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Namur 2019. Alors, c’était bien Obispo ? Joker !

Pascal Obispo sur la scène des Solidarités (photos Christophe Dehousse)

Pascal Obispo sur la scène des Solidarités (photos Christophe Dehousse)

Les Solidarités, Namur, 23 août 2019,

 

Tête d’affiche de cette première journée du festival, Pascal Obispo a bien entendu attiré la grande foule. C’est qu’en près de trente ans de carrière, l’homme a eu le temps de se construire un imposant cercle d’amateurs. Qui leur jetterait la pierre ? Déjà, et ce n’est pas si répandu, l’artiste chante très bien, avec un timbre de voix immédiatement reconnaissable. Il est un mélodiste doué, auteur de toutes ses musiques, qui, sans être faciles pour autant, se retiennent souvent sans forcer. Et si ses textes manquent de génie et enfilent trop souvent les clichés, reconnaissons qu’ils ne sont pas indignes et coulent aisément dans les oreilles.

Quand il monte sur scène, la surprise est de taille. On connaissait le goût du chanteur pour le travestissement – voir sa tournée Fan de 2004, où il se déguisait en Michel Polnareff -, mais rien ne nous préparait à le voir débarquer en Joker, l’exubérant ennemi de Batman. Amusant certes, mais aussi, avouons-le, quelque peu hors de propos : rien dans le décor, dans la tenue des musiciens ou dans ses dernières chansons ne laisse entrevoir l’utilité de cette posture. Probablement faut-il chercher la raison de ce choix dans la liberté qu’il procure à l’artiste : derrière son maquillage, celui-ci semble s’être débloqué et s’en donne à cœur joie dans l’outrance, charriant sans gêne la partie masculine de son auditoire pour mieux vanter les mérites de ses admiratrices, forçant les rictus vers les caméras, minaudant dans ses déplacements… A mille lieues de l’artiste respectable sapé comme un P.D.G. que nous avions pu applaudir voici 3 ans aux Francofolies de Spa. En 2019, Obispo a décidé de redevenir le gamin fougueux qu’il a été et ça lui va bien !

68754979_493200684590947_8268386784438648832_n69220258_994120847646648_5192528410466844672_nPour le reste, le chanteur remplit son contrat et plutôt bien. Le dispositif scénique n’est guère innovant (des projections vidéo en fond de scène, comme un peu tout le monde) mais le light-show reste impressionnant. Entouré d’excellents musiciens (mentions spéciales à son vieux complice guitariste Sam Stoner et à l’impressionnant trompettiste-saxophoniste Max Pinto), il monte le son, retrouve le rôle de bassiste de ses débuts et vire au rock sans jamais être ridicule. Il nous révèle même au passage que les groupes fétiches de son adolescence étaient Joy Division et Siouxsie and the Banshees : Obispo était punk et nous ne le savions pas !

Bien entendu, il nous a chanté quelques extraits de son dernier album, concocté avec Benjamin Biolay, comme On n’est pas seul sur la terre, sur la reconstruction d’une personne handicapée suite à un accident, Rien ne dure ou Chante la rue chante, belle mélodie parée de chœurs africains enregistrés. Mais c’est avant tout un florilège d’anciens titres qu’il offre à son public. Remontant le temps jusqu’à son troisième album avec Assassine ou son incontournable Tombé pour elle, il s’arrête à deux reprises sur l’album Superflu (Où et avec qui tu m’aimes et son classique Lucie interprété – pas très bien d’ailleurs – en solo-piano), fait un détour par son Captain Samouraï Flower de 2009 (sa chanson Le drapeau) et n’oublie pas son hymne-hommage Fan… La nostalgie est également à l’honneur avec son 1980 millésimé 2006, suivi d’une reprise musclée et tout à fait épatante du Shout de Tears for fears (1985), et d’un Sa raison d’être énergique et accéléré.

Histoire de rappeler qu’il a aussi œuvré pour ses collègues, Pascal Obispo achève son concert en fanfare, d’abord sur l’hymne de Johnny Allumer le feu (paroles de Zazie, faut-il le rappeler ?), puis avec une version tirant sur le reggae de son duo avec Natasha Saint-Pierre, Mourir demain. La messe était dite.

Alors, c’était bien Obispo ? Ben oui, n’en déplaise à ceux qui ne veulent voir en lui qu’un pur produit du show-biz ! Concert professionnel, soigné, bien mené par un chanteur qui sait tenir la scène, qui a revisité intelligemment son répertoire pour en durcir le ton et offrir près de deux heures de spectacle sans temps mort. On peut en conclure que c’était bien.

 

Le facebook de Pascal Obispo, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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