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Les Naufragés, sur la route et par les flots

Les Naufragés (photo non créditée)

Les Naufragés (photo non créditée)

Ils furent un temps effectivement naufragés, échoués dans un relatif oubli, le temps d’une pause qui dura bien dix ans. Mais nos fiers Montpelliérains devenus par force autant que par gré Bretons, qui plus est marins (un métier qui, par bonheur, sauf à évoquer le bruit des bottes et la fille du borgne, ne se conjugue pas au féminin), ont repris la route et la mer ça fait maintenant trois albums et quelques tonneaux de rhum… Le troisième, c’est celui-ci, Rêve errance, à la pochette très « heroïc fantasy » et « art urbain », au contenu très « vent debout ». « Naufragés des cités dérisoires / Baroudeurs des trottoirs sans espoirs / Rockeurs à bout de nerfs ou évolutionnaires / Rejoins notre équipage ! / Cap sur le nouvel âge ! »

Toute la panoplie et le vocable de la bourlingue est là. Même le navire se nomme Santa-Maria, à l’allure chaloupée il va de soi, qui s’en va narguer les mouettes « et le vent fera le reste qu’il le souhaite ». L’aventure prend le large : « Sur la terre plus rien à perdre / Plus d’espace ni de forêts vierges / Il ne reste que l’océan et quelques ports / Où des pirates d’un autre âge trompent la mort ».

Bien qu’Occitans, nos musiciens-chanteurs au pied marin s’inscrivent bel et bien dans une tradition toujours vivante à qui ils offrent de nouvelles pièces. On comprend qu’ils puissent trouver un écho particulier du côté du Finistère ou du Morbihan. A l’heure où leurs aînés que sont les Tri Yann lâchent prise, ils sont les bienvenus aux côtés des Soldat Louis, EDF et autres et dynamiques formations folk-rock qui sentent pareillement le trad’ et les embruns.

cd les maufrages« Des défaites glorieuses, des alliances de feu / Des festins mémorables de chair et de vacarme… » Leurs récits revisitent l’Histoire, leur musique traverse les époques, du presque médiéval, baroque, au plutôt rock d’aujourd’hui : en cela ils font effectivement songer aux fameux Trois Jean de Nantes.

Seule réserve, toute relative : Jean-Michel Poisson, le chanteur et parolier (qu’on connaît sous le surnom de Spi) part aussi sur des longs apartés, des rêves, des errances qu’on dira philosophiques, entre nous bien moins convaincants, comme l’est la chanson-titre, sans doute trop bavarde. Même un marin peut s’y noyer…

Loin des portes de la Bretagne, de cet estuaire où finit la Loire, nos cinq amis (Spi, Sam, Fanfan, David et Ludovic) terminent cet album, par le truchement d’une Lola, en saluant leur public (qu’on sait important) de La Loire et de Saint-Etienne, pourtant loin de leurs ports d’attache : « T’avais pas encore douze ans / Mais tu tenais déjà le premier rang / Tu chantais Le Grand coureur et Le Merle moqueur / Tu connaissais tous nos refrains par cœur ». Si ce n’est des disques très honorables, Les Naufragés est surtout un groupe de scène : c’est en de tels espaces qu’ils se réalisent pleinement, plus sans doute qu’en pleine mer.

 

Les Naufragés, Rêve errance, [Pias] 2020. Le site des Naufragés, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’eux, c’est là. Pour commander ce disque, c’est ici.

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