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Spa 2018. Clara Luciani dégoupille

Clara Luciani (photo d'archives DR)

Clara Luciani (photo d’archives DR)

Francofolies de Spa, 19 juillet 2018,

 

Clara Luciani, jeune chanteuse de 25 ans, est une des sensations pop-rock du moment. Faut dire que sa chanson La grenade, aux allures de manifeste féministe, est tombée à pic dans notre époque post-Weinstein. Hé toi/Qu’est-ce que tu regardes?/T’as jamais vu une femme qui se bat ?/Suis-moi/Dans la ville blafarde/Et je te montrerai/ Comme je mords, comme j’aboie… Une bonne chanson, efficace et entraînante, ancrée dans la tradition (pour les plus anciens : ça ne vous évoque pas Valérie Lagrange ?) et ne cherchant pas la modernité à tous crins. La greffe allait-elle pour autant prendre en concert ? Le reste du répertoire (un seul album à son actif : Sainte Victoire) s’avérerait-il à la hauteur des espoirs de ce tube ?

ET AUSSI Jeune artiste issue d’un concours et sans encore aucun disque à son actif, Shelby Ouattara (photo ci-dessus, DR) nous a totalement séduit par sa voix et son chant, d’une maturité impressionnante. Elle n’a encore qu’un court répertoire mais mutilingue (portugais, espagnol, anglais et français), métissé à son image, auquel elle ajoute deux reprises (un titre d’Amy Winehouse et le célèbre Saudade de Césoria Evora). Les ambiances sont brésiliennes essentiellement et mériteraient d’être un peu musclées pour sortir de leur torpeur tropicale. Encore du pain sur la planche, bien sûr, mais une artiste que l’on prendra plaisir à suivre de près.   Venue de France, Léa Paci nous a offert un set d’électro-pop rafraîchissant sans être bouleversant d’originalité, l’ombre tutélaire de Zazie se faisant fort ressentir. Son tube Pour aller où ? aura permis au public venu l’applaudir chaleureusement de chanter en chœur et ma foi, en cette après-midi ensoleillée, il n’en fallait guère plus pour être heureux.   Prenant la relève sur cette même scène, Delta est un jeune duo bruxellois nageant dans les même eaux de la pop populaire, à mi-chemin entre Kyo et Boulevard des Airs. Les chanteurs ne se la pètent pas et leurs chansons bien agréables à écouter en remuant le popotin ne déméritent pas, loin de là. De futures vedettes ? Ils en ont l’étoffe en tout cas. Reste le plus dur : franchir les frontières belges ! Les paris sont ouverts.

ET AUSSI
Jeune artiste issue d’un concours et sans encore aucun disque à son actif, Shelby Ouattara (photo ci-dessus, DR) nous a totalement séduit par sa voix et son chant, d’une maturité impressionnante. Elle n’a encore qu’un court répertoire mais mutilingue (portugais, espagnol, anglais et français), métissé à son image, auquel elle ajoute deux reprises (un titre d’Amy Winehouse et le célèbre Saudade de Césoria Evora). Les ambiances sont brésiliennes essentiellement et mériteraient d’être un peu musclées pour sortir de leur torpeur tropicale. Encore du pain sur la planche, bien sûr, mais une artiste que l’on prendra plaisir à suivre de près.
Venue de France, Léa Paci nous a offert un set d’électro-pop rafraîchissant sans être bouleversant d’originalité, l’ombre tutélaire de Zazie se faisant fort ressentir. Son tube Pour aller où ? aura permis au public venu l’applaudir chaleureusement de chanter en chœur et ma foi, en cette après-midi ensoleillée, il n’en fallait guère plus pour être heureux.
Prenant la relève sur cette même scène, Delta est un jeune duo bruxellois nageant dans les même eaux de la pop populaire, à mi-chemin entre Kyo et Boulevard des Airs. Les chanteurs ne se la pètent pas et leurs chansons bien agréables à écouter en remuant le popotin ne déméritent pas, loin de là. De futures vedettes ? Ils en ont l’étoffe en tout cas. Reste le plus dur : franchir les frontières belges ! Les paris sont ouverts.

Entourée de quatre musiciens vêtus de noir, Clara se présente à nous en chemisier bleu sur pantalon noir. Sobre et classe. La formule musicale est elle aussi classique : guitare-basse-batterie-claviers. Pas d’électro à l’horizon, ni non plus de cordes ou de cuivres en guise de pièce rapportée. Rock and roll. Son concert sera à l’avenant : sec et sans fioritures. La belle n’est guère bavarde entre ses morceaux, qui s’enchaînent donc sans chichis, les musicos assurant diablement. Ceux-ci quitteront la scène l’espace de deux titres, que l’artiste nous interprète en s’accompagnant à la guitare. En 45 minutes, emballé c’est pesé, la messe était dite.

Et les chansons alors ? Classiques aussi. Des histoires personnelles où l’amour, ses joies, ses peines, tient la pole position. Vois ce qu’il a fait de moi/Je n’me ressemble pas/Je suis triste à crever. Ou encore : Prends une photo de moi/Photocopie-la 3 fois/Encadre-la au-dessus de ton piano droit/Entre tes parents et un certificat/C’est la dernière fois que tu me vois. Des chansons pas gaies, bercées d’un spleen tenace : Quand je suis coincée/Dans un corps trop étroit/Que je sens l’univers/Se refermer sur moi/Je pense aux fleurs/Qui sont parfaites/Qui n’ont pas d’autre rôle que de l’être. Chansons simples dans le vocabulaire et dans la structure (deux couplets et un refrain répété le nombre de fois qu’il faut). Quoi, ça vous rappelle Françoise Hardy ? Difficile de ne pas y penser effectivement (outre une certaine ressemblance physique : corps longiligne et long cheveux châtains avec frange).

C’est par son chant que Clara Luciani marque sa différence et emporte la partie. Une belle voix grave, rauque, un peu brisée. Alliée à un univers musical solide, elle fait passer les émotions que ses textes un peu bateau surlignent. Son plus bel atout, assurément. On espère donc qu’il sera à l’avenir utilisé pour un propos plus consistant. Suite au prochain numéro…

 

Le site de Clara Luciani, c’est ici ; le facebook de Shelby Ouattara c’est là. Le site de Léa Paci, c’est ici ; le facebook de Delta, c’est là. Image de prévisualisation YouTube

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