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Gérard Pierron, trésors perdus désormais retrouvés

Gérard Pierron (photo Ouest-France)

Gérard Pierron (photo Ouest-France)

La chanson est un gigantesque cimetière. Les labels discographiques n’ont plus depuis longtemps le soucis de maintenir, d’entretenir ce que fut leur catalogue : ce n’est pas rentable et puis on s’en fout. Et les disques autoproduits, faute de moyens, sont sans avenir une fois le tirage initial épuisé. On imagine à peine les trésors irrémédiablement perdus auquel le numérique ne saura tout à fait se substituer. On le sait : en France, les pouvoirs publics protègent tout, sauf la chanson. Ne comptez pas sur eux pour sauver la chanson : la chanson a toujours été honnie dans les hautes sphères.

C’est dire si le travail de certains petits labels, au premier rang desquels on trouve EPM et Frémeaux & associés, est en tout point formidable, irremplaçable. Eux ne font pas des coups : ils travaillent dans la durée avec un soucis comparable avec ce que pourrait être un « service public du disque ». La dernière livraison chanson de Frémeaux & associés n’est autre qu’un coffret de quatre CD hier introuvables. Coffret qui succède au précédent qui regroupait toutes les chansons de Gaston Couté enregistrées par Pierron.

gerard-pierronEn fait cinq albums : Gérard Pierron (1980), Dame (1983), La chanson d’escale, de Louis Brauquier (1990), Carnet de bord (2003) et Plein chant (2006), expurgés la plupart du temps des chansons de Couté (présentes dans le premier coffret) mais augmentés d’inédits. Un trésor fait d’un florilège d’auteurs tels de Louis Brauquier, Allain Leprest, Jules Laforgue, Norge, René-Guy Cadou, Jean Moiziard, Eugène Bizeau, Paul Fort, Patrick Piquet, Valéry Larbaud, Patrick Baladin, Paul Veyssière, Léo Ferré, Lanza del Vasto, Charles Trenet, Blaise Cendrars, Raymond Queneau, Emile Joulain, Pierre d’Anjou, Céline Caussimon, Paul Fort et beaucoup d’autres (dont Pierron lui-même, parfois). Pierron est un chineur de poètes, qu’il va trouver non dans les doctes anthologies mais dans des livres à bien plus faibles tirages, dans les brocantes et bouquineries. Il en tire des chansons d’une musicalité remarquable, qu’il musique bien souvent, lui qui ne sait écrire la musique mais la fait naître dans sa tête pour ensuite la transmettre à ses musiciens. Un choix de textes qui ravira l’amateur d’humbles poésies, où le geste et les émotions quotidiennes prédomine, dans les plaines de la Beauce comme dans les ports de Marseille ou d’ailleurs.

Le savez-vous, Gérard Pierron est un chanteur aussi exceptionnel que discret. Presque une exception, un cas d’école dans ce métier où on aime tant les feux de la rampe. Ces Trésors perdus auraient pu le rester : seuls quelques amateurs plus soucieux que d’autres s’en seraient émus. Par bonheur, ils connaissent d’un coup d’un seul une autre et nouvelle vie, sous un visuel remarquable qu’on doit à René-Claude Girault, avec un livret fort bien conçu qui, malheureusement ne contient que peu de textes, mais il eut fallu un livre pour tous les contenir.

 

Gérard Pierron, Trésors perdus, coffret 4 cd, Frémeaux & associés 2018. Le site de Gérard Pierron, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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