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Eryk.e, des nuées de mots doux

eryk-e AlaskaIl est arrivé à nos oreilles par deux recommandations, toutes deux venues des environs de Clermont-Ferrand. D’abord il est complice depuis des années de l’Auvergnat Jean-Louis Murat, « muse bienveillante » qui « observe son ami évoluer ». Et il fut l’incontestable révélation des Rencontres Matthieu-Côte il y a deux ans, s’adjugeant alors trois prix. Il fut de plus Médaille d’or de la chanson à Saignelégier, en Suisse romande : nos lecteurs savent en quelle estime nous tenons ces deux prix. Dès son premier album, il y a deux ans, nous l’avions chroniqué, séduit que nous étions par cet opus parfaitement intemporel aux arrangements paradoxalement contemporains.

On ne parlera pas vraiment, à propos d’Eryk.e, de musicothérapie, mais. Et pis c’est lui qui le dit, certes en plaisantant, avouant qu’il doit sa vocation aux berceuses qu’il fredonne pour endormir ses patients qui arrivent au bloc opératoire. Anesthésiste-réanimateur dans une clinique clermontoise, préférerait-il entre toutes cette méthode douce ? Depuis le temps qu’on vous serine que la chanson devrait être remboursée par la Sécu…

Même d’une écoute distraite, on ne peut qu’être happé par un tel disque, calme, reposé, aux douces mélodies. Lui se dit d’être d’une belle lignée de la chanson (les Brel, Barbara et Ferré…) et d’un compagnonnage certains avec la vedette du cru, Jean-Louis Murat, dont on sent – c’est flagrant – une connivence, une influence.

Alors, cet Alaska, une fois posé sur la platine ? Un enchantement, un voyage au sens où on se laisse porter, emmener par les notes, les mots, la douceur qu’enfièvre parfois le piano ou la batterie qui s’emballent. On ne cherchera pas à fixer l’art d’Eryk.e par un terme figé (les ignares parleront de pop, mais les ignares n’ont que ce mot à la bouche pour désigner tout et son contraire) : « Quantité de critiques / Ont posé sur ma tête / Quantité d’étiquettes / Mais la fumée de leur cierge / Lève des bras trop vierges / Pour me détourner de l’envie ». Ça n’a que la prétention d’être de la chanson, où la musique fait jeu égal avec les textes, parfois renoue avec ses classiques (Bach est même au générique), ici fanfaronne comme une parade foraine, participe à la narration, nourrit semblablement l’imaginaire, là se barre en veilleur solitaire dans des paysages tout à découvrir : l’Alaska, une peinture ou le décolleté de madame qui s’offre, si touchant…

Eryk.e est en lui-même terre de contrastes. Il y a le près, il y a le loin : la focale change d’une chanson l’autre. Ça suggère des voyages au long cours bien que les récits soient surtout immobiles, pas contemplatifs mais. Forcément que ça ne s’écoute pas comme on le ferait d’un chanteur de variété, ni d’un à message. Le temps n’est pas le même, l’attention est différente. On rêve d’un canapé pour s’y lover et se perdre dans un tel disque, en émotion, en immersion, dans les pleins et déliés d’une très belle écriture, soyeuse. A l’image sans doute des paysages qu’il côtoie de chez lui chaque jour : des volcans apaisés, aux belles rondeurs. Mais des volcans.

 

Eryk. E, Alaska, autoproduit/Inouïes distribution 2018. Photographe ambrotypiste Didier Guyot. Artwork Esther Decluzet. Le facebook d’Eryk.e, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.  
Le 9 novembre à Clermont-Ferrand au Fotomat’ avec Hiver Pool,  et à Paris aux Trois Baudets le 14 novembre 2018, carte blanche à Belfour, Hiver Pool et Eryk.e

 En aparté Concert Coop de Mai 2016

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2 Réponses à Eryk.e, des nuées de mots doux

  1. Michel 7 novembre 2018 à 11 h 30 min

    « il fut l’incontestable révélation des Rencontres Matthieu-Côte il y a deux ans, s’adjugeant alors trois prix. Il fut de plus Médaille d’or de la chanson à Saignelégier, en Suisse romande : nos lecteurs savent en quelle estime nous tenons ces deux prix. » Pour information, la Médaille d’Or 2017 a été attribuée au trio toulousain Victoria Lud, Eryk.e obtenant la médaille de bronze. D’autre part, Les rencontres Mathieu Matthieu-Côte ont la bonne habitude de généreusement récompenser les sélectionnés. Ainsi en 2016, cinq sélectionnés sur 8 ont reçu au moins trois prix (comme Eryk.e), l’Affaire Sirven remportant le prix du jury et Fabien Tharin le prix du public. Ces précisions factuelles ne remettent bien sûr aucunement en cause les qualités artistiques de Eryk.e.

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    • Michel Kemper 7 novembre 2018 à 12 h 35 min

      Merci, Michel, pour ces précisions.

      Répondre

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