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4e Chants Ouverts : la diversité des groupes ardéchois

Deux groupes ardéchois (trois avec Thorne, que nous avons déjà présenté ici il y a quelques jours) mis en valeur par ce festival de Saint-Vincent-de-Durfort. Deux très agréables surprises pour l’heure locales, mais va savoir si la réputation ne les conduirait pas plus loin…

 

Quand Didier Tangue, bon sens poussé en tradition chanson

 

Quand Didier Tangue (photo Jonas Graphiste)

Quand Didier Tangue (photo Jonas Graphiste)

2 mai 2026, festivl Chants Ouverts à Saint-Vincent-de-Durfort,

 

Drôle de nom pour ce groupe ardéchois animé par Didier Lecerf, il y a longtemps venu de Charleville-Mézières (c’est pas la porte à côté). D’une écoute distraite, on pourrait dire de ce duo (qui sait se faire trio à l’occasion) que c’est de la chanson festive, façon guinguette. C’est possible, effectivement la musique et l’entrain vous emporte de ce côté-là de la chanson, convoquant à elle des airs populaires qu’on pourrait dater du front du même nom : une chanson que la pellicule en noir et blanc a immortalisée avec à ses côtés Gabin et Arletty. Ça, c’est pour la tonalité, joyeuse et bon enfant, idéale pour les festoches, dont pas mal d’airs se prêtent à la danse. Mais comme Didier le chante en reprenant Nougaro, « J’aime la vie quand elle rime à quelque chose… » Et sa chanson (de Nougaro) rime bien avec l’air du temps. Car Didier tangue peu entre riches et prolos, il doit être il me semble adepte de la taxe Zucman, tant qu’il nous sort un pamphlet économique sur les méga-riches au savoureux son de tango : « Et pour vous les méga-riches, c’est la valse des gros chiffres / Et toi l’prolo l’tango des p’tits numéros… » Encore un chanteur de gauche, déplorerons-nous tout en l’applaudissant chaleureusement. Le diable d’homme récidive au titre suivant par le portrait bien troussé d’un qui vend tout, achète et revend tout, succulente Farce de vente qui illustre comme il se doit le bizness : faudra songer à le nommer à l’économie au prochain remaniement. Puis s’acharne sur Les Convaincus (sur la pochette du disque, c’est en un seul mot, mais pas toujours dans la chanson) sur ses autres vendeurs que sont nos « politiciens arrogants qui peuplent nos gouvernements ». Actuel, vous dis-je. Et encore, je ne vous parle pas de sa Lulu qu’il ne faut pas gonfler surtout quand elle est au PMU…

Lecerf est homme de goût, qui de sa musette sort tant un titre d’Éric Toulis (La Lucarne à blaireaux) qu’un autre de Brassens (Le Bistrot). Quand on sait que, de par ses origines de l’Est, il est un copain d’Éric Frasiak, on se dit qu’il a de bien belles références.

Lecerf ne manque pas d’élan à l’adresse tant de son musicien Ronan Malaisé, à l’accordéon, que du public, instillant, distillant la bonne humeur. L’inviter à se produire c’est s’assurer le succès. Une heure passée en sa compagnie est un bon investissement, c’est passer un bon moment en dansant et refaisant le monde, comme quoi les deux c’est possible. Si on l’écoute Didier en buvant un canon, ça rendra le monde encore plus rond.

Le facebook de Quand Didier Tangue, c’est ici.

« Les Convaincus » : Image de prévisualisation YouTube

 

 

Jipé Laroche, l’oiseau qui ne demande qu’à voler

 

Jipé Laroche (photo Jonas Graphiste)

Jipé Laroche (photo Jonas Graphiste)

1er mai 2026, festival Chants Ouverts à Saint-Vincent-de-Durfort,

 

Pour qui n’est pas ardéchois et ne fréquente donc pas les bars musicaux du coin, Jipé Laroche est une vraie bonne surprise à mettre au crédit de Chants Ouverts. C’est d’ailleurs en ce même festival, l’an passé, que cet artiste s’était produit en scène ouverte, déclenchant logiquement l’enthousiasme. Bis repetita, cette fois-ci en un set plus conforme à ses prestations habituelles.

C’est de la chanson variété bien rock dans l’esprit, bien ficelée, bien amenée, franche et ma foi agréable. Croiser le chemin de Laroche, c’est l’assurance d’assister à un concert rodé, très pro. Il est auteur, compositeur et interprète, tiercé gagnant. Ses chansons il les porte, les vit avec conviction. Quitte à gueuler dans un micro, il le fait à bon escient, fustigeant une société qui va mal : « Laisse-moi chanter et vibrer / Toujours libre comme l’air / J’ai toujours mon sac à vider / Avec ce riff d’enfer » chante-t-il en une chanson qui parfois s’accouple au rap, au reggae. Toujours le rythme adéquat pour attirer l’attention, retenir l’auditeur, le conquérir. Il y a indiscutablement un son Jipé Laroche.

Comme d’autres avant lui, il nous parle « d’un lieu qu’on peut apprivoiser / Au milieu des fougères, une terre de châtaigniers » : une nouvelle très belle chanson sur l’Ardèche, intitulée Petsi, avec son refrain étonnement gitan, façon Kendji Girac.

On ne sait ce qu’il faut pour déclencher une solide carrière à la cime du show-biz mais on peut penser que Jipé Laroche coche toutes les cases pour accéder à un auditoire beaucoup plus large. Il semble prêt : « J’ai dans le cœur un oiseau migrateur / Qui ne demande qu’à voler / La tête en liberté / Les ailes dans les nuages / Un chemin de coton / Je suis un vagabond ». C’est très musical, très lexical, tout pour séduire. La scène du chapiteau était bien petite pour son sincère talent et pour que sa musique prenne toute son ampleur mais suffisante pour identifier ce drôle d’oiseau qui pour l’heure aire en Ardèche. Va savoir quelles seront bientôt ses prochaines bases…

Le facebook de Jipé Laroche, c’est ici.

« L’Oiseau migrateur » : Image de prévisualisation YouTube

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