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Eskelina, nature de femme

Eskelina en quatuor au Petit-Duc, photo DR

Eskelina en quatuor au Petit-Duc, photo Le Petit Duc

Quatuor Eskelina, 24 février 2018, Le petit-Duc, Aix-en-Provence,

 

Deux ans après, voici revenue Eskelina en formation complète, avec Alexis Campet aux percussions et clavier, s’ajoutant à Christophe Bastien, aux guitares (et à la composition), et à Nolwenn Leizour à la contrebasse. Pour ne rien oublier, il faudrait mentionner les participants virtuels, les auteurs Florent Vrintrigner et Batlik.

Equipe apparemment fusionnelle, la plupart des chansons sont co-écrites et composées à trois, avec une exigence sans cesse renouvelée, avec Nolwenn ou  Alexis aux arrangements, pour  un résultat exceptionnel. Les ambiances s’enchaînent, trad, folk, pop-rock dans une cohérence parfaite, alternant force et subtilité, avec une qualité de son remarquable, valant celle d’un studio, avec en prime l’émotion.

L’équipe, à parité, est donc composée sur scène de deux charmants garçons bruns et barbus, et de deux blondes tout aussi séduisantes. Ils sont beaux, a reconnu Eskelina, et j’ajouterais talentueux. Interprétation irréprochable et en toute discrétion, chœurs magnifiques, le tout soutenant en toute complicité la petite silhouette d’Eskelina en son mitan.
Le charme opère instantanément avec cette jolie blonde charmeuse et piquante, les cheveux blonds, si blonds, longs, si longs, naturellement séduisante dans sa simple robe noire. Son jeu de scène commence, discret, mains presque immobiles et pourtant si expressives, ne s’élevant parfois que pour se saisir du micro, ou jouer elle même de la guitare.
La voix s’élève, limpide, chaleureuse, et avec la chanson d’ouverture en suédois, c’est comme un vent doux et frais qui souffle, dans ce langage pour nous étrange, roulant et se déroulant  dans sa bouche. Comme au concert précédent, c’est sur une chanson dont nous ne comprenons aucun mot qu’elle fera plus tard participer le public, dans un La la la universel et bien en rythme.

Tout est déjà parfaitement rodé dans ce répertoire mêlant étroitement les deux albums. Engagements, quand elle dénonce le Désordre de notre monde, la vie d’une petite fille qui se partage entre Papa et Maman « en suivant le calendrier du Tribunal de Grande Instance », la nostalgie de Cuba dans les mots de Batlik, ou un monde de bonheur frelaté (Packaging). La verticale « Que la nature nous pardonne », est aussi une réussite musicale de tension rock montant en puissance au fur et à mesure. Avec Eskelina on crève d’envie de bouger le monde.

Histoires personnelles quand elle évoque sa Maman si inquiète de la savoir seule loin de sa Suède natale, partant avec sa Valise rose, ou son beau-père Charlie Townsend qui lui a fait connaître la France.

Puis l’autodérision de l’Emmerdeuse, l’amorale Le couteau ou la sémillante Les trois garçons : « Nous étions trois filles légères / vous étiez trois électrons / Echangeons les ampères et les impairs / Les atomes crochus / les protons / les neutrons ».

Eskelina La Verticale (L'Atelier du Pélican) 2017 Ce deuxième album est conçu en équipe : Florent Vintrigner ( La rue Ketanou) coécrit la plupart des textes d’Eskelina, Batlik signe trois titres de son dernier album, avec le plus souvent Christophe Bastien pour les musiques, Alexis Campet et Nolwenn Leizour assurant les arrangements. Les mélodies recherchées, accrocheuses, balancent entre douces ritournelles sur chœurs à bouche fermée ou en aériennes vocalises, et  rythmes marqués jazz, rock ou folk. Aux claviers, percussions et cordes (guitares, contrebasse) s’adjoint parfois le typique nyckelharpa suédois, instrument médiéval ressemblant à la vièle ancêtre du violon et muni d’un clavier, donnant le son particulier à la chanson La verticale, mea culpa de l’homme qui contraint le monde à ses pieds.  Saluons Eskelina qui écrivait en suédois ou en anglais, et qui s’est adjoint les auteurs et compositeurs qui lui correspondaient le mieux lorsque elle a choisi de s’exprimer en français,  à contre-courant des modes. Elle incarne tellement ses chansons qu’on oublie que d’autres y ont déposé leurs mots ou leurs notes.  Douze titres décryptent le monde et la société, sa superficialité et ses contradictions (La verticale, Cuba, Maya, Packaging, La radio), les sentiments amoureux ( La délicate Quelqu’un comme toi, où Eskelina a particulièrement trempé sa plume, Si proche, Le Cèdre) et les doutes personnels, laissant poindre l’espoir : « As-tu déjà entendu cette voix qui vient du pire de toi-même / De tes égouts et qui s’acharne / Mordant tes lèvres de ses dents sales (...) J’ai volé dans un ciel plus bas que terre / Je suis revenue ». De la fantaisie à la gravité , de la sensualité à la tendresse, comme dans la vie, rien n’y manque.

Eskelina, La Verticale (L’Atelier du Pélican) 2017
Ce deuxième album est conçu en équipe : Florent Vintrigner ( La rue Ketanou) coécrit la plupart des textes d’Eskelina, Batlik signe trois titres sur ce dernier album, avec le plus souvent Christophe Bastien pour les musiques, Alexis Campet et Nolwenn Leizour assurant les arrangements. Les mélodies recherchées, accrocheuses, balancent entre douces ritournelles sur chœurs à bouche fermée ou en aériennes vocalises, et rythmes marqués jazz, rock ou folk.
Aux claviers, percussions et cordes (guitares, contrebasse) s’adjoint parfois le typique nyckelharpa suédois, instrument médiéval ressemblant à la vièle ancêtre du violon et muni d’un clavier, donnant le son particulier à la chanson La verticale, mea culpa de l’homme qui contraint le monde à ses pieds.
Saluons Eskelina qui écrivait en suédois ou en anglais, et qui s’est adjoint les auteurs et compositeurs qui lui correspondaient le mieux lorsque elle a choisi de s’exprimer en français, à contre-courant des modes. Elle incarne tellement ses chansons qu’on oublie que d’autres y ont déposé leurs mots ou leurs notes.
Treize titres décryptent le monde et la société, sa superficialité et ses contradictions (La verticale, Cuba, Maya, Packaging, La radio), les sentiments amoureux (la délicate Quelqu’un comme toi, où Eskelina a particulièrement trempé sa plume, Si proche, Le Cèdre) et les doutes personnels, laissant poindre l’espoir : « As-tu déjà entendu cette voix qui vient du pire de toi-même / De tes égouts et qui s’acharne / Mordant tes lèvres de ses dents sales (…) J’ai volé dans un ciel plus bas que terre / Je suis revenue ». De la fantaisie à la gravité, de la sensualité à la tendresse, comme dans la vie, rien n’y manque.

Nous aimons particulièrement ces questionnements écrits à la troisième ou deuxième personne et qui semblent si bien définir Eskelina : La femme Fleury, ses échecs, sa liberté, sa ténacité, sa marginalité mais son honnêteté avec elle-même. Christophe s’y illustrera avec un très beau solo de guitare rock. La sombre Hirondelle interroge notre part d’ombre dans une orchestration sobre et une interprétation poignante.

Qui peut résister à L’amoureuse, « Je suis amoureuse de toi, affreusement amoureuse, affreuse, affreuse, affreuse…», dit avec ce petit air de dévotion sérieuse et innocente, qui à chaque fois fait Christophe tourner de l’œil – au sens propre du terme… Quant à Alexis, il fait l’objet d’une attaque de séduction massive, planqué derrière son piano, les yeux dans les yeux d’Eskelina : « Je ne vois que ta bouche / Tes lèvres me cachent les jolis mots / Et les figures de style / Au-dessus des ricochets fragiles / De la poésie ». La superbe ballade musicale sur l’infidélité et le regret sous Le Cèdre, aux deux cordes, contrebasse et guitare, nous restera longtemps dans les oreilles.

Au total, un résultat proche de la perfection, que le public semble vouloir éterniser : après Emilie et Je reviens en rappel, il exigera après plusieurs minutes d’applaudissements déchaînés un troisième retour : une chanson suédoise en solo et total acoustique, sans micro au milieu des gradins.

Le site d’Eskelina, c’est ici. Ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.
Eskelina sera en concert le 23 mars à Culan (Cher)

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