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Viricelles : les vingt ans de Vibrevan’z

Michel Grange

Michel Grange

Reportage photo de Christine Ruffin

 

Jour de fête à Viricelles, dans ce tout petit village de la Loire qui se la joue grand lieu festivalier pour une soirée seulement, une soirée de gala. L’association Vibrevan’z entame ce soir sa vingtième saison. Vingt ans, le bel âge. Mais sans grand soutien et les poches vides, sans le moindre rond. D’où cette soirée de soutien pour renflouer un peu les caisses, pour se permettre, contre vents et marées, de continuer.

Là, on a mis les p’tits plats dans les grands, érigé auvent pour accueillir le public et dresser la longue table de vente où s’additionnent les disques et bouquins des artistes présents. Sur le haut, on a juste scotché cet écriteau qu’on ne sort pas souvent : « concert complet ». C’est vrai que rarement on n’avait vu autant de gens dans cette salle des tilleuls. Faut dire que l’affiche est des plus alléchante…

Chraz et Serge Féchet

Chraz et Serge Féchet

Deux des piliers de Vibrevan’z sont réunis : l’humour et la chanson. Il n’y a qu’un seul humoriste ce soir, mais quand on accueille Chraz on ne veut pas vexer les autres, les ridiculiser. En polonais devenu paysan, Chraz est épatant, moulin à paroles dont on se satisfait surtout de ne pas être à son générique. Car il décoiffe et s’il vous a dans le nez, c’est est fini de votre raie au milieu. De son tracteur il devise sur l’état du monde et ses dirigeants, avec une prédilection semble-t-il pour le petit d’avant, qui jouait dans la cour de l’Elysée. Pan sur le Nicolas. Ça soulage drôlement.

Laurent Berger

Laurent Berger

 

Dominique Citerne

Dominique Citerne

L’humour donc. Et la chanson. Là, ils sont venus à plusieurs : Rémo Gary, Michèle Bernard, Michel Grange, Coline Malice, Laurent Berger, Xavier Besse, Natacha Bezriche, Dominique Citerne, Frédéric Bobin. Superbe plateau, bon déroulement sans temps mort, excellents techniciens, c’est vingt sur vingt.

« La poésie n’est pas mort, Léo… » D’abord Natasha Bezriche pour un poème, pour une chanson. Du Ferré, un peu comme un avant-goût du récital qu’elle donnera sur cette même scène en décembre… Chaque  artiste nous sera redevable de deux, trois ou quatre titres. L’un termine son set qu’il appelle l’autre : ils se connaissent tous et s’apprécient. C’est fraternité et scène solidaire.

La critique est vaine sur un tel spectacle. Mais quand même. Disons la forte impression que, chacun de leur côté, Laurent Berger puis Frédéric Bobin ont fait, tous deux comme au sommet de leur art, d’une personnalité aboutie et précieuse. Chacun des deux nous ont donné le meilleur d’eux, comme une carte de visite, leur carte d’identité. Avec des titres majeurs, bien sûr La librairie du Pas pressé pour Laurent et Ce siècle avait deux ans, Ma vieille ouvrière et Singapour pour Frédéric.

Xavier Besse est encore un peu vert (vert de peur ?), pas assez prompt à imposer son art et sa personnalité, manque de scène sans aucun doute. Et choix de textes pas assez judicieux, ou trop courageux : il convient là de convaincre en trois titres : pas facile. Xavier est à suivre et nous le guetterons avec tendresse du coin de l’œil…

Surprise de découvrir, entre Vache enragée et Montagnes bleues, Dominique Citerne, venu en voisin, qu’on ne connaît pas non plus mais qui, d’emblée, nous est familier. Il faut dire que son timbre et son inspiration, à mi-chemin entre Graeme Allwright et Félix Leclerc y est pour beaucoup ans cette (re)connaissance.

Coline Malice

Coline Malice

Coline Malice, du plat pays aux volcans du massif central, toujours bonifie. Trois titres pour elle aussi donc cette Ile déserte très « gillesvigneautesque » où elle s’isole loin de tout, seule mais avec tout le confort moderne, adsl comme lave-vaisselle… Assez irrésistible.

Trois titres : lesquels choisir ? Michèle Bernard n’en est plus à tenter de convaincre, on la connaît ou pas, on ne va pas se refaire l’histoire. Alors, quel choix ? Quatre-vingt beaux chevaux… Et ce fouet qui claque au beau milieu des mots. Des Iles grecques, un enfant nomade et, avec Kiki et Vonvon, rencontrés l’après-midi même, un trio avec orgue de barbarie, sur Maria Szusanna. Beauté et pure émotion.

Dites… S’il est un ami d’une présence et d’une fidélité hors normes, c’est bien Michel Grange… Du bel ouvrage, des chansons bien en bouche, fermes et tendre à la fois. Du classique qui en impose par son charme et sa maitrise. Son Aimons-nous est moment d’anthologie.

Michèle Bernard, Kiki et Zonzon

Michèle Bernard, Kiki et Vonvon

Et Rémo Gary, d’abord en duo avec Michèle Bernard sur une chanson de Bernard Dimey. Et un trop furtif échantillon de son talent, de ses mots alambiqués et simples à la fois, d’une logique sans faille, d’une incroyable poésie. C’est avec lui et sur un salut collectif que s’achène ce récital collector, un spectacle ni vu ni connu que deux cents personnes pourront garder longtemps en mémoire.

Qu’ils gardent aussi l’adresse du lieu : chez Vibrevan’z à Viricelles, auprès de Serge Féchet et de ses épatants copains qui, dans cette commune de tout au plus 400 habitants, font vivre une saison culturelle d’une rare dignité.

vvvv

Vonvon, Laurent Berger, Michel Grange, Dominique Citerne, Yannick Chambre, Frédéric Bobin, Xavier Besse, Rémo Gary, Michèle Bernard, Coline Malice, Kiki, Natasha Bezriche et Claude Lieggi.

 

 

 

 

5 Réponses à Viricelles : les vingt ans de Vibrevan’z

  1. Danièle Sala 15 septembre 2013 à 12 h 03 min

    Une belle affiche en effet ! à part Dominique Citerne , Xavier Besse, Claude Lieggi et Yannick Chambre, ayant vus les autres sur scène , dont deux auvergnats venus d’ailleurs, Coline Malice et Chraz , j’imagine le succès de cette soirée . Merci Christine pour ce reportage, et la belle photo de cette famille musicienne . Et que vive Vibrevan’s !

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  2. Claude Fèvre/ Festiv'Art 15 septembre 2013 à 19 h 45 min

    Etrange sensation de déjà vu en lisant ton article Michel … alors que notre soirée de soutien n’aura lieu qu’en Novembre … je me vois déjà écrire ma chronique avec cette troupe inattendue ( pas seulement des toulousains !!) généreuse ô combien, qui va se presser sur la scène de mon petit village de Dalou en Ariège pas plus grand que Viricelles …je me dis que nous pourrions faire un jumelage, un jour !!
    J’ajouterais tout de même une mention spéciale pour Natasha Bezriche qui viendra aussi chez nous porter l’âme de Ferré sans doute…
    On notera que cette belle soirée est comme la nôtre une alerte, au-delà de cet élan fraternel … on a effectivement bien du mal à défendre la chanson là-bas comme ici !!

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  3. Norbert Gabriel 16 septembre 2013 à 9 h 50 min

    Un de ces liieux de Résistance Chanson, envers et contre tout, et pour le meilleur… Et puis 20 ans, c’est comme qui dirait le bel âge, l’avenir fait de l’oeil..

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  4. Babeth 16 septembre 2013 à 21 h 16 min

    Un bien bel endroit, très chaleureux, où l’on est toujours accueilli comme en famille, et où l’on peut partager le repas après le spectacle en toute simplicité avec les artistes… ça devrait toujours être complet !

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