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Louis Chedid, le dictionnaire de sa vie

Louis Chedid (photo Bernard Benant)

Louis Chedid (photo Bernard Benant)

C’est une collection, Le dictionnaire de ma vie, qui, deux fois l’an, offre à un artiste (à ce jour : Claude Lelouch, Michael Lonsdale, Patrice Leconte et Michel Leeb) le soin d’écrire son propre dictionnaire, de se prendre pour la rousse qui sème à tout vent. En 26 chapitres il va de soi, pour autant de lettres de l’alphabet. Le premier chanteur à se prêter au jeu est Louis Chedid. A se prêter ? Disons se livrer, « un peu comme un canard qui se confie : au fil des pages, je me suis fait l’effet de ce palmipède qui entrouvre sa porte et dévoile quelques mètres carrés de sa mare secrète ». Chedid père passe au confessionnal, chaque fois stimulé par la lettre d’entrée. A pour Artiste, B pour Balbutiements (ses débuts), C pour Cyrano de Bergerac, D pour Dieu et Diable, E pour Enfance… Z pour Zappette : « Et je zappe, zappe, plus vite que mon ombre / Et je zappe, zappe, personne ne m’attrape ».

Le-Dictionnaire-de-ma-vieL’alphabet est un attrape-confidences qui amène son lot d’anecdotes et d’émotions, d’explications. De confessions c’est vrai, un peu. Sur les Chedid notamment, explorée à la lettre A, pour Artiste : de cette grand-mère, une « tueuse » au bridge, qui taquinait le luth arabe avec dextérité ; de cette mère grand écrivain, artiste accomplie en son domaine ; de lui, bien sûr, de son parcours, de ses études, de mai 68 et de ses premiers boulots, de sa condition d’artiste et du travail qu’il faut pour ça. C’est à la lettre F, pour Famille, qu’on trouve la suite, cette incroyable dynastie, et notamment ces trois chanteurs de fille et fils : Matthieu, dit -M-, Joseph, dit Selim, et Anna, dite Nach. Chapitres aussi sur Jack London, Le Soldat rose, l’Instinct, le Quotidien, la Xénophobie (et Anne, ma sœur Anne…), les Premières fois… C’est plaisant de lire Chedid en dehors de ses chansons, en surplus de ses chansons. Non comme une explication de textes, mais tel un prolongement, une discussion d’après concert entre nouveaux amis que nous sommes.

Ce n’est ni évidemment une biographie (qui relève du domaine sinon d’un journaliste, au moins d’une personne extérieure, et pas sous la dictée de l’intéressé), pas même une autobiographie (il en a publié une, sous forme de roman, en 1992 : 40 berges blues). L’exercice est autre, dégagé de toute exhaustivité et de rébarbative chronologie. Une lettre choisit un mot qui amène la plume ou le clavier à s’épancher, à creuser un sujet, à remplacer le point par la virgule, pour mieux poursuivre et prolonger le propos sans plus d’entraves. A cet exercice comme à d’autres, convenons que Louis Chedid est particulièrement brillant.

 

Louis Chedid, Le Dictionnaire de ma vie, Kéro 2018, 234 pages, 17 euros. Le site de Louis Chedid, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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