CMS

Cyril Mokaiesh, vivre comme un homme doit

C'EST AUSSI UN DISQUE Cyril Mokaïesh ne cherche pas la facilité. Quant il fait un disque de reprises, c’est en choisissant les chansons les moins connues des chanteurs les moins connus du grand public, bien qu’ils soient les plus grands. De la passion pour Allain Leprest partagée avec le magnifique pianiste de jazz Giovanni Mirabassi est né ce grand disque hommage, où Mokaïesh trouve la juste mesure. Un choix de chansons (douze titres) qui n’est pas laissé au hasard. Depuis l’Ecoutez, vous ne m’écoutez pas de Jacques Debronckart, qui résume à elle seule toute la tragédie de ces artistes que, tels L’albatros, leurs ailes trop grandes empêchent de marcher. Jusqu’à la Chanson pour terminer, texte de Bernard Dimey, en clôture d’album : « Sauter par ma fenêtre / Pour aller jusqu’au bout / Des risques du métier ». Deux textes de Leprest donc, Nu : « Nu, j’ai vécu nu, Naufragé de naissance » point de départ de l’album et C’est peut-être. Debronckart encore avec la version incarnée de Nous (c’est nous), Dimey (et JeHan) à nouveau pour la douce amère J’aimerais tant savoir. Les écorchés de la chanson Léotard, Mano Solo, Daniel Darc et Vissotski. Mais aussi, moins évident dans cette distribution, mais tout autant à leur place, Vassiliu et Stephan Reggiani. Il est vivement conseillé de se procurer le livre disque où l’historien de la chanson Bertrand Dicale nous conte les destins lumineux et tragiques de ces naufragés de la vie et du succès, chez Sony Music.  Album Naufragés, 2015. Existe en livre album, texte de Bertrand Dicale

C’EST AUSSI UN DISQUE
Cyril Mokaïesh ne cherche pas la facilité. Quant il fait un disque de reprises, c’est en choisissant les chansons les moins connues des chanteurs les moins connus du grand public, bien qu’ils soient les plus grands. De la passion pour Allain Leprest partagée avec le magnifique pianiste de jazz Giovanni Mirabassi est né ce grand disque hommage, où Mokaïesh trouve la juste mesure. Un choix de chansons (douze titres) qui n’est pas laissé au hasard. Depuis l’Ecoutez, vous ne m’écoutez pas de Jacques Debronckart, qui résume à elle seule toute la tragédie de ces artistes que, tels L’albatros, leurs ailes trop grandes empêchent de marcher. Jusqu’à la Chanson pour terminer, texte de Bernard Dimey, en clôture d’album : « Sauter par ma fenêtre / Pour aller jusqu’au bout / Des risques du métier. »
Deux textes de Leprest donc, Nu : « Nu, j’ai vécu nu, Naufragé de naissance » point de départ de l’album et C’est peut-être. Debronckart encore avec la version incarnée de Nous (c’est nous), Dimey (et JeHan) à nouveau pour la douce amère J’aimerais tant savoir. Les écorchés de la chanson Léotard, Mano Solo, Daniel Darc et Vissotski.
Mais aussi, moins évident dans cette distribution, mais tout autant à leur place, Vassiliu et Stephan Reggiani.
Il est vivement conseillé de se procurer la version  livre-disque où l’historien de la chanson Bertrand Dicale nous conte les destins lumineux et tragiques de ces naufragés de la vie et du succès, chez Sony Music.
Naufragés, 2015.

Première de la tournée Naufragés, en ouverture de saison au Petit Duc, Aix-en-Provence, 3 octobre 2015,

 

Accroché des deux mains au mât de son micro, des larmes aux yeux, les dents serrées, Cyril Mokaiesh résiste à la tourmente. Malgré son physique qui lui donne quelques avantages, on le devine inquiet, déchiré, doutant de lui-même et déterminé à tracer son destin tout à la fois. Giovanni Mirabissi, concentré, discret, comme enroulé à son piano, donne le ressac et les déferlantes en longues improvisations murmurées chantonnées, où Cyril fait une pose, l’accompagnant de sa gestuelle de boxeur qui se bat jusqu’au KO debout…

Dehors, les trombes d’eau aux conséquences dramatiques quelques encablures plus loin, se sont ici calmées, et le public a finalement pu rejoindre la salle sans naufrage.

Écoutez, vous ne m’écoutez pas : Cyril ouvre le concert et la partie est déjà gagnée. Il a choisi de présenter ces chansons avec la même progression que l’album, et c’est sa vision incarnée qui unit ces naufragés de la vie ou du succès.

Contrairement à ses précédents spectacles et albums, pas de dramatisation ni de voix forcée ici pour interpréter les plus lacérés de ces artistes, Mano Solo dans Les enfants rouges (« Je saigne toujours de ma  bêtise / J’ai beau essorer mon âme / qu’il en coule toujours le jus de nos méprises ») ou Daniel Darc, chanté en confidence assis à côté du pianiste : « Dans un tel siège les anges ne risquent pas leurs ailes / Juste des idiots comme moi. » Il fait valser Léotard au poids de ses paresses (Poor lonesome piéton, en vidéo ci-dessous), vibrer Vissotski, l’apaise par moment pour nous arrêter sur cet idéal qu’est « vivre comme un homme droit ». Et l’incapacité de Vassiliu à faire ce qu’on attend de lui apparaît dans ce Parler aux anges, presque « crooné », et sa conclusion désabusée : « on s’en arrange. »

Est-ce parce qu’il nous a confié vivre la même situation que cette chanson, Nous (c’est nous) de Debronckart, nous émeut autant, avec son diaporama de menus souvenirs, ceux qui nous font tenir debout ? Est-ce la fin tragique de Stephan Reggiani, qui nous rend si sensible à son « J’aurais fait bonne figure » ?

Cadeau au cœur du concert : La rua Madureira de Nino Ferrer, autre incompris, connu pour les chansons qu’il aimait le moins. Les ovations d’un public conquis nous offrent en rappels Les gens qui doutent d’Anne Sylvestre, Je chante pour passer le temps d’Aragon-Ferré et un inédit de Mokaiesh, L’amour à l’imparfait.

Il nous avait déjà convaincus de sa sincérité, de sa fougue, des potentialités de sa voix, dont il jouait parfois avec un trop plein de passion. Son hommage sonne juste, nous émeut à cœur. Le voici enfin avec toute la maturité de ses émotions. N’est-ce pas Debronckart, un de ses auteurs, qui dit : « Pitié pour le chanteur qui vous livre sa vie. »

 

Le site de Cyril Mokaiesh c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. En concert au Châtelet du 6 au 10 octobre 2015 et du 13 au 17 octobre puis à Annemasse, Florange, Montluçon…

Image de prévisualisation YouTube

5 Réponses à Cyril Mokaiesh, vivre comme un homme doit

  1. Danièle Sala 8 octobre 2015 à 12 h 28 min

    Un très bel album qui tourne depuis quelques semaines déjà à la maison et un beau livret, lisible , ce qui n’est pas toujours le cas . Et Cyril Mokaiesh sera au Sémaphore de Cébazat le 29 avril 2016 .

    Répondre
  2. catherine Laugier 8 octobre 2015 à 16 h 25 min

    Deux autres titres de l’album en vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?v=Il5G5Ui0gG8 Plus rien ne va

    https://www.youtube.com/watch?v=53w3OxPFGuU Parler aux anges

    Est-ce une coïncidence si cet album est sorti un 11 septembre ?
    Un disque de reprises qui ne soient pas des tubes hâtivement interprétés par des têtes d’affiche chez Sony musique ! Comme quoi, quand ils veulent…

    Répondre
  3. Christian Camerlynck 21 octobre 2015 à 22 h 54 min

    Cet Homme est une merveille. Je l’écoute, je l’ai vu quel artiste et Giovanni quel Musicien. JE SUIS FAN. Il y a longtemps que je n’avais vécu une telle émotion.

    Répondre
  4. Odile 22 octobre 2015 à 21 h 39 min

    Je viens de réserver des places au théâtre de ma ville, où il sera en concert en avril prochain.
    Merci pour cette belle découverte…

    Répondre
  5. Pol de GROEVE 17 février 2016 à 1 h 29 min

    On a le droit de ne pas être d’accord ??? Je viens d’aller l’applaudir ce soir et j’ai été déçu.
    Rien à dire sur le choix de chansons, of course, mais son interprétation m’a trop souvent sembler manquer de force et être trop lisse, quasi désincarnée (pour chanter un « Ecoutez, vous ne m’écoutez pas », faut plus de tripes que ça !).
    Surtout – et plus embêtant – sa présence scénique laisse pour le moins à désirer : ce gars-là ne sait pas quoi faire de son corps sur une scène ! Quand on se lance dans un piano-voix, sans aucun artifice, sans aucune mise en scène, sans un instrument derrière lequel se cacher, y’a intérêt à bosser sa gestuelle bien plus qu’il ne l’a (pas ?) fait.
    Bon, c’était peut-être un jour sans. J’ai quand même acheté le livre-cd, on verra s’il passe mieux le cap – à mes oreilles, faut-il le préciser ?

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives