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Barjac 2013 : Gilbert Laffaille, lanceur d’alertes

Gilbert Laffaille à Barjac (photo Anne-Marie Panigada)

Gilbert Laffaille à Barjac (photo Anne-Marie Panigada)

Création officielle, nous dit-on, du nouveau spectacle de Gilbert Laffaille… Admettons alors que NosEnchanteurs vous en a relaté en mai dernier la création officieuse, à Aubercail.

Chansons de parole donc, et ce récital qui fait déjà partie des grandes heures de Barjac, des impérissables souvenirs qui convoquent en nous et Brassens et son Orage. Pendant que des trombes d’eau se répandaient dans la cour du château, le public s’entassait dans la salle du bar, en une insolite mais avantageuse promiscuité, pour assister au cadeau promis : le Laffaille nouveau. Avec en préalable le rappel des plus grands titres, comme un best-off, du Président et l’éléphant à L’homme du Gange, de Tout m’étonne à Neuilly blues. La quintessence qui fait sens, qui nous rappelle en quoi et pourquoi Laffaille est important. Même si rien dans la voix n’inspire la joie : tout est poisseux, doucereux, qui explore le côté sombre de l’individu. Si naguère Gilbert Laffaille entrecoupait son récital de sketches nourris de rires, le ton est bien plus sombre, à l’unisson de notre époque. Sombre mais qui jamais n’abdique : l’artiste affûte ses griffes et le Gros chat du marché, cet honteux mistigri qu’on se refile, qui se défile, se fait alors félin. Fait l’un pour l’autre…

« Lance des balles / Mets ton cœur au cœur de tes refrains / Même si demain il n’en reste rien / Que de la poudre de perlimpinpin » Laffaille est un lanceur d’alerte, l’a toujours été. Il questionne le monde, inquiet qu’il marche sur la tête. Consommation (« tout c’qu’on achète à crédit / tout c’qui fait qu’on s’endette »), environnement (« il reste encore des ours / et de l’eau dans les sources / des forêts de légende / et des champs de lavande / au fond de ta mémoire »), reconduites à la frontière (« à ces enfants venus chez nous / à qui on dit : partez d’ici »), l’artiste dénonce. Et quand il chante le nouveau-né, c’est dans un décor barbare de tas de ferrailles et de vieux caddies, de sans logis, de sans toit ni forcément lois. Le monde est gris, inquiet, fatigué. Même le « Un deux trois soleil » d’une marelle n’illumine plus sa chanson…

Le site de Gilbert Laffaille, c’est ici. Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à Barjac 2013 : Gilbert Laffaille, lanceur d’alertes

  1. chris land 3 août 2013 à 14 h 54 min

    J’aime bien le personnage, et l’article lui rend un hommage que je partage, à l’exception du passage : « Même si rien dans la voix n’inspire la joie : tout est poisseux, doucereux, qui explore le côté sombre de l’individu. ».
    Je trouve, au contraire, que cette façon de murmurer à l’oreille de chacun ses textes intimistes portés par des mélodies bien senties, lui ressemble. Le personnage est un tendre et il nous le chante, même s’il nous incite à garder les yeux grands ouverts…

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