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Damien Larivière, qui coule de source

Damien Larivière (photo DR)C’est un de ces disques qui vous arrive à l’occasion d’un festival, récolte chaque fois nombreuse, parfois fructueuse. Lui c’est Damien Larivière, un artiste de la Somme. Non qu’il sorte du sommeil mais son nom n’a pas encore fait son tour de France. Du reste, ce n’est que son deuxième album, paru en début d’année.  Larivière « préfère, à la poésie des écorchés vifs, les chansons qui aident à vivre, raccommodent et réconcilient. Celles qui incitent à aimer sans posséder, à remercier et à grandir » nous instruit sa bio. Cet album a beau s’intituler Fleur éphémère, la fleur en question est une rose : qui s’y frotte s’y pique parfois. Comme dans le premier titre, La claire fontaine : sous un titre qui nous fait songer à la vieille (et si belle) chanson traditionnelle qu’on sait, Larivière, qui semble s’y connaître, nous parle de la privatisation de l’eau : « Des malins ont flairé l’aubaine / Les banquiers s’en sont emparée / Les députés ont approuvé / Il nous reste nos yeux pour pleurer ».

C’est une chanson enjouée, aux notes légères, souvent jazzies. Avec parfois des intonations à la Michel Legrand : ça nous change de l’uniformisation en cours d’une chanson qui se met au garde à vous du dictat radiophonique. C’est ça qui est plaisant : Larivière fait une chanson qui ne soucie guère du qu’en dira-t-on. Son art coule de source, sans jamais sécher, se tarir. Avec la malice, souvent, d’un double discours. Comme dans La candidature : il postule à l’amour certes, mais avec les règles de l’embauche : « Et j’accept’rais même un p’tit CDD / Surtout s’il dure la vie entière ». Les effets sont refaits avec Silicone icône où il lorgne « Ta poitrine astronomique / Lubrique ma couche d’ozone / J’aime trop te croquer ta pomme / Même au goût de plastique ».

Damien LarivièreJazzie, ai-je dit. Nulle surprise à l’écoute de Danser sur toi, un bien joli hommage à Nougaro, sur l’air de Go down Moses/Danser sur moi. Précoce le chanteur qui « Dès les genoux d’ma nounou / Je dansais sur toi / Mon premier rot mon premier mot / Ce fut nounou Nougaro… ».

On peut à loisir visiter, commenter tous les titres de cet album appréciable : on trouvera chaque fois enthousiasme et intérêt. S’il vous prend l’envie de déserter les autoroutes de la chanson pour musarder sur ses p’tits chemins, emportez avec vous ces chansons de Damien Larivière : il est fait pour vous plaire.

 

Damien Larivière, Fleur éphémère, 2018. Le site de Damien Larivière, c’est ici. Contact : larivieresong@gmail.com

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