avoir de but, de n’être jamais conforme : « Je n’ai probablement pas été assez écoutée quand j’étais petite, nous dit-elle. Maintenant j’apprends à douter en public. »

LIOR SHOOV Eau MJC 2016 Nicolas BlanchardCe ne sera pas un concert, pas au sens où on l’entend habituellement. Pas de chanson bien écrite : les mots sortent bruts, le plus souvent dans un français qui peut évoquer celui de Jane Birkin à ses débuts. Les verbes ne se conjuguent pas tout à fait comme il faut, ça rajoute à son charme : « Faut que j’apprends à aimer le rien du tout ». C’est une psychanalyse où nous serions à la fois analyste et patient. Une performance, très musicale. Les cartésiens n’y trouveront pas leur compte. La séance dure deux heures : un peu long. Dès qu’on gagne d’un côté, il faut s’arrêter, pour rester sur le fil de la vie. C’est le but.

Lior n’est pas du genre à onduler en se passant la main dans les cheveux pour séduire, à jouer le rôle qu’on attend d’elle. Pourtant, charnellement elle s’offre, l’homme devra s’en contenter. « Ça bouge mon bassin, ça fait bouger dedans, ça fait danser, ça fait vibrer ». Quoi donc ? La musique, l’amour, la vie ? C’est une herbe sauvage, elle pousse où elle veut, où elle peut : « Je veux trouver le chemin directement à son cœur et aussi à son cerveau ».

Déjà, elle l’a dit à ses parents, en Israël (ah ce foutu bordel !), elle ne veut pas travailler. Elle veut chanter, mais surtout ne pas être connue. Elle ne fera pas non plus son service militaire, elle est pour la paix. Ça fait trois ans qu’elle est en France. Est-ce que c’est pour elle un espace de liberté ? On ne le saura pas. Mais ça laisse de l’espoir. Celui de trouver ensemble comment la guerre va s’arrêter. Laisser la vie nous traverser. « Caresse my skin, caresse my soul ». Déjà, c’est un début, mélanger les langues, avec peut-être de l’hébreu, ou une langue imaginaire.

Avec Jean-Yves Liévaux

Avec Jean-Yves Liévaux

Lior, ça veut dire lumière. Souvent à genoux, elle chante au milieu d’une spirale d’ampoules blanches, cherchant le courage de n’être pas sage. Et crée ce monde de musique enchanté, instruments à cordes pincées (ukulélés de taille diverses, genre de citole long et étroit, ou de cistre  bombé accordé en do majeur-mi mineur et joué en mouvement perpétuel), cloches et cliquettes, hang qui vous fait voyager vers l’Afrique sur sa soucoupe musicale, tout autant que le petit sanza (piano à doigt à lamelles de  métal)… Aussi des saladiers métalliques partiellement remplis d’eau, qui tournent, se versent et se renversent. Des tuyaux de couleur qu’elle fait valser dans un grand bruit de tempête, des bâtons échangés en une danse follement musicale avec un spectateur du premier rang qui se trouve justement être Jean-Yves Liévaux, du duo Alcaz… Une trompette, un jouet couineur, un tambourin transparent, un sac en plastique joué en percussion ou partant vers les cieux comme un parachute « me remplir, me vider ».

Un album est en préparation. « Bientôt, je vais faire des chansons, vous allez être rassurés. » Celle qui fut révélation scène du Prix Charles-Cros 2015 nous surprendra-t-elle encore en studio ?

 

Le site de Lior Shoov, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

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