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Spa 2016. Michel Polnareff, grand-papa pas encore tué

Michel Polnareff (photo prélevée sur sa page facebook officiel)

Michel Polnareff (photo prélevée sur sa page facebook officiel)

Francofolies de Spa, 19 juillet 2016,

 

Joli coup pour les Francos de Spa, qui a pu s’offrir le plus beau début en fanfare qui soit ! Car la vedette qui avait l’honneur d’ouvrir les festivités de l’édition 2016 sur la grande scène (après une première partie assurée par le groupe belge Machiavel, 40 ans au compteur, qui n’a certes pas démérité), c’était Michel Polnareff himself, en exclusivité pour les festivals belges. Fiers qu’ils étaient, les organisateurs, et curieux que nous étions, nous, de voir la bête au travail.

Soyons réalistes toutefois : peut-on juger objectivement la prestation d’un tel artiste ? Car Polnareff, c’est plus qu’un chanteur évidemment, c’est une légende ! C’est quand même lui qui, avec Gainsbourg et Dutronc, a donné ses lettres de noblesse à la pop française. Doté d’un sens mélodique imparable et sachant s’entourer des meilleurs paroliers de l’époque (Jean-Loup Dabadie, Pierre Delanoë, Franck Gérald, Pierre Grosz, Jean-Paul Dréau…), il est l’auteur d’innombrables morceaux devenus des incunables de la chanson française. Aller le voir en faisant fi de son glorieux passé est donc mission impossible et à coup sûr bénéficierait-il de circonstances atténuantes si d’aventure la prestation ne s’avérait pas à la hauteur.

Bien entendu, nous avions quelques craintes. L’homme traîne une mauvaise réputation; avec sa mégalomanie irritante et son goût maladif pour la procrastination (20 ans qu’il nous promet un nouvel album !). En outre, les images qu’on a de lui de ces dernières années ne sont guère rassurantes (dame, il faut bien s’y faire, il a 72 ans et le physique qui va avec !) et qu’en sera-t-il de son chant, si caractéristique dans sa manière de monter dans les aigus ?

Heureusement, les 22 heures de vérité allaient sonner. Au moment dit pile, on voit les silhouettes des sept musiciens et des quatre choristes (trois femmes et un homme) prendre leur place sur la scène plongée dans le noir, tandis que sur un écran placé au centre de l’espace apparaît l’image de Polnareff au-dessus d’un chronomètre égrenant les secondes : un compte à rebours de trois minutes a débuté. Forcément, le décompte final des 10 dernières secondes sera repris en chœur par le public et au top, apparaît notre vedette, ses traditionnelles lunettes sur le nez, vêtu sobrement d’une veste noire avec une sorte de queue de pie blanche, un peu bouffi et la démarche un poil pataude. Il s’empare du micro, demande à l’assistance si nous sommes « chauds boulette » (il aime la Belgique !), et débute en fanfare par sa Poupée qui fait non.

La suite ? Secondé efficacement par des musicos américains, porté par ses choristes féminines auxquelles il a l’intelligence de passer le relais pour les passages plus ardus, Michel Polnareff nous aura offert un concert d’une grosse heure et demi durant lequel, jusqu’à son On ira tous au paradis final, il n’aura chanté que des tubes… Quel répertoire, mes aïeux ! Quand il n’y en a plus, il y en a encore. Des chansons ultra connues reprises en chœur par le public, sans qu’il soit besoin de le forcer (L’amour avec toi, Lettre à France, Holidays, Je t’aime…), quelques titres un peu moins répandus auprès du grand public mais considérés comme ses meilleurs par les connaisseurs de son œuvre (Sous quelle étoile suis-je né ?; Qui a tué grand-maman ?, La mouche…), et même, exception qui confirme la règle, une très jolie chanson de 1974 connue des seuls aficionados (L’homme qui pleurait des larmes de verre).

Dans ce défilé continu de chefs-d’œuvre populaires, on relèvera particulièrement un Bal des Laze grandiose dans son orchestration rock, un Love me please love me aux accents agréablement jazzy et un Tam Tam d’anthologie qui aurait fait danser le plus rétif des culs-de-jatte.

On l’aura compris : avec un tel répertoire en béton, le concert ne pouvait qu’être satisfaisant et la soirée mémorable. Le bémol viendrait du visuel guère original (des projections vidéos sur l’écran géant, bof bof) et de Michel Polnareff lui-même, qui, s’il a assuré la soirée en grand professionnel qu’il est, n’a pas fait montre d’un entrain débordant ou d’une générosité folle, hormis peut-être quand il s’est amusé avec le public sur son Y’a qu’un cheveu sur la tête à Mathieu.

Au final, le sentiment réconfortant d’avoir vu une légende sur scène et d’avoir repassé en revue quelques chansons iconiques des années 60 à 80, sans toutefois que le concert en lui-même n’ait rajouté quoi que ce soit à l’immense gloire méritée de leur auteur.

Mais c’est déjà pas mal, non ?

 

Le site de Michel Polnareff, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà de lui, c’est là. Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à Spa 2016. Michel Polnareff, grand-papa pas encore tué

  1. Catherine Laugier 20 juillet 2016 à 16 h 51 min

    J’ai publié en février 2016 une petite playlist d’une quarantaine de chansons de la très grande époque de Polnareff, classées chronologiquement, presque toutes en Live Noir et Blanc et de préférence l’année de leur création; deux titres de 1970 et une compilation de 1978 ont été supprimés entre-temps pour « atteinte aux droit d’auteur ». Je viens de rajouter deux titres de 1970, Gloria et Je suis un homme et quelques titres de 1974, ainsi que des raretés comme Pipelette (1968). La liste pourrait encore s’allonger…
    On y trouve les plus grands succès, comme aussi quelques merveilles méconnues telle que L’homme qui pleurait des larmes de verre signalé par Pol, dont je viens de rajouter une version Live. Tout le génie du Polnareff de l’époque, merci à lui de savoir encore nous le transmettre :https://www.youtube.com/playlist?list=PLjgARH5GHfS_OBNLUqR6w2GsyvKPlpRQB

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