CMS

Michel Avallone, l’éternel estivant

Michel Avalonne (photo Catherine Détrain)

Michel Avalonne (photo Catherine Détrain)

Avallone aujourd’hui ou Avalon hier, il fait son chemin dans la chanson, à sa manière. Depuis quelques années déjà il prête sa voix et sa guitare aux meilleurs parmi ses ainés : Brassens, Ferré, Tachan, Leprest et plus modestement ses propres créations dont il ne doit cependant pas rougir. Cette-fois c’est sur Brassens qu’il jeté son dévolu. Au lieu de râler « qu’ont-ils donc tous à chanter Brassens ? », réjouissons-nous plutôt que la part de culture dans la chanson n’ait pas totalement disparu dans le divertissement massivement profitable, mais qu’il existe encore des talents convaincants pour partager et protéger les monuments historiques. Évidemment on ne compare pas avec l’original qui appartient à son époque. Oui, je sais, ses chansons sont intemporelles mais l’habillage, même s’il ne suit pas la mode, doit s’adapter à son temps. Et puis les monuments historiques doivent être mis aux normes, ravalés, entretenus si l’on veut en éviter la ruine, tout aussi majestueux qu’ils fussent. Alors, que les rythmes et les sons venus d’autres continents viennent enluminer les chansons de Brassens, c’est un pas de plus vers la découverte ou la re-découverte et c’est un rayon de soleil estival bienvenu.

Avec Michel Avallone on est assez loin de la copie conforme et n’en déplaise aux conservateurs et aux fâcheux, le résultat est plutôt réussi. Il a osé ajouter sa pyramide au Louvre et il a eu raison : un Gorille zouké, ça a de l’allure ! Et le traitement instrumental funèbre du Vieux Léon n’a rien de déplacé. Certains esprits chagrins se rassureront avec les chansons traitées de manière plus traditionnelle comme La légende de la nonne, La marine ou encore le Lèche-cocu plus rare dans les reprises.

avallone cdLa voix de Michel Avallone vient de la tête, légèrement voilée, le timbre un peu cuivré est à la fois séduisant, dérangeant, chaleureux et surtout très particulier. Son interprétation est parfois un peu théâtrale, il accentue quelques effets ou passe simplement à la diction avec Le modeste.

Dorine Duchez, avec qui il chante Saturne en duo et Claude Delrieu, deux excellents musiciens l’entourent. La guitare incontournable sous les doigts de Michel est accompagnée de guitare électrique, de basse, d’accordéon, d’ukulélé et même de raretés comme l’accordina, le cajon ou encore l’euphonium, cette sorte de tuba qui accompagne La cane de Jeanne dans son ouvrage de fécondité.

Ajoutons que le choix des titres est assez éclectique et permet aux novices, aux ingénus, et même aux étourdis de se faire une idée de la variété des genres dans l’étendue du répertoire du poète sétois. Et pour que l’ouverture soit encore plus large, Avallone nous offre un Auvergnat qui s’éloigne de Clermont-Ferrand avec un couplet en wallon emprunté à Julos Beaucarne et un couplet en allemand traduit par Marion Schuster.

Enfin, au cas bien improbable où vous n’aimeriez pas ces chansons, il vous reste une belle pochette joliment illustrée.

 

Michel Avallone, Brassens l’Éternel Estivant, Exilprod 2019. Le site de Michel Avallone, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Contact : 06 76 63 36 07. Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives