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Thomas Cousin « L’île déserte »

COUSIN 2024 Thomas L'île déserteParait qu’y a plus d’île déserte de coin de ciel bleu,
parait qu’y a plus de soleil qu’on cherche l’azur au fond des yeux,
parait qu’nos rêves sont murés parait qu’y a plus d’hirondelles
parait qu’on usera nos vies juste à chercher le sommeil, l’île déserte le coin de ciel bleu ho j’voudrais courir …
l’île déserte le coin de ciel bleu, si seulement je pouvais courir, l’île déserte le coin de ciel bleu, l’île déserte le coin de ciel bleu
Le monde d’après qu’est-ce que tu veux qu’j’te dise, tu peux l’oublier vite fait ouais tu sais la terre promise
On va baisser le rideau, on va fermer la boutique les mêmes discours périmés ouais tu connais la musique
C’est la même merde les mêmes mots les mêmes tics, la même manip tu sais la même tactique,
Mais surtout pas de panique l’état d’urgence aux urgences à croire que toi tu t’en fous
Ouais toi tu danses danses danses,
Ho toi tu danses danses danses

Thomas Cousin

Paroles et musique Thomas Cousin. Extrait du Sept titres éponyme, 2024 à paraître.

Un album  dont nous vous avons déjà présenté quatre titres, ici remastérisés, la profession de foi Pas de nom d’artiste, l’hymne à sa ville natale, Aix-en-Provence, Quelque fois le mistral, La gifle, où il envoie balader la vie et ses injustices à coup de polompompom.

Un disque de colère qui déborde, donc, avec  La rue, en duo avec Evan Braci, « Faudra pas s’étonner non plus, si les digues cèdent quand vient la crue » reprenant la phrase de Vian « Ils cassent le monde ».  Que Boris Vian a, lui, exprimée, au deuxième degré, en manifestant un espoir vissé au cœur contre les pires fortunes de la vie : « Mais ça m’est égal / Ca m’est bien égal / Il en reste pour moi / Il en reste assez (…) Il suffit que j’aime / Une plume bleue / Un chemin de sable / Un oiseau peureux ». Le panache de celui qui chante devant le peloton d’exécution ou qui marche vers la guillotine, ce couteau triangulaire, en rêvant d’un petit brin d’herbe bleue. Ce poème que Thomas Cousin a mis en musique, seul texte de l’album qui n’est pas de lui, il en fait une interprétation époustouflante, à vous dresser le poil, à vous arracher des larmes, et on ne peut s’empêcher de penser à l’émotion qu’on éprouvait à écouter un Mano Solo ou un Allain Leprest. 

Pour se consoler d’un monde chaotique et sans avenir Thomas espérait encore voir la mer  dans son précédent album, « Y’a plus rien à faire sous les tours contempler le compte à rebours j’voudrais comprendre à quoi ça sert / Y’a des éclipses au bout des ciels pour se rapprocher du soleil allez viens on va voir la mer » ; dans cette nouvelle chanson l’espoir serait de se réfugier dans une île déserte, mais même celle-ci semble disparaître à l’horizon, et l’apparente insouciance du monde qui l’entoure « à croire que toi tu t’en fous / ouais toi tu danses » le désespère… Les guitares qui crient ce désespoir, la voix pleine de larmes, de colère mais aussi de tendresse nous prennent aux tripes et au cœur.
Peut-être, ténue, subsiste une lueur, puisque « Paraît », mais ce n’est pas sûr, on peut encore faire quelque chose, danser, oui, mais en l’honneur de la vie, pas pour oublier, ou la trouver, cette île déserte, cet oasis, au fond de soi, ou dans les liens qu’un homme de bonne volonté sait tisser, parfois, même dans les pires situations. Pour éviter de s’enterrer, de nager dans le désert comme il nous le disait dans sa précédente chanson, pour éviter que la folie des hommes ne fassent de la terre un désert… 

Avec Des murs, pas encore dévoilée, Thomas Cousin signe l’album, tant par sa musique décoiffante que par son texte resituant l’esprit qui le conduit à écrire et chanter, « 25 ans dans mon coin à frapper sur le fer », il le fait pour franchir des murs et des portes closes « pas pour les autres tout ça j’le fais pour moi, pas pour la gloire », retissant les thèmes qui irriguent ses artères : « Comment ça t’as vu la mer ? Danser, le long des golfes clairs / Tu sais y a pas de mystère vingt-cinq ans à gratter du papier, crier dans le désert ». Comme toujours ce sont les chants les plus personnels et les plus sincères qui nous touchent au plus profond, de façon universelle. 

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