CMS

Au clair de la lune de Paul Roman

Paul Roman au Peti-Duc Photos Myriam Daups

Paul Roman au Petit-Duc (photos Myriam Daups)

19 janvier 2019, Aix-en-Provence, Théâtre et Chansons le Petit Duc,

 

Ce n’est pas un inconnu pour moi que ce jeune auteur compositeur Paul Roman. Cet été au Festival Off d’Avignon nous l’avions entendu, ma consœur Anne Lefevbre et moi, en duo avec Tom Poisson, qu’il accompagnait à la guitare et au clavier dans une formule acoustique intimiste. Cet automne il était en première partie d’artistes prestigieux en région parisienne, Pierre Lapointe puis, Au Festi’Val de Marne, Arthur H, et récemment à Risoul avec Tom Poisson.

Le voici aujourd’hui seul sur la scène du Petit duc, avec sa guitare et ses deux claviers dont un synthétiseur Prophet 8, instrument vintage apparu trente ans après ceux qui ont vu Génesis, Pink Floyd ou plus tard James Blake les utiliser. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence, Paul se réclame de l’influence de Radiohead comme de James Blake dans sa pop minimaliste et mélodique.

Sa voix est son plus bel argument pour nous emporter dans son univers « Je suis la lune, je suis indécise et toi qui brûle, brûle comme moi ». Une voix douce, qui parfois se voile dans les graves.
Tout jeune homme qui se présente en tenue simple, survêt et baskets, avec sa timidité discrète et ses fausses maladresses, c’est dans ce titre écrit par Tom Poisson que sa voix aérienne donne toute sa mesure, en belle ballade caressante et mélancolique « Qu’est-ce que tu dirais Jalouse si le ciel s’ouvrait pour de bon (..) Je m’ennuie de nos envolées tendres / Et mes nuits dansent sous le vent». La chanson, instrumentée clavier et synthé sur l’album, est ici interprétée uniquement à la guitare et prend une dimension tout en suspension, plus intimiste.

Paul Roman2 netPaul Roman alterne chanson purement acoustique où sa voix est plus en avant, et de savantes compositions pop-électro, où il joue de toute sa créativité pour créer des atmosphères d’un romantisme mélancolique, presque grinçant.
Passant derrière son Prophet, il lance une boucle, vocalise, reboucle, repasse à l’autre clavier, pour nous chanter La mer au son d’orgues anciens, de notes dansantes, dans un rythme entêtant où vont et viennent les vagues : « Rien ne balayera ni effacera la mer… » ; ponctuant ses musiques de sons frottés, de sons cliqués, d’ondes dissonantes, ce sont d’inquiétants voyages Ensemble « au cimetière… »

A nouveau sur le devant de la scène, le mélodique Tes traces, où se balancent la voix, en notes célestes ou à bouche fermée sur les délicats arpèges, apaise cette tension, bien que le message « Faut-il que je ne sache plus où te trouver (…) Et que l’on répare tes peines à jamais (…) Repose en paix » reste entaché de mélancolie.

ALBUM 6 TITRES de Jalouse écrite par Tom Poisson, à Au Gré du vent. Tous les autres titres sont écrits par Paul Roman dans une veine subtile, mélancolique et voyageuse, portée par la voix aérienne et douce de l'artiste, et ses arrangements pop-électro atmosphériques et concrets à la fois. Photo Sodadeth San.

ALBUM 6 TITRES
de Jalouse écrite par Tom Poisson, à Au Gré du vent. Tous les autres titres sont écrits par Paul Roman dans une veine subtile, mélancolique et voyageuse, portée par la voix aérienne et douce de l’artiste, et ses arrangements pop-électro atmosphériques et concrets à la fois.
FCM, 2018 – Photo Sodadeth San.

Annoncée comme faussement triste, le titre suivant, inédit, évoque le retour d’un amour qu’on croyait fini: « Nous sommes sauvés si près des larmes (…) Puisque nous sommes des joyaux oubliés ». Qu’il enchaîne en posant sa voix tout en nuances sur le chœur à bouches fermées qu’il sait obtenir du public :« Souviens-toi de nos peines quand la nuit s’endort / Et si moi je ne saigne que de nos efforts ».

Aux claviers, aux machines, imitant le son assourdi d’un piano rempli d’écharpes, il nous emporte Au gré du vent « Je suis l’eau qui manque à tes larmes, à tes mains » avant d’évoquer des amours plus concrètes, et l’on entend crisser les chaînes « au creux de tes reins, j’irai jeter l’ancre à l’horizon ». Atmosphère encore plus brûlante, sous les lumières rouges (merci à Jérôme du Petit Duc) du titre Sentinelles « Je n’ai que les yeux pour pleurer », montant en puissance, en vocalises entêtantes.

Le clin d’œil détente sera donné par cette chanson, Pénélope, du « crooner normand » Jacques de Launay, où les rimes grivoises suggérées n’arrivent jamais, contrastant avec la douceur de la voix.
Dernières notes avec deux chansons de Tom Poisson, ou coécrite avec lui, cet Imbécile silencieux collant à son personnage de poète lunaire, avant le bis du son d’ouverture en rappel.

 

La page facebook de Paul Roman c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Paul Roman, c’est là. En concert à Léognan (Gironde) le 15 mars 2019, Espace Culturel Georges Brassens.

Jalouse, version acoustique
Image de prévisualisation YouTube
La mer, version studio pop-électro
Image de prévisualisation YouTube

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives