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Le Balbuzard et le Beaucarne

« A califourchon sur un Balbuzard Fluviatile d’un mètre septante d’envergure / J’ai survolé les pagodes du Wahenge un jour d’hiver. » Ça fait combien de temps entre Julos et nous ? Bien vingt, trente, quarante ans, plus. Et chaque nouvel album célèbre les retrouvailles. L’ami wallon chemine lentement sur son jubilé d’or, en 2014… Mais le temps importe peu, qui n’a guère de prise sur cet homme d’exception : le tic-tac de l’horloge abdique dès qu’il chante. Voici son nouvel album, qui prend le nom d’un oiseau de proie coutumier des milieux aquatiques. Rien à voir du reste avec l’ornithologie, pas plus que ne le furent les fameux Communiqués colombophiles de naguère ni Le jaseur boréal de 2006. Simplement, le nom du Balbuzard fluviatile est joli à prononcer et Julos aime les petits bonheurs de rien, les émerveillements minuscules (même s’ils font un mètre septante d’envergure). Ce que sont les vingt-sept plages de ce nouvel album, des petits riens, qui vous reposent du reste, qui vous réconcilient avec la vie faite de plaisirs simples. C’est la vie qui se chante, petits mots d’amour pour grands sentiments, grains de folies, cristaux impeccables et gemmes splendides, le jour la nuit, la vie la mort et cette rose qui se déshabille le soir et ôte une à une ses épines. Rien de bien nouveau sous le soleil de Tourinnes-la-Grosse tant il est vrai qu’on n’attend pas de Julos de révolutionner la marche du monde. Pas par des effets de manche en tous cas, ni de sons calibrés ravis à l’air du temps. Lui, modestement, maintient l’équilibre du monde, par des chansons de connivence, de complicité, admiratives du beau et soucieuses de l’harmonie. Aux convulsions de la planète, il répond par l’évidente non-violence de son art. Aux gesticulations du showbiz il oppose une chanson démonétisée, à mille lieux de tout, pile au mitan de la sagesse. C’est dire si chaque opus de Beaucarne est un petit bonheur en soi.

Julos Beaucarne, Le balbuzard fluviatile. Libellule/EPM 2012. Le site du Julos Beaucarne, c’est ici. La vidéo qui suit date de la sortie du précédent album, « Le jaseur boréal ». Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

3 Réponses à Le Balbuzard et le Beaucarne

  1. danièle 7 juin 2012 à 9 h 38 min

     » Ton christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes vacances sont turques, tes chiffres sont arabes, et …Tu reproches à ton voisin d’être étranger ! »
    Julos Beaucarne, un trouvère de la terre et des hommes, un chemineur de paix et de vie .

    Je souhaite que son balbuzard fluviatile ( déjà le titre, c’est tout un poème), s’envole haut et loin …Porteur d’espérance et d’émerveillement .

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  2. Norbert Gabriel 7 juin 2012 à 10 h 38 min

    Un moment avec Julos est toujours une ballade entre surréalisme tendre et fantaisie poétique avec ce regard qui réinvente la vie à chaque nouveau matin, ou chaque nouvelle chanson.
    Une oasis enchantée dans un monde souvent désenchanté, mais une cure de Beaucarne, ça vous remet le coeur en harmonie sereine..
    Le balbuzard fluviatile, c’est une sorte d’hydravion sans moteur ? Pour voyager tranquille dans les galaxies…

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  3. Paula 7 juin 2012 à 15 h 15 min

    Julos nous a toujours donné bonheur et espoir, et l’envie d’être des « amants de la vie ».

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