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Gilbert Laffaille « La faute à personne »

1999-gilbert-lafaille-la-tete-ailleurs(…) Il faut doubler Dallas, dépasser Chicago
Occuper tout l’espace, contourner l’embargo
Court-circuiter Madrid, investir dans l’acier
Faire monter l’arachide et la pâte à papier
Faut des boîtes de sardines, faut des frites en sachets
Activer les turbines, compresser les déchets
Eliminer l’angoisse, dégraisser dégraisser
Exporter des carcasses et du lait condensé !
Rasez-vous ! Bougez-vous ! Soyez bref et concis !
Secouez-vous ! Battez-vous ! Tout l’monde a ses soucis !
Le matin ça klaxonne et le soir c’est bouché
C’est la faute à personne, c’est la loi du marché !

Gilbert Laffaille

Paroles et Musique Gilbert Laffaille. Extrait de l’album « La tête ailleurs », 1999
La chanson a été réenregistrée en version piano-voix dans l’album éponyme en 2003.

Lorsqu’on dit que personne n’aurait pu prévoir le chaos qui règne actuellement, c’est faux. Des lanceurs d’alerte nous le disent, nous le chantent régulièrement. Ici, c’est Gilbert Laffaille il y a 24 ans (la chanson a été écrite en 1998), lui qui a toujours été visionnaire dans ses observations de la société. Mais déjà, écoutez bien ses « Interrogations écrites », datant de 1978 : « Sachant qu’une ménagère qui fait des provisions / Transporte six litres d’huile par jour, dans son chariot / Combien de litres d’huile, combien de litres d’huile / Seront stockés chez elle durant les élections ? / Sachant qu’elle a moins d’huile que de sucre en morceaux »

Qu’ils soient artistes, écrivains, philosophes, sociologues, scientifiques, politiques, ou simples observateurs éclairés, il y a près de cinquante ans qu’on nous prévient en vain (et plus, si l’on examine la pensée économique ou philosophique dès le XIXeme siècle). Qu’on prend les gens qui se posent des questions pour des empêcheurs de tourner en rond, qu’on annonce des réformes que l’on passe à la trappe, par « pragmatisme ». Qu’on vous dit « Le mode de vie américain, c’est sacré » ou encore « [L'union]  œuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive ». Hâtons-nous lentement de réfléchir…

En parallèle de ses analyses sociales, Gilbert Laffaille ressort de la Malle aux souvenirs ses chansons hautement poétiques, voire philosophiques, à la recherche de la beauté éternelle « Je suis là, dans l’eau, dans un cri d’oiseau / Un reflet qui danse, un oursin caché / Un creux de rocher, un château d’enfance »… Merci à lui. 

 

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