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Clarisse Lavanant dans les pas de Glenmor

« Pierre levée, Milig, les pieds ancrés dans sa terre creusait sillon à chaque pas. Il semait… Il y poussait paroles de blé noir et notes de froment. Puis florissaient cris et chansons que les vents harpeurs portaient vers le large, déposaient aux flancs des monts (…) » (Hervé Guégan) Ah ! Glenmor, le barde… Une vieille lune, qui a existé, qui n’existe plus. Trop vieux, dépassé, à ranger dans les dictionnaires d’érudits, recueils de textes au papier jauni suintant d’une incommensurable poésie, tracts fatigués aux slogans surannés qui nous parlaient de combats, d’identité bretonne, de nationalisme breton… Glenmor ne vivrait-il donc plus que dans la seule mémoire de ceux qui l’ont connu, en marque-pages du Barzaz Breizh ?

Le barde est mort en juin 1996 et il n’était alors pas dit qu’une voix plus jeune exhume un jour son chant, le remette en pleine lumière, le vivifie d’orchestrations nouvelles. Ce qu’a fait Clarisse Lavanant par Glenmor mémoire vivante en 2009 (Coup de cœur de l’Académie du disque Charles-Cros) et l’an passé par Je te souviens, Glenmor. Par la scène aussi et surtout.

C’est une réussite que cette poésie d’une rare évidence, à nouveau accessible ; ça l’est d’autant par cette voix-là qui module sa douceur, en fait rare force, toute éprise du poète qu’elle est. Car c’est bien d’un sentimental hommage à Glenmor qu’il s’agit.

Pour ce deuxième volet, Clarisse invite à elle et à Glenmor, aux côtés de ses habituels complices que sont Thierry Decloux (guitares) et Philippe Turbin (accordéon piano), Yvon Etienne, Dan ar Braz et Ronan Le Bars. Bel équipage vraiment pour une telle traversée… Avec, qui plus est, la reprise de cette chanson-hommage d’Alan Stivell, Kenavo Glenmor : « En ce temps-là nombreux étaient les timides / Qui n’osaient dire clair et fort leur matrie endormie / Il n’y avait guère qu’un barde, guerrier sans arme, en Armorique / Chez lui, on l’appelait Milig. » Et cette chanson qui clot ce second volet à Glenmor dédié, paroles et musique de Clarisse Lavanant, qui prolonge le chant revendicatif du disparu, appelant à la réunification de la Bretagne, pleurant son cinquième enfant volé, du nom de Nantes : « Si la  Bretagne était une femme / On l’entendrait alors chanter / Entre la colère et les larmes / Pour un pays réunifié. » Dans son tombeau, à écouter Clarisse, le barde doit sourire de satisfaction : son œuvre-terreau connait de bien belles pousses qui fleuriront plus encore…

Clarisse Lavanant, Je me souviens, Glenmor, autoproduit, 2011. Le site sur Glenmor, c’est ici ; le myspace de Clarisse Lavanant c’est là

http://www.dailymotion.com/video/xipxvd

 

 

 

 

 

2 Réponses à Clarisse Lavanant dans les pas de Glenmor

  1. Norbert Gabriel 17 juillet 2012 à 9 h 30 min

    En plus de sa voix superbe, c’est quelqu’un de très attachant, une fille lumineuse, croisée il y a quelques années, vers 1997-99 aux Francos, quelqu’un qu’on n’oublie pas, autant par sa voix que par ce qu’elle dégage. Comme Nicole Rieu. Et puis elle a eu Michel Haumont comme guitariste, on peut pas résister …

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  2. Norbert Gabriel 17 juillet 2012 à 10 h 16 min

    «  »à écouter Clarisse, le barbe doit sourire de satisfaction : »"

    c’est un barbu qui rit dans sa barbe? ou un barde barbu .. ça va barder nom d’un menhir !!!

    Répondre

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