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Graeme Allwright, enfin un livre sur lui

Extrait de la pochette du premier disque Mercury de 1966

Extrait de la pochette du premier disque Mercury de 1966

Ce n’est pas tant qu’on l’attendait, ce livre, mais il est venu, il est là. Et déjà, on mesure qu’il nous est important, indispensable. Les seuls livres sur la chanson qui sortent encore de nos jours sont toujours et désespérément sur les vedettes du showbiz, pas toujours les pires d’ailleurs, mais que des artistes qui squattent sans partage le temps d’antenne sur radios et télés. Hors ceux-là, point de livres. C’est dire si avoir en main un bouquin sur Graeme Allwright est plaisant, formidable même. On se dit seulement qu’il était temps. Que, pour peu, il eut pu être posthume.

C’est un livre de Jacques Vassal, éminent confrère de plume, mais c’est avant tout un livre sur Graeme Allwright par Graeme Allwright : Graeme Allwight par lui-même. En fait en livre d’entretiens, entrecoupé parfois par des témoignages extérieurs : sa première épouse Catherine Dasté, les journalistes Fred Hidalgo et Jacques Gandeboeuf, son fils Christophe Allwright et d’autres encore. C’est d’ailleurs là la limite de cet estimable et précieux livre, longue interview de 260 pages mais mémoire incomplète ou sélective, qu’on ne pourra tenir pour une biographie et ne remplace pas le travail de fond que le sujet aurait appelé. Car, même si Vassal tente de faire des rappels en guise d’apartés, de retours, de précisions, il semble que ce travail fasse l’impasse de nombre d’événements. Quid par exemple de ce concert en public de 1980 au Palais des sports avec Maxime Le Forestier, concert et disque au profit de l’association Partage pour les enfants du tiers-monde, tout juste signalé dans la discographie ?

Mais, à tout prendre, prenons ce livre à pleines mains, si possible en posant vinyles et CD sur leur platine respective (on vous conseille celui-ci). La Nouvelle-Zélande d’origine, la rencontre en Angleterre avec Catherine Dasté, la fille du créateur du premier Centre dramatique national (Jean Dasté, à Saint-Etienne), les apprentissages du métier d’acteur et du français, les autres métiers d’apiculteur, prof d’anglais, infirmier dans une clinique psychiatrique puis le départ pour Paris afin d’y devenir chanteur, d’abord par des adaptations de folklore américain et anglais, puis ses propres chansons. Celles de Leonard Cohen, Pete Seeger, Woody Guthrie et Tom Paxton. De Brassens aussi et ce fameux album Graeme Allwright sings Brassens de 1984, jamais réédité en entier cause à un contrat mal ficelé avec le traducteur. Ses voyages, ses engagements humanitaires, tout ou presque de ce qui fait Graeme Allwright. Et quelques consoeurs et confrères au premier rang desquels Colette Magny, qui aida grandement Graeme à ses débuts dans le métier…

 

Jacques Vassal, Graeme Allwright par lui-même. Le Cherche-midi 2018. 304 pages, 21 euros. Ce que NosEnchanteurs a déjà écrit sur Greame Allwright, c’est ici.

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3 Réponses à Graeme Allwright, enfin un livre sur lui

  1. Joël Luguern 10 juin 2018 à 0 h 02 min

    Je n’oublierai jamais ce jour de l’hiver 1967 où j’allais en auto-stop en Bretagne. L’automobiliste qui m’avait pris à bord de sa voiture s’arrêta quelques minutes dans un village pour faire une course, me laissant seul avec l’auto-radio allumée. Ce qui me donna l’occasion d’entendre pour la première fois « Qui a tué Davy Moore? », l’adaptation par Graeme Allwright d’une chanson de Bob Dylan. A l’époque il y avait seulement trois ou quatre stations de radio mais elles passaient beaucoup de chansons de qualité. C’était une autre époque…

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  2. Cécil Mévadat 13 juin 2018 à 17 h 06 min

    Graeme Allwright a été ma première « idole musicale », je devais avoir 5 ans et je l’ai beaucoup écouté avant que je ne découvre Léo Ferré 2 ans plus tard! J’avais le 33T donc la couverture reprend la photo tout en haut de cet article! Ca commençait par « Petites boites », suivie de « Il faut que je m’en aille »… Il y avait aussi « La mer est immense » et « Qui a tué Davy Moore »! J’aimais cette poésie révoltée un peu beatnick servie par cette voix attachante et cet accent venu d’ailleurs qui me le rendait mystérieux… J’ai toujours aimé les étrangers! Le mot même continue de me faire rêver…. « L’ETRANGER »!

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  3. Odile Fasy 14 juin 2018 à 8 h 08 min

    Voilà un livre qui va bientôt entrer dans ma Bibliothèque , rejoindre celui de Léonard Cohen qui vient de sortir aussi.

    Pour Cécil Mévadat, votre phrase sur l’Étranger me plait beaucoup:
     » J’ai toujours aimé les étrangers! Le mot même continue de me faire rêver.. « L’ETRANGER » !

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