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Les Brassens de Jacques Yvart et de Claude Besson

Quand on aime on ne compte pas ! Et puis ça fait trente ans qu’il a cassé sa pipe, occasion, s’il en est, s’il en faut, d’encore plus l’interpréter, en fanfaronnant devant un commissariat comme en composant un bouquet de ses chansons. Donc, encore et toujours Brassens ! Qu’on se met tellement en bouche qu’on peut même douter de la disparition, et c’est bien.
Après vous avoir entretenu de pas mal de p’tits jeunes (Trio Job, Etranges familiers ou encore cette bande composée des Weepers Circus, Ogres de Barback, Debout sur le Zinc, Aldebert, Agnès Bihl et Yves Jamait, des gamins quoi), en attendant l’opus d’Alcaz, voici, non la vieille garde, mais deux chanteurs d’expérience, qui tous deux trimballent leurs propres chansons depuis des lustres. Jacques Yvart et Claude Besson s’offrent la joie, chacun dans son coin, de rendre visite à leur copain Sétois. Et si sétois, ils en sont frères…
Maintenant qu’il n’y a plus aucun support ‘ou si peu) pour parler de chanteurs et de chanson, que la seule presse existante fluctue au gré des modes que façonne le showbiz, qu’eux-mêmes sont passés de mode si tant est qu’ils aient connu ça, on ne risque pas de prendre des nouvelles de ces artistes-là. Ils existent cependant et poursuivent leur parcours d’humbles artisans de la chanson. Et, là, se joignent au concert Brassens, non avec plus de légitimité (tout individu bien intentionné peut chanter Brassens) mais comme on salue un ancien compagnon de route, de scène. Et puis quand on aime on ne compte pas !
Le bouquet de chacun des deux est composé de chansons pour la plupart très connues (Les passantes, L’orage ou La non demande en mariage pour Besson ; Le vieux Léon, Les amoureux des bancs publics ou La marine pour Yvart), sans qu’aucun titre des répertoires par eux adoptés ne se recoupe. Yvart y chante cependant un inédit de Brassens ainsi que Jehan l’advenu, texte de Norge qu’Yvart eut l’honneur de musiquer à la demande justement de Brassens. Deux disques, deux amitiés, deux fidélités.

Je dois confier ma grande admiration sur ce qu’en a fait le breton Claude Besson. Son disque a la légèreté de chansons qu’on interprète lors d’une veillée, sans autre soucis que de bien les restituer, qui plus est avec une guitare dont Claude Besson, chanteur autant que luthier, est presque virtuose. Il n’y a pas – en tous cas on ne le sent pas – dans son interprétation, le poids d’un auteur référent, presque encombrant tant il prend de la place. C’est simplement fluide, fraternel, sans chichis, sans ambages. Adorable donc. On y retrouve tout ce qui fait Besson, ce troubadour épris de mots et de notes, qu’il cajole comme pas deux, avec ce naturel désarmant. Qui, sur ce disque, sur trois titres, se fait tendrement épauler par sa princesse à lui, sa Françoise, tant il est vrai que quand on aime Brassens on le partage. On retrouve Besson sur son site (c’est ici) ; on peut aussi commander ses cédés ici.

Autre carrière on ne peut plus nourrie, celle du nordiste Jacques Yvart, sans doute plus connu à l’étranger qu’il n’est prophète en son pays, dont Brassens est le bon maître depuis longtemps. Là aussi, la voix est belle. Et chaude. Peut être plus impliquée dans un soucis de bien rendre, d’être à la hauteur de son sujet, de « son » Brassens. Avec un rythme parfois plus lent (Pauvre Martin, La file indienne…) que martèle harmonieusement le verbe. Avec Yvart, la coloration musicale va bien plus loin que la guitare et la contrebasse. Ici piano et accordéon, batterie et clavecin, même violon et harpe celtique viennent en renfort. Seul reproche, cet orgue Hammond sur Les Copains d’abord, mais ça doit être moi qui tient cet instrument pour vulgaire. La curiosité de cet album est cette chanson au rythme belliqueux, La guerre, l’une de Brassens qu’on ne connaissait pas encore à ce jour. Ce trentième anniversaire est intéressant qui nous rassemble peu à peu de petits perles égarées. Le site d’Yvart, c’est par là.

3 Réponses à Les Brassens de Jacques Yvart et de Claude Besson

  1. Rakaniac 17 août 2011 à 22 h 43 min

    Merci pour cet article.
    Je ne connais pas du tout Jacques Yvart, par contre je suis un fan de Claude Besson dont j’ai presque tout les disques.
    C’est vrai que notre ami Claude s’est surpassé pour cet hommage à Brassens.
    je trouve qu’il a bien restitué l’ambiance des chansons de Georges tout en restant lui-même.
    Beaucoup de recherches aussi au niveau des accompagnements musicaux.
    Rakaniac

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  2. Norbert Gabriel 17 août 2013 à 19 h 46 min

    Jacques Yvart est un magicien conteur d’exception, ça se vérifie à chaque album.. Son dernier publié, Niama Niama, le 30 ème, est une merveille, voici quelques infos

    http://culturebox.francetvinfo.fr/niama-niama-trentieme-album-de-jacques-yvart-le-troubadour-dunkerquois-76559

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  3. Danièle Sala 18 août 2013 à 10 h 42 min

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=6HxQxkVtxlU

    Yvart et Brassens, ça se passait comme ça , entre copains .
    Et Claude Besson, c’est tout bon aussi …

    Répondre

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