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Georges Chelon : retour aux tout débuts

Chelon en Concert CDC’est un rite établi, chaque hiver venu, le label EPM sort son « Georges Chelon ». Même si parfois, il ne s’agit que d’une compilation, y trouver un titre inédit, tout neuf, ravive le plaisir et attise l’intérêt des « fans » du père prodigue, tous d’une rare et touchante fidélité. En 2023, Ah la vie comportait onze nouveaux titres et quatre bonus extraits des Fleurs du mal ; en début 2024, Absence est un double album de vingt-deux titres ; en fin 2024 Quand comment pourquoi ? un quadruple album fait de deux CD de compilation et de deux autres d’enregistrements publics de 1992 à 2017. Cette fois-ci, la cuvée hivernale tardive est toute autre. Voici deux fameux concerts qui jamais n’avaient connu de réédition en CD : le Bobino 67 et l’Olympia 71. Et, pour faire bon poids, trois bonus dont un nouvel inédit et, sur un second laser, vingt-huit titres en versions instrumentales par le Grand orchestre de Lucien Lavoute. C’est peu dire si les amateurs, encore nombreux, seront comblés par ce cru 2026.

67 est le premier Bobino de Chelon : rien que la track-list ressemble à une compile : Les Larmes au poing, Évelyne, Peut-être que peut-être, Parole, Comme on dit… Tout juste « Prix de l’Académie de la chanson française », le jeune chanteur d’alors vingt-quatre ans était apparu dans le paysage de la chanson depuis à peine deux ans et déjà deux albums, lauréat qu’il fut d’un concours dont le premier prix fut un enregistrement chez Pathé-Marconi, par cette chanson-cri qu’est Père prodigue. Chelon déboule pourtant à une période où la chanson dite « à texte » est en relatif déclin, sinon submergée au moins malmenée en radio par la vague yéyé, déferlante jeuniste qui rend quelque peu caduque la chanson de papa, bien plus sérieuse et autrement plus poétique, qui jusque là prédominait. N’empêche que son succès est alors immense.

Chelon connaîtra bien d’autres succès et surtout s’inscrira dans la durée même si télés et radios, à de rares exceptions près, le boudent rapidement. Il est d’ailleurs assez prodigieux de constater que, plus d’un demi-siècle après, sans nulle visibilité médiatique, sans présence festivalière, il soit encore présent dans la mémoire populaire. Qui plus est avec une voix quasi inaltérée, presque identique à ses débuts.

Ces enregistrements publics de 1967 et 1971 nous rappellent justement cette voix qui n’a pu nous laisser indifférent, qui vous prend, vous remue, vous emporte. Chelon y est déjà un solide artiste, bien campé : la comparaison d’avec Brel n’est pas usurpée. Cette réédition, si longtemps attendue, ne peut que vous en convaincre.

En bonus, deux titres (Les Larmes au poing et Merci pour tes bons vœux) sont ici en version italienne. Et, sans surprise, l’inédit de cette présente livraison, C’est pour la vie, est encore une fois animé par le thème de la mort inéluctable.

Ce double album a toute sa place chez l’amateur attentif, soucieux de belles et sincères pièces de collection.

 

Georges Chelon, En concert, 2cd, EPM 2026. Le site de Georges Chelon, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Pour commander ce double album, c’est ici.

Pas de vidéo de ces concerts hélas : les captations d’images n’étaient pas bien fréquentes. Par défaut, deux titres extraits d’autres enregistrements.

« Peut-être que peut-être » : Image de prévisualisation YouTube

« Les Larmes au poing » : Image de prévisualisation YouTube

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