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Barjac 2016. Zoé Malouvet, introspection faite chanson

Zoé Malouvet (photo Anne-Marie Panigada)

Zoé Malouvet (photo Anne-Marie Panigada)

Ce n’est rien que du fragile, du sensible. Pas de tartines de peinture sur sa toile, rien que de l’aquarelle… Une guitare (dommage de ne pas retrouver sur scène les autres instruments gravés sur disque, tous joués par elle) d’où s’envolent des notes graciles, aériennes presque. Et des mots comme un autoportrait (pas toujours flatteur, ça gagne d’autant plus en crédibilité), devant sa psyché, en jeune amoureuse que Zoé Malouvet est. Si l’amour était chose facile ça se saurait : gagné par l’indifférence, la banalité, on ne le chanterai pas sur tous les tons. Par bonheur, c’est plus complexe et c’est cette complexité que Zoé chante, sur un ton mi monotone mi mélancolique, parfois blessé (« Je me suis pris les pieds dans notre histoire / Avant de chuter dans le noir / Je t’ai perdu avant de te vouloir / Je t’ai vécu avant d’y croire »), qu’elle en chante le souvenir, la promesse, le présent, les difficultés : « Décore-moi de tes souffrances / Enveloppe-moi de ton malheur / Viens avec ».

Sous le chapiteau d’un Barjac caniculaire, chanson peut-être dans l’air du temps mais pas conditionné, c’est plus difficile. La douce poésie de Malouvet, l’élégance de son écriture, la précision de ses notes luttent au corps à corps avec cette chaleur plombante qui souvent leste les mots d’une fatigue incongrue, malvenue. Ou on abdique ou on lutte, avec en ce dernier cas la belle récompense d’une artiste qui est pour beaucoup ici une découverte. « Embrasse l’adultère trompe l’enfantillage / En dilatant l’artère d’une folle rage / Les montres fondent / Et le temps malmène / Ce rêve d’un monde / Où l’enfance est reine… » Si on aime les mots délicieusement ouvragés, les mélodies qui facilement entrent en vous, s’y lovent, la chanson bien faite quoi, alors Zoé Malouvet s’offre à vous comme une belle promesse de la chanson, une peu verte encore peut-être, mais dont on fera des boutures pour la certitude de lendemains luxuriants, dont on suivra le déroulé de carrière. On a envie de répondre à sa tendre invite : « Prenez-moi dans vos bras, comme ces femmes-là / Mais sans les mains, c’est mieux comme ça / Prenez-moi dans vos bras, ne me regardez pas / Je ne veux pas de votre émoi ».

 

Le site de Zoé Malouvet, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

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