Thierry Le Coq « Le temps se lâche »
La tempête s’est installée
Nos corps se sont abattus
L’un contre l’autre
Nous sommes déracinés
Nos bras comme des branches emmêlées
Ont cédé sous la colère
Le temps se lâche aujourd’hui
Temps de bourrasques et de pluie
Le temps se lâche aujourd’hui
Tout est consumé
Thierry Le Coq (14 01 1966 – 14 01 2016)
Paroles et Musique Thierry Le Coq. Extrait de l’album « Interludes » 2002
Il y a dix ans l’artiste nantais Thierry Le Coq, originaire d’Arradon, disparaissait brutalement à 50 ans le jour de son anniversaire, en pleine promotion de son cinquième et dernier album, « Chaconnes », 2012, qui venait de ressortir en vinyle en décembre 2015. S’il avait côtoyé la « nouvelle » chanson française, Dominique A ou Bertrand Belin, son inspiration était surtout anglo-saxonne (Nick Drake, Le Velvet underground), mais trouvait ses mots en français. Chaconnes avait été enregistré au Québec, et deux de ses albums, Interludes et Tête de Gondole étaient sortis chez Saravah. Peu connu du grand public en raison de sa discrétion, les médias attentifs, Télérama, Libération, Pop news, Les inrockuptibles, ainsi que ses pairs musiciens et chanteurs indépendants plus médiatisés le considéraient comme un grand. Et c’est toujours un crève-cœur pour nous de n’entendre parler d’un artiste que le jour de sa mort.
Les Interludes, instrumentaux, rythment cet album entre mélancolie et fureurs contenues où les saisons figurent aussi les sentiments agités, sur les instruments acoustiques, contrebasse, guitares, claviers, batterie, orgue, xylophone… bien individualisés et subtilement complétés de samples et bruitages numériques. La voix et le style de ses mélodies expriment une tension douce qu’on identifie dans tous ses albums, avec une ultrasensibilité, retenue et moins écorchée en apparence qu’un Daniel Darc, même s’il y fait penser. La nature y est bien souvent présente, impressionniste et métaphorique. On peut écouter ses albums sur Bandcamp ou YouTube.

Commentaires récents