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Alain Nitchaeff, le diable est aux anges

nitchaeff-1Nous avions, l’an passé, assisté à la création de son spectacle, dans son antre suisse, vers Lausanne, à L’Esprit frappeur de Lutry.

Alain Nitchaeff est un artiste particulier. Jusqu’à ce jour, on croyait vraiment que ce qui l’intéressait dans la chanson, c’était d’en créer, puis de les graver. Guère plus : deux ou trois concerts in situ, un ou deux autres sur Paris, belle occasion d’aller saluer les collègues. Et c’est tout. Occupé par sa Compagnie, accaparé par la gestion et la programmation de sa salle mythique, on ne le savait pas plus préoccupé que ça par ses propres chansons : lui défendait celles des autres. Entre nous, il les défend bien.

Hors, ce diable d’homme s’est frotté à l’enfer des dépendances par un répertoire entièrement sur ce thème. Et, savez-vous, il en est devenu accro, tombé dans son propre piège, dans ce qu’il voulait dénoncer.

Ça fait longtemps qu’Alain Nitchaeff ne touche plus à l’alcool, pas même une larme. Il peut vous en parler. Désormais vous le chante : « Un peu d’nicotine / Un p’tit verre d’alcool / Un brin d’héroïne / T’as vraiment du bol / La vie n’est pas rose / Un peu d’viagra / Une bonne cyrrhose / C’est bon pour la foi. » Repenti, Nitchaeff joue de fait un rôle, celui de ce qu’il fut avant, ange déchu à vivre de vers en verres. Quitte à faire, il s’est mis à lister les autres dépendances. Et il y en a. A bien y regarder, tout est possiblement dépendance. La malbouffe, la surconsommation, le jeu, le je aussi, l’argent, la politique, les drogues… Selon lui, y’a même l’enfer vert : au stade Geoffroy-Guichard, c’est l’enfer du foot, croyez-moi j’habite à côté. Ça se nomme Trafic d’âmes et Nitchaeff y est Satan et vous accueille tout sourire en enfer : « Je m’présente : Lucifer ! / Abandonnez vos ailes / Vous qui entrez ici / Foin de cérémonie. » Les textes sont de Nitchaeff, les musiques toutes de Romain Didier, pour qui Alain est « une longue et bien belle aventure », vantant en lui « cette conscience incroyable de l’instant qui le rend partout authentique. »

Un an après sa création, Alain Nitchaeff reprend – c’est ça qui est nouveau – sa création pour la faire tourner. Étape samedi de cette semaine au Forum Léo-Ferré. Là, au sortir de sa reprise à Lutry, Nitchaeff est radieux. Son spectacle s’est bonifié encore. Il fait dire qu’en un an le monde s’est aggravé encore et que le diable est bien content : ça lui donne des ailes et des doigts bien plus crochus. Satan hérite chaque jour le lot de ceux qui s’imaginent aller au paradis retrouver les soixante-dix vierges promises, eux et les autres dépendants à l’opium du peuple que sont les religions : actuellement ça dépote.

Satan/Nitchaeff en a gagné paradoxalement en tranquillité, en précision. En absolue décontraction. Tant que face à ce diable le public est aux anges. Et rit. Et il est impressionné.

Les enchainements musicaux sont plus fluides encore. Tout avance, tout progresse.

 

Ce samedi 16 mai à 20 h 30 au Forum Léo-Ferré, à Ivry-sur-Seine. Le bénéfice de cette soirée sera entièrement reversé pour venir en secours au sinistrés du Népal, suite au nouveau séisme. Soutien aux villages détruits du nord de Katmandou www.lepotcommun.fr Le site d’Alain Nitchaeff, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à Alain Nitchaeff, le diable est aux anges

  1. Danièle Sala 11 mai 2015 à 11 h 42 min

    Ce diable de Nitchaeff a encore de beaux jours devant lui pour défier les fous de Dieu, et repousser l’ignorance dans cet enfer du quotidien où les hommes se débattent .

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