Alain Bashung « Variations sur Marilou »
Dans son regard absent et son iris absintheTandis que Marilou s’amuse à faire des volutes de sèches au menthol
Entre deux bulles de comic strip
Tout en jouant avec le zip de ses « Levi’s »
Je lis le vice et je pense à Carol Lewis
Tandis que Marilou s’évertue à faire des volutes de sèches au menthol
Entre deux bulles de comic strip
Tout en jouant avec son zip
À entrebâiller ses « Levi’s »
Alain Bashung (1er décembre 1947 – 14 mars 2009)
Paroles et Musique Serge Gainsbourg (20 avril 1928 – 2 mars 1991). Extrait de « L’homme à la tête de chou », 2011 Barclay (Bashung posthume)
L’homme à tête de chou de Serge Gainsbourg (1976) est un album-concept qui a eu peu de succès commercial à l’origine avant de devenir une référence. Mêlant pop-rock, rock progressif, électro (écoutez la version de Gainsbourg) et world music, de l’orgue aux synthés ou aux percussions africaines, c’est un voyage musical autant qu’une tragédie intime d’avant-garde envoûtante. L’album raconte à la première personne l’histoire du narrateur, journaliste dans une « feuille de chou » à sensation, amoureux fou, addict, d’une jeune femme libérée, la shampouineuse Marilou, qu’il finira par tuer dans un accès de jalousie avant de sombrer dans la folie. La couverture est une œuvre de la sculptrice Claude Lalanne (1925-2019) datant de 1968, que Gainsbourg lui avait acquise. Le titre fait allusion à la profession du narrateur et peut-être aussi à son physique, « les petits enfants riaient de mes oreilles en chou fleur ».
En 2008, Alain Bashung reprend tout l’album de Gainsbourg pour en faire un spectacle qu’il doit interpréter, avec une chorégraphie de Jean-Claude Gallotta et des musiques additionnelles de Denis Clavaizolle. Le projet sera présenté sur scène le 12 novembre 2009 à la MC2 de Grenoble, sans Bashung donc, avec son fauteuil vide et sa voix déjà enregistrée, comme un testament. Voir le reportage à Bourges en 2019, dix ans après le décès de Bashung, avec le témoignage de Gallotta. L’album lui même, posthume, paraît le 7 novembre 2011. Entretemps il avait publié son ultime album en 2008, Bleu Pétrole.
Pour ce titre, l’artiste et scénariste Maxime Bruneel réalise ce film en 74 prises animées entre réalisme et onirisme. Bashung avec sa voix calme et profonde donne de la chanson une version encore plus poétique, un érotisme plus universel, moins sulfureux que la version de Gainsbourg.

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