Oisy-le-Verger 2017. Vincent Delbushaye, la chanson de connivence… | NosEnchanteurs

Oisy-le-Verger 2017. Vincent Delbushaye, la chanson de connivence…

Vincent Delbushaye (photo Colette Coquerelle)

Vincent Delbushaye (photos Colette Coquerelle)

Le festival « Chansons d’Avril » s’achevait donc dimanche après-midi dans la salle des fêtes d’Oisy-Le-Verger. Les quatorze participants de la chorale « Coup de Chœur », sous la direction de Catherine Bilot, nous offrent d’abord cinq chansons – Béart, Renaud, Piaf, Gainsbourg et Ferrat : rien que du beau monde – dont les harmonisations mettent en valeur les qualités. Et puis, sans perte de temps, le bruxellois Vincent Delbushaye arrive sur la scène avec son guitariste Eric Dory. Souriant et bien sapé, il s’installe derrière son clavier et aussitôt entame les présentations, et propose son premier titre, Tant qu’il y aura du monde, qui, en filigrane donne l’aperçu de ses thèmes : l’individu – Vincent lui-même pourquoi pas – et tout ce qui gravite autour, et qui influe sur son comportement. La voix est bien placée, la musique est belle et il suffira d’un petit réglage pour que les arrangements soient à leur place (les petites scènes de village pas équipées de retours sont difficiles à sonoriser d’emblée !).

VDelbushaye170430PhotoColetteCoquerelle12Très vite, par ses interventions entre les morceaux, l’artiste crée un climat de connivence avec le public : il présente les titres, en donne le climat et parfois la genèse… les spectateurs ont alors tout le loisir, au cours de l’exécution, de saisir les subtilités du texte, l’évolution du propos, et la chute. Car elles sont bien construites ces chansons, elles réservent des surprises, des rebondissements dans la narration et dans la conclusion. Les auditeurs, alléchés et attentifs, réagissent au quart de tour, sourient ou sont empreints d’émotion. Il s’établit entre Vincent, son guitariste et le public une véritable complicité ; il est le copain qui vient à la maison raconter ses amours ou ses déconvenues, avec parfois un soupçon de cruauté, mais toujours beaucoup d’humour et surtout une dimension d’universalité : il dit dans ses chansons ce que chacun peut éprouver à un moment ou à un autre et qu’il n’arriverait pas à exprimer avec autant de talent ! La belle-mère envahissante (Ta mère), celle qui parle trop, ou fait des Fautes de français, ou enferme l’autre dans un lourd carcan d’obligations sociales (Ce qu’il faut que je sois) reçoivent des volées de bois vert qui ne sont pas réellement méchantes car adoucies par l’humour et par une chute souvent plus optimiste. Quant à celui qui prétend Je m’en vais en faisant tout pour ne pas s’en aller, il reçoit sa petite dose de ridicule !

Ça et là, surprise pour les spectateurs, Vincent amène dans le concert quelques petites perles qui soulèvent l’émotion par leur justesse. Ainsi, une chanson d’amour un peu désespérée recyclée avec astuce comme une chanson écologique (J’attends) ; et puis un superbe moment d’amour – très touchant avec des mots délicatement choisis – pour la grand-mère qui perd la mémoire avant de perdre lentement la vie ; et surtout Larmes de fumée, dans laquelle l’horreur des combats de tranchées de la première guerre mondiale est rendue palpable par l’adéquation des ellipses du texte avec la mélodie et la sobriété des arrangements très ajustés ; en cette période de commémoration des batailles particulièrement meurtrières dans les « Hauts de France », cette chanson absolument indispensable est longuement applaudie, le public se trouvant encore une fois en communion avec les sentiments exprimés…

VincentDelbushayePochette2Le concert se termine avec des reprises (Brel, Joyet) et, dans la bonne humeur, avec en bis un superbe slow pour qui déteste les slows ! Les gens sont enchantés. La plupart de ces chansons de Vincent Delbushaye s’écoutent sur CD avec autant de plaisir qu’en concert. Ça tombe bien, son dernier disque six titres, J’attends, vient de sortir et complémenter le précédent cinq titres Ce qu’il faut que je sois qui date de 2011, mais est toujours disponible.

Ce petit festival annuel d’Oisy-le-Verger est décidément bien attachant. Rendez-vous en 2018 avec le régional Samuel Leroy et Nicole Rieu. À l’année prochaine !

 

Le site de Vincent Delbushaye, c’est ici.

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