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Anita Farmine, femme du monde en liberté

Farmine

Anita Farmine (photo Géraldine Aresteanu)

Next est l’album éclectique d’une franco-iranienne sous multiples influences. D’abord sa culture d’origine et celle française, à partir de ses sept ans. Puis la musique anglo-saxonne, du jazz au reggae en passant par la pop. La culture africaine enfin, plus par ses concerts au Mali et au Burkina Faso que par son séjour en Algérie, fuyant l’Iran des ayatollahs. C’est dire si le terme musique du monde lui convient particulièrement.

L’unité du disque est donnée par la voix particulière de l’artiste, grave, puissante et nuancée, entre diva lyrique et chanteuse de jazz. Et par la passion qui l’anime, toujours en dénonciation des injustices et des violences de notre monde, tout particulièrement envers les femmes. La richesse des instruments utilisés par les musiciens habituels d’Anita (guitares dont la dobro et l’étonnante inuk à 11 cordes, basse, piano et orgues, batteries et percussions iraniennes, tombak et dayereye, avec le rajout de la kora africaine ou du duduk, sorte de hautbois oriental) se déploie en des compositions libres et complexes, rappelant parfois le rock progressif de la fin des années 60.

FARMINE Anita Next 2017Elle chante en anglais, en  persan, fait surgir le français au détour du traditionnel iranien My Gazelle avec les daf et zarb de Keyvan Chemeirani : « Si mon amour ne m’était pas fiancé / Ce feu ne brûlerait pas en moi ». Reprend Il est tombé du ciel : « Car je suis celle / Qui le fait vaciller / Celle qui chancelle / Sur ses nuits ondulées » du belge Arno, sur des sonorités africaines. Et vous emporte dans un monde de musique qui ne connaît pas de frontières.

Le titre (de 8 minutes) From above est particulièrement significatif des multiples influences bien intégrées. Partant en douceur aux accents de la kora de Cherif Soumano, il monte en puissance, se scatte, se sature avant de se faire caresse, message de paix et de tendresse « This breath which passes through my members / Is too benevolent / It is rest and freedom ». Le duduk de Sylvain Barou se déploie en sonorités très orientales sur le traditionnel turc Sari Galin, en volutes caressantes mêlées à la voix envoûtante d’Anita. Babylon feel dis one repris de Bob Marley gagne en profondeur et en chaleur. I’m curious est presque aussi brûlant qu’un James Brown, et Over the Rainbow balance entre jazz et reggae.

L’album a été en partie enregistré dans les conditions du direct, aux Bains-Douches de Lignières. Il nous laisse deviner la chaleur communicative qu’elle doit dégager sur scène. Quand on sait qu’à l’exception des reprises précitées et des chansons traditionnelles orientales, Anita est l’auteur et le compositeur de ses chansons, on ne peut qu’éprouver de l’admiration pour cette jeune femme et rêver de la voir sur scène.

 

Anita Farmine, Next, auto-produit 2017. Le site d’Anita Farmine, c’est iciImage de prévisualisation YouTube

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