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Fabrice Lançon « Ouvrier, prends la machine »

LANÇON Fabien 2010 Chansons de Mémoire ouvrière du Pays du Haut-JuraOuvrier, la faim te tord les entrailles
Et te fait le regard creux,
Toi qui, sans repos ni trêve, travailles
Pour le ventre des heureux.
Ta femme s’échine, et tes enfants maigres
Sont des vieillards à douze ans ;
Ton sort est plus dur que celui des nègres
Sous les fouets abrutissants
Nègres de l’usine
Forçat de la mine
Ilote du champs
Lève toi peuple puissant
Ouvrier prends la machine
Prends la terre paysan

Fabrice Lançon

Paroles Jacques Turbin, Musique James Guillaume. Extrait de « Chansons de mémoire ouvrière du Pays du Haut-jura, volume 1 », 2010

En 2024 nous avions partagé La grève générale, cette chanson de lutte populaire écrite par Charles Keller (1843/1913), actif sous le pseudonyme de Jacques Turbin, ingénieur, poète et militant communard proche du Mouvement Anarchiste, interprétée par le collectif B3X Prod.
Charles Keller est également l’auteur de la chanson Ouvrier, prends la machine (Prends la terre, paysan), 1874, qui servit de slogan à Élisée Reclus dans un article du journal anarchiste genevois Le Révolté. Elle est parfois appelée L’Alsacienne ou La jurassienne, ou encore La marseillaise des travailleurs. L’interprétation de Fabrice Lançon, douce et profonde, empathique, donne encore plus de force et d’universalité à ce titre vieux de plus de cent cinquante ans, lui enlevant ce qu’il pourrait avoir de daté.
Fabrice Lançon a sorti trois volumes de Chansons de mémoire ouvrière, à partir de textes issus des archives de la Maison du peuple de Saint-Claude.

Notre chanson du jour illustre la  Journée internationale de lutte pour les droits des travailleur.s.es célébrée le 1er mai depuis le 20 juillet 1889, à l’initiative de l’Internationale socialiste à Paris. Elle en fait une journée de mobilisation rappelant la lutte pour l’obtention de la Journée de huit heures, après des événements sanglants à Chicago en 1886. Abusivement désignée sous le nom de Fête du travail, cette journée reprend tout son sens à l’heure de la remise en cause généralisée des droits des travailleurs… et significativement l’attaque contre le seul jour férié restant obligatoirement chômé et payé en France, le 1er mai.  

 

 

 

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