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B.I.S. Et la chanson dans tout ça ?

B.I.S, Nantes, 22 & 23 janvier 2014,

Le B.I.S.2014 (photo Claude Fèvre)

Le B.I.S. 2014 (photos Claude Fèvre)

Tout comme moi, sans doute, vous avez entendu les chiffres exorbitants (chiffre d’affaire direct des ICC,  soit  Industries Culturelles et Créatives = 61,4 milliards d’euros !) mesurant le poids économique de la culture en France qui passe ainsi devant l’automobile et les industries du luxe. En arrivant à Nantes, je vous avoue que j’avais dans un coin de ma  tête cette étude publiée récemment. Il va de soi qu’elle a été tempérée, discutée et que je ne me risquerais pas à ajouter mon grain de sel.

Mais quand on arrive aux B.I.S, « l’événement des professionnels et des acteurs culturels », dès que l’on franchit le « Magic Mirrors » qui vous accueille et que l’on arbore son badge, on se confronte immédiatement à cette notion économique, à ce marché que Dimoné nommera, en scène, « la foire aux maquignons dont nous sommes les bestiaux.» Je vous laisse apprécier l’image un soupçon provocatrice ! Mais vu du haut des escalators, rien ne différencie ce salon des autres secteurs économiques. C’est une évidence !

P1060197Et la Chanson dans tout ça ? Je vous livre mon impression, et seulement la mienne (que l’on n’aille surtout pas m’en faire procès !) : je la trouve dignement présente que ce soit au travers des organismes sociaux, institutionnels, des réseaux, mais surtout « Place des Tournées », c’est-à-dire au  carrefour des producteurs et tourneurs d’où émergent aussi bien les artistes les plus en vue que les nouveaux talents à dénicher. A nous de nous faire notre circuit !

La seule difficulté est de pouvoir tout appréhender en deux jours pour peu que vous vous inscriviez à un atelier ou que vous alliez participer à un forum. C’est vrai que ce que j’aime par-dessus-tout dans ce lieu c’est la rencontre inopinée. Et je n’en ai pas manqué… !! Alors on prend un verre, on bavarde de nos projets, communs ou pas, et c’est tellement précieux ce partage là !

Cette impression favorable aurait pu être démentie par le forum organisé par la FFCF (Fédération des Festivals de Chanson Francophone) et titré « La chanson a-t-elle trouvé sa place dans les musiques actuelles ? ». En dehors des observations parfois alarmistes que nous ne  connaissons que trop, notamment l’image ringarde, poussiéreuse  de la Chanson, la frilosité des salles généralistes, le poids des gros festivals au dépend des petits lieux militants – nous avons en effet un peu tout entendu – j’ai été pour ma part agacée  d’entendre prononcer une nouvelle catégorie : la Chanson « d’écoute » et, plus tard, « la chanson d’Art et Essai »… Je vous laisse à vos commentaires !

Et combien m’ont au contraire paru salutaires les interventions de nos amis francophones, belges et québécois, soulignant que ces classifications n’avaient chez eux aucun sens, tout comme le rappel, dès l’ouverture du forum, que le jazz connaît les mêmes problèmes de diffusion.

Alors, la chanson se porte-t-elle si mal qu’on le dit ?  

5 Réponses à B.I.S. Et la chanson dans tout ça ?

  1. Norbert Gabriel 24 janvier 2014 à 18 h 03 min

    « Art et essai » on pressent le ghetto culturel, mais pourquoi pas ? Dans ces vaticinations sémantiques, je serais plutôt attiré par « la chanson qui raconte » en contrepoint aux chansons pour les pieds, et le spectre est large… Leonard Cohen me raconte plein de choses dans lesquelles je perçois une émotion qu’il fait passer, meme en anglais… The Doors idem … Comme Pauline Julien ou Jacques Yvart, et pas mal d’autres… mais « La danse des canards » ou Justin Bieber, ou les acharnés des « vibes » pour faire genre, ça me laisse indifférent. Et pourtant j’ai de la sympathie pour les canards comme bestioles rigolotes. Les amphigouriques du marketing ont toujours des formulations biscornues, musiques actuelles, urbaines, et pourquoi pas musiques futuristes intergalactiques? ça manque dans le paysage.
    Mettre un bicorne à la romance,
    et la mener à l’Institut,
    avec des orgues et que ça danse,
    la poésie est dans la rue…
    C’est là que la chanson est à sa place, dans la rue, pour tout le monde …

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  2. Xavier Fernique 24 janvier 2014 à 18 h 24 min

    « rien ne différencie ce salon des autres secteurs économiques. C’est une évidence ! ». Peut être, vu de haut et de loin, peut être. Mais de près, absolument pas. En tant que producteur-tourneur-dénicheur, j’ai pu rencontrer un certain nombre de programmateurs, organisateurs. Nous avons parlé genre, nous avons parlé public, nous avons parlé contenu, planning… pas un ne m’a parlé si vite parlé d’argent, de devis, de négociation… et ça fait plaisir.

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  3. Danièle Sala 24 janvier 2014 à 19 h 14 min

     » La chanson qui raconte » oui, mais une valse pour rien ? La java des bombes atomiques ? Le tango corse ? La tarentelle de Caruso ? La marche des anges ?
    Bon, pour dire que je n’ai rien contre la chanson qui donne envie de bouger, si elle est bonne , mais, oui, je préfère la chanson qui raconte et qui fait bouger les images et les émotions .  » La chanson d’art et d’essai »  » La chanson d’écoute » ? Quoi, il y aurait des chansons qui ne s’écoutent pas ? Des chansons qui seraient de l’art en essai pas transformé ?

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  4. ALCAZ (Jean-Yves Liévaux) 26 janvier 2014 à 19 h 59 min

    Hé bé merci Claude, mais si c’est pour ça tout ce bruit, ces déplacements à nantes la jolie, la chanson d’écoute, de l’art et des c’est … mon dieu alors que dollars perdus … non z’aurez pas mon bis!
    la chanson les amis, la chance qu’on a, et que vive la chanson .
    Laissons-nous bercer par la Chanson.
    RRRRRRRRRrrrr

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  5. Chanson de Proximité 1 février 2014 à 19 h 41 min

    C’est le cœur du livre « La Chanson de Proximité » : Cette chanson « qui s’écoute », dans une proximité chanteur-auditeur avec le moins de distance possible (et la technique souvent crée la distance) doit être défendue contre tous ceux qui l’ignorent ou la méprisent. Son seul tort est de ne pas s’adresser à la plus grande masse possible de consommateurs, mais à un public qu’elle respecte.
    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=31780

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