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Entre 2 Caisses, une définition précise du bonheur

Entre 2 Caisses (photo DR)

Entre 2 Caisses (photo DR)

A leur propos on ne parlera pas tant d’un disque qui vient de sortir, même si c’est vrai, que d’un nouveau volume de leur anthologie, le cinquième exactement (septième si on compte les hors-séries que sont Ariette et chahut de 2011 et Je hais les gosses de 2013) avec toujours pour ex-libris L’herbe tendre du père Gainsbourg (cette fois-ci chanté dans une cours d’école) : tous leurs disques finissent invariablement sur ce titre qui leur est entre tous fétiche. A nouveau une sélection de chansons au gré de leurs envies, du parfois tout récent (Yanowski, Joyet, Volovitch, Defever, Bel Hubert…), parfois d’un peu plus loin dans le temps (Leprest, Ricet Barrier, Bashung).

J’avais écrit d’eux il y a quelques temps ces quelques mots, gravés depuis sur la page d’accueil de leur site : « Entre 2 Caisses est entre le littéraire et le populaire, le Littré et le litron, le noir et le  » rouge pas farouche qui fait chanter les verres  ». Par eux la vie coule, gouleyante et fruitée. Mais y a pas que d’la joie dans leurs vers, on y trinque aussi, on y colère, on y pleure presque dans la nostalgie déchirante d’un accordéon déchiré. Quelque soit la plume qui s’en vient caresser leurs cordes vocales, c’est rien que du bon sens, du solide. De l’inaltérable presque. Dans un chant de grande humilité, d’une absolue simplicité, qui fait honneur aux textes ainsi (re)visités. » J’en corrige pas une ligne. Ce En tout bien tout Bonheur bien nommé, c’est ça.

Entre 2 Caisses En tout bien tout bonheurL’un des faits d’armes de cet album est, à l’évidence, ces 300 millions de kamikases, chant et champ de bataille intra-utérine, ce massacre au bout duquel il n’en restera qu’un, seul spermatozoïde à se loger dans l’ovule qui lui fait les yeux doux et en frétille d’impatience. Vous vous en souvenez sans doute : nous avons tous et toutes étant gagnants à ce jeu de la vie (une chance au grattage, une chance au tirage), preuve, entre nous, que nous sommes pas si mauvais que ça. C’est du Ricet-Barrier, c’est épique et sans époque, traité à la manière d’une superproduction style Cécil B dans le Mille. Mémorable !

C’est dire si Bernard Joyet bouillant ses grues fait un peu pâle côté score. Toutefois on apprécie cette recette, variante d’un Landru. Et ce regard durant la cuisson : « T’as d’beaux yeux, mon amour / Dans le bouillon… » Un Joyet qui s’adjuge haut les mains (mais pas sans elles) la chanson-titre, amourette forcément chaste (éloignez tout de même les gosses des enceintes !) entre couvent et monastère. Mon dieu ! Une chanson suçant l’autre, Joyet (toujours lui !) gagne le pompon avec La mort de Félix Faure et ses pompes funèbres (on fournit les détails en commentaires privés).

Comme nos gaillards commentent eux-mêmes avec raison et résignation : pour les trois « f » de Télérama, ce sera zob !

Bon, Barrier, Joyet, mais y’a pas qu’eux. En fait, du Bel Hubert (du démon de midi appliqué à une vendeuse de Patates…) à Patrick Piquet, on vous les recommande tous. Prenez le temps, n’écoutez pas forcément les quatorze titres d’un coup d’un seul : on peut s’étouffer. Et n’attendez de cette chronique ni le sommaire au complet ni le mode d’emploi de chaque chanson : juste l’envie de saliver, de guetter chaque jour qui le facteur qui la factrice qui vous livre le saint opus, bible de toute discothèque.

A force, de disques en spectacles, de lire nos p’tites chroniques sur Entre 2 Caisses, vous savez à quoi, à qui, vous en tenir. Eh ben, le croirez-vous, ils vous étonneront encore.

 

Entre 2 Caisses, En tout bien tout bonheur, 2014. Le disque n’est pas dans les bacs : vous ne pouvez l’acheter qu’à la fin de leurs spectacles, au cul de leur camion, ou par correspondance. Envoyez un chèque de 15 euros (port inclus) à l’ordre de « Le poinçon à musique » à Jean-Michel Mouron, 16 rue Pierre-Dupont 69001 Lyon.

Le site d’Entre 2 Caisses, c’est ici ; tout ce que NosEnchanteurs a écrit sur eux, c’est là.

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9 Réponses à Entre 2 Caisses, une définition précise du bonheur

  1. Odile 27 décembre 2014 à 9 h 43 min

    Tout est bien dit Michel sur ces 4 complices!
    Je pourrais rajouter que je ne m’en lasse pas, que leurs CD passent régulièrement sur mon lecteur et que chaque fois ce n’est que du bonheur…

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    • Michel Kemper 27 décembre 2014 à 12 h 43 min

      Si le titre n’était pas déjà pris et déposé par la Marvel Worldwide Inc., on pourrait dire d’eux « Les Quatre fantastiques » (mais qui parmi eux est La fille invisible, qui est La Chose ?). C’est vrai qu’ils me plaisent particulièrement et que chaque nouvel album d’eux me semble être un grand cadeau fait à la chanson.

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  2. Odile 27 décembre 2014 à 9 h 48 min

    J’ai oublié, bien sûr c’est sur scène qu’il faut les écouter voir!
    Irrésistibles, vous repartez avec du baume au coeur…
    Ne les laissez pas passer …

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  3. Maryse Tricard 27 décembre 2014 à 15 h 07 min

    Comme j’aimerais les découvrir sur scène mais malheureusement… J’ai beau regarder et regarder encore leur route… Elle ne passe jamais par le S.O., Dordogne ou Gironde…

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  4. Danièle Sala 27 décembre 2014 à 20 h 38 min

    Ils ne passent pas non plus en Auvergne pour l’année qui vient, Maryse ( heureuse de te retrouver ici), mais leur route peut bifurquer, ou on peut la croiser qui sait ? Et on peut se faire plaisir en les écoutant, en attendant .

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  5. Odile 29 décembre 2014 à 12 h 37 min

    Pour compléter ma collection, et pour faire suite à votre article Michel, je viens de commander « En tout bien tout bonheur ».
    De très belles étrennes!

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  6. Patrick Engel 30 décembre 2014 à 11 h 56 min

    Je repassais il y à quelques jours, en allant rendre visite groupée à Desproges, Bashung et Mano Solo, devant le gisant édifiant de Félix Faure au Père Lachaise. Quelle belle mort que l’épectase ! Et me revenait forcément en mémoire cette pique savoureuse (de Clémenceau, je crois…) : « Il voulut être César et ne fut que Pompée… »

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  7. Dominique 19 janvier 2015 à 12 h 52 min

    A Patrick Engel, cette autre méchanceté post-mortem de Clémenceau sur Félix Faure : « En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui ». Savoir dire du mal est un talent irremplaçable.

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  8. Danièle Sala 19 juillet 2015 à 23 h 29 min

    Eh bien tout arrive ! c’est  » En tout bien tout bonheur » que j’ai découvert ces quatre garçons talentueux et sympathiques, hier soir à la Muscade de Blanzat, ils ont clôturé les Rencontres Marc Robine en beauté !

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