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Tonnerre de Brest, Grand Palladium !

Vincent Dauvergne et Kevin Moal (photo Michel Poulain)

Vincent Dauvergne et Kevin Moal (photo Michel Poulain)

Ils sont deux et nous viennent de Brest. Séparément, ils s’appellent Vincent Dauvergne et Kevin Moal. Ensemble, ils forment le groupe Grand Palladium. Leur premier album, sans titre, vient de débarquer sur les plateformes (pour les bacs des disquaires, on patientera…). Onze chansons, signées des deux complices, paroles et musiques, sans distinction aucune. En Bretagne, on joue collectif ! Un disque pour lequel ils se sont adjoint les services d’un troisième larron, Benoît Fournier, batteur de son état (au sein du groupe Matmatah) et réalisateur de l’opus. Une équipe réduite, mais à la force de frappe impressionnante.

Le tandem s’ébroue dans les eaux joyeuses de la pop-folk. Du folk, ils ont gardé les instruments traditionnels, qu’ils maîtrisent avec brio, ayant assuré à eux seuls l’ensemble de la partie musicale, batterie et percussions exceptées. Guitare, basse, piano, violon, harmonica et dobro se mélangent donc avec entrain et harmonie, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. De la pop, ils ont retenu les leçons des grands anciens, Beach Boys et Beatles en tête, ainsi que de leurs émules hexagonaux, en particulier Les Innocents, dont l’influence est palpable d’emblée. L’union des deux styles musicaux a donné naissance à une pétulante collection de chansons, débordantes de rythme et d’énergie, impossibles à écouter sans se sentir les pieds envahis par les fourmis.

grandpalladium-coversd-854x854Comme souvent dans ce genre musical, les paroles ont pour mission première de se marier étroitement à la mélodie. La rythmique passe avant tout, il faut que ça sonne, que ça coule, que ça ne perturbe pas l’oreille accaparée par la musique. Grand Palladium l’a bien compris, qui nous offre des textes simples mais pas simplistes pour autant. Des histoires d’amours éphémères, qui durent juste assez pour forger dans le coeur un regret éternel (Emilie), des exhortations au renouveau (Pour le mieux), à la joie et l’optimisme (La plage), des invitations à la fête et au voyage (Camion vert), des déclarations de tendresse (J’aime), de jouissance (Conquistador) et d’éternité (Aurore)… Autant de morceaux qui sonnent le glas de la torpeur et déclarent la guerre à la morosité. Encadrés, pour faire bonne mesure, de deux morceaux plus mélancoliques, ouvrant et fermant l’album : la prière Tant que la nuit veut tomber, aussi douce dans son tempo lancinant qu’énergique dans ses envolées, et le contemplatif Laisse aller, à la noirceur teintée d’espoir (Laisse gagner le temps, tout commence).

Le dossier de presse ne précise pas d’où le duo a tiré son nom de scène. Pas forcément le plus commercial, puisque les moteurs de recherche vous renvoient au premier clic sur une grande chaîne hôtelière dotée du même patronyme. Faut-il y voir un hommage déguisé au Bus Palladium, qui a vu défiler tant de musiciens ? Une manière déguisée de nous faire comprendre leur volonté d’atteindre les sommets des charts et de multiplier les disques de platine (pour comprendre ce qui précède, consultez éventuellement un chimiste !) ? Allez savoir. Une chose est sûre toutefois : avec Grand Palladium, la chanson française s’est parée d’un nouveau bijou harmonique, prêt à charmer vos oreilles et faire bouger vos gambettes. Bienvenue et longue vie !

 

Grand Palladium, Sans titre, Upton Park/L’Autre Distribution, 2020.

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