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Barjac 2018. Côme, toujours en chrysalide ?

?ôme (photo Anne-Marie Panigada)

?ôme (photo Anne-Marie Panigada)

29 juillet, Chapiteau du Pradet à Barjac,

 

Mais qu’il fait chaud sous ce chapiteau… Ce n’est pas faute de tenter d’améliorer les choses, l’organisation fait au mieux pour pallier les 40° de cet été ! La danse des éventails a commencé, les gradins ressemblent à un grand envol d’ailes blanches… En arrivant sur scène, ?ôme a un geste qui nous touche tous en ce temps de canicule, il nous offre un grand coup de brumisateur !

?ôme ? Oui, Pierrick Vivares continue sa métamorphose, ce nom est maintenant bien à lui. Il le dira plus tard « C’est vachement bien de changer ». Pourquoi ce nom ? Autant le dire ici puisqu’il nous le dit lui-même (et qu’on se le demande). Il s’agit entre autre du « calme à la surface du lac », celui qui cache sans doute bien des tourments. On sent le besoin de symboliser devant nous cette renaissance et de marquer l’étape du dernier album, Point Némø, et le nouveau processus qu’il chantera tout à l’heure.

On est vite emmenés dans le rythme des guitares ; c’est qu’elles sont trois sur scène, celle de ?ôme bien sûr, celles de Clément Faure et David Marduel, électrique et basse. Un trio aguerri et bien rodé maintenant, depuis plusieurs années, « un bonheur d’être avec eux » dira-t-il en les présentant. Et ça joue sur scène ! Ces trois-là ont une belle complicité, ça joue même très bien ! Un peu trop fort peut-être pour des oreilles peu habituées aux riffes électriques, parfois même un peu trop entre eux pour qu’on se sente vraiment concernés. On part à la pêche aux mots, et nous manque parfois d’en entendre le sens. C’est que ça donne envie, puisque ?ôme nous parle de la vie, tout simplement. Du courage qu’il faut pour en prendre conscience « T’avais la tête en voyage et le corps toujours à quai » et pour aller vers une vie authentique en « décrochant ta vie ».

Authentique. Simple. C’est vraiment ce qui vient quand on pense à ?ôme et à sa présence sur scène. Profondément gentil, dans le sens chouette du terme. Ses deux comparses l’étant tout autant, Clément saute d’un coup de scène pour faire le tour du chapiteau le brumisateur à la main !

« On apprend toujours de tout » nous dit ?ôme entre deux chansons. Le processus est là aussi, dans cette modestie qui regarde la vie comme un cheminement « Si tu doutes, n’oublie pas qu’elle est ici / notre route », la vie comme un apprentissage « C’est pas ce qu’on apprend dans les cahiers / Pas ce qu’on apprend des leçons ».

Les mots ? Ils font partie ici de l’ambiance, de la mélodie ; on est moins dans une chanson « à texte » que dans une chanson pop-rock. Dans la salle, les têtes se balancent, les pieds marquent le rythme, on se laisse prendre à l’invitation « Regarde-toi, t’es là à imaginer le pire », à prendre le bon côté des choses et à y aller à fond : «

Fais rugir enfin le lion qui est en toi ». La vie ? On apprend, « Ça part dans tous les sens / Avec un peu de chance, on trouvera le bon ». Les coups durs ? Le doute ? Il nous le dit, il faut « chercher sans jamais s’arrêter », s’inspirer des autres. Quelque chose de romantique émane de lui « On ira naviguer sur un bateau sans la voile / On ira se gaver de bonheur jusqu’à la moelle ». A lui qui vient de la campagne, la ville semble parfois étrange, avec « ces voisins qu’on met deux ans à connaître »… A la ville, « je vis sous X et c’est toi l’inconnue », alors que « lorsqu’on regarde autour de soi / On voit dans le regard des gens / Qu’on peut tisser des liens de soi ». Un vrai gentil, on disait. Qui avec les autres « devient bien meilleur que lui », dit-il.

On croisait Pierrick Vivares à Barjac ; cette année c’est ?ôme qui monte sur scène. La voix est toujours belle, la musique est bonne, les chansons souvent inspirantes ; nous manque d’en déguster les mots qui se noient souvent sous les guitares, nous manque d’en découvrir l’humanisme par nous-mêmes. Avons-nous besoin qu’on nous délivre une ligne de conduite ? Allons bon, la métamorphose est peut-être encore en cours, le papillon pas encore complètement sorti de sa chrysalide… Y avait du bon dans l’écriture de Vivares, une poésie qui faisait la force des débuts et qu’on peine à retrouver ici.

Ah, mais c’est le rappel ! Que se passe-t-il ? ?ôme jette sa veste (comment faisait-il pour la supporter ?), ils descendent tous les trois de scène, se placent face à nous et entonnent à trois voix « Nobody knows the trouble I’ve seen ». Alors là ! Sublime. Juste sublime. Tous les trois.

Alors OK, tracez votre route ?ôme, mais remettez-nous un peu de voix, remettez-nous un peu de texte, gardez les guitares magnifiques et laissez-nous entendre les mots, alors on vous suivra.

 

Le site de ?ôme, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Pierrick Vivarès, c’est là.

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