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Cloclo : 39 ans dehors, 40 dedans

Claude François (copie d'écran)

Claude François (copie d’écran)

On sait depuis l’an passé que la chanson peut se passer de chanteurs : il suffit de les hologrammer et c’est bon pour une part d’éternité. Ainsi, souvenez-vous, Dalida, Sacha Distel, Mike Brant et Claude François ont retrouvé, par la magie de la technique, un public en salles.

Cloclo n’a cependant pas attendu cette innovation technologique (sur laquelle il y aurait sans doute à redire question déontologie) pour continuer à se tailler un succès constant, même – c’est surprenant – auprès des jeunes générations. Il est toujours la star, l’omniprésence des boites de nuit, le dénominateur commun de toutes nos fêtes.

Ce samedi 11 mars 1978, veille des élections législatives, Cloclo prend un bain qui cette fois n’est pas de foule. Une applique défectueuse, dit-on, et c’est ainsi qu’une star part aux étoiles. On le disait maniaque, pointilleux. Il s’est appliqué à redresser l’applique. Il avait 39 ans, c’était il y a quarante ans : « Claude François a volté » titre le lundi suivant Libération. Etait-il à ce point fatigué, lui qui menait avec frénésie mille métiers : star à paillettes mais aussi patron de presse et de maison de disques, vendeur au parfum, travailleur acharné et « biznessman sans tendresse ». Chez lui, le lâcher-prise n’avait pas cours.

Un triple CD ainsi qu'une intégrale

Un triple CD ainsi qu’une intégrale, for ever…

Toutes les majors réunies pour célébrer les 40 ans de la disparition d’un artiste, c’est rare. C’est qu’il s’agit de Claude François et l’affaire est sérieuse, juteuse. Les Disques Flèche, Warner music, Sony music, Mercury records et Universal sortent donc de concert l’intégrale de Cloclo (ainsi qu’une compile de 60 titres). Pourquoi une telle concorde devant les (beaux) restes de Cloclo ? Le métier pleure le temps béni où les disques se vendaient comme des petits pains, où le boss Claude François tenait, main de maître et poigne de fer, son industrie florissante, où les tubes jointaient aux tubes (le Centre Beaubourg était né l’année précédente), l’âge d’or qui jamais ne reviendra.

En ce quarantième anniversaire, c’est à qui témoignera le plus fort, comme un uppercut médiatique. Aux deux fistons dument recensés, on ajoute une troisième, naturelle. On raconte par le menu la découverte macabre d’il y a quatre décennies ; le lectorat s’électrise à nouveau. On dit des messes, on accuse même le mort de pédophilie : c’est tendance. Une comédie musicale sur sa vie s’envisage pour l’année prochaine. Les biographes rivalisent, à qui sera le plus trash ou, au contraire, le plus authentique, qui approchera la vérité de l’artiste. 33 tours et CD sont pressés d’être vendus. Il y a cette nouvelle intégrale ; la prochaine devrait être pour les 50 ans. Cloclo a déjà vendu autant de disques après sa mort qu’avant.

Sa dernière demeure, Le Moulin de Dannemois dans l’Essonne, sera bientôt reconvertie en partie en hôtel dédié à la star, le reste en musée. 17 chambres vont être aménagées. Pour 60 à 80 euros, les visiteurs pourront louer « une chambre standard à la basse saison ». Attention toutefois aux appliques et aux prises de nerfs.

Pas de lecture critique cependant de l’œuvre et le personnage de Cloclo (qui pourtant le mériterait), tant seule l’adulation et le tiroir-caisse ont leur place. Le bizness n’a pas l’habitude de se remettre en question. Il faudra du temps encore pour se pencher sur la place, l’importance ou non de Claude François dans l’histoire de la chanson. Pour l’heure, ce n’est pas gagné.

 

Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Claude François, c’est làImage de prévisualisation YouTube

Une réponse à Cloclo : 39 ans dehors, 40 dedans

  1. ANCEAU-AUMETRE Florène 16 mars 2018 à 12 h 39 min

    Merveilleux Michel KEMPER ! et son don des « jeux de mots » ! il est vrai que si la technique des hologrammes perdure, il va bien falloir légiférer concernant la déontologie sur le fameux » droit a l’image »… Y compris les chanteurs déjà programmés en leur temps, comme des « gadgets » ! (ce qui fut largement le cas de Claude François ! – Coluche disait « comme des paquets de lessive ! »)… J’espère seulement qu’on saura au moins y mettre un peu plus d’ordre et de respect !!!
    Il me serait désobligeant d’en revoir certains sous cet aspect « virtuel » ! respectons leur éternitée !
    Best regard.
    Florène A.

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