Barjac 2025. Agnès Bihl, demi-jubilé, vraie jubilation !
Sauvé dans En scène, Festivals
Tags: Agnès Bihl, Barjac 2025, Nouvelles
Agnès Bihl (photos Anne-Marie Panigada)
27 juillet 2025, Barjac m’en chante, Espace Jean-Ferrat,
« Il n’y a plus d’ailleurs et plus rien de possible / J’ai cherché le bonheur, je reviens les mains vides / Et je reviens de tout / Mais je reviens debout ». Bihl est boule, de feu, tornade sur scène, là ou véritablement vivent ses chansons, là où elle les personnifie plus encore. Il y a un quart de siècle elle déboulait sur la scène de Barjac ; vingt-cinq ans de la vie d’une femme après (« Dans ce monde vieillir est une erreur » nous dit-elle), l’orpailleuse de bonheur y revient peut-être bredouille mais riche d’un répertoire sans égal. Et nous conte et nous chante ses joies et ses déprimes, les aléas de l’amour, ses émotions et déceptions. Comme un bilan d’étape : « Et pis merde je n’ai pas dit mon dernier mot, je suis telle que la vie m’a faite ».
La belle blonde qui a « l’âme d’une biche et un cœur de gazelle » vide son sac devant un étonnant groupe de parole : vous pensez, sept cent personnes qui lui payent sa thérapie ! La scénographie est épurée mais efficace : c’est quand elle chante « Je pleure tu pleures il pleut » que tombent les seules et uniques gouttes du festival, saluons la technique pour la synchronisation parfaite et le partenariat avec Météo-France. Autre partenariat, élégant et efficace, celui avec la pianiste et complice Clémence Monnier (qu’on connaît aussi pour être un quart des Goguettes à trois) : elle et Agnès, ça fait deux perles sur scène, brillantes, superbes.
avec Clémence Monnier
Dynamique, photogénique (anticipant leurs désirs plus qu’il n’en faut, elle fait le bonheur des possesseurs de smartphones), Bihl joue toutes les facettes de la femme qu’elle est et en évoque bien d’autres, celles qui, pas loin de chez nous comme à l’autre bout du monde, souffrent sous le cruel joug des hommes : la chanson Il était une femme est à ce titre aussi exemplaire que difficile à entendre, mais nécessaire. C’est un des grands moments de ce récital. Mais il y en a d’autres, tant que Bihl nous en fait festival, dans ce qui peut nous apparaître comme un cabaret féministe vivant, toujours pertinent. Et sensible. Les pleurs d’Agnès Bihl quant elle chante La plus belle c’est ma mère ne sont pas factices : c’est toute entière, avec sa fougue, sa sincérité et sa grâce presque animale, féline, que Bihl traverse ses vingt-cinq ans et plus d’une heure d’une scène triomphale, un des plus beaux moments de ce Barjac qui certes en compte d’autres mais dont le retour de cette chanteuse marquera les esprits.
Le site d’Agnès Bihl, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.



Grand récital d’Agnès BIHL, coeur et âme ouverts : un grand cadeau !