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Jean-Yves Joanny, retour aux affaires

Jean-Yves Joanny (capture d'écran)

Jean-Yves Joanny (capture d’écran)

Il est dans ma discothèque de vinyles depuis bien longtemps, un disque éponyme orné par son portrait en découpes de bouts de papiers. A cette époque là, Jean-Yves Joanny était dans l’écurie « Écoute s’il pleut », ce prodigieux secrétariat d’artistes qui fut à l’origine du Printemps de Bourges et où étaient rassemblés Higelin, Ange, Magma, Malicorne, Lavilliers, Servat, Font & Val, Verdier, Jean-Roger Caussimon, Jean-Paul Farré, Annegarn, Majhun, Siffer, Tachan, Béa Tristan, Catherine Sauvage et pas mal d’autres.

Joanny avait son nom dans la chanson, certes pas avec ces caractères lumineux et imposants qu’on fixe au fronton de l’Olympia, mais tout de même. Il eut l’idée, entre nous pas fameuse, de faire une pause, une année sabbatique au milieu de la pire décennie que connut la chanson : les années quatre-vingt. « J’avais besoin de prendre du recul avec la scène et l’écriture. Du coup j’ai commencé à travailler dans l’image pour gagner ma vie, mais ce métier m’a apporté tant de surprises, de rencontres, de voyages, de chemins de vie que je l’ai poursuivi très longtemps ». Hors du champ de la chanson, il ne cesse pas pour autant d’écrire et de jouer « mais de façon quasi anonyme ». Il y a six ans de cela, il réalise qu’il n’en avait pas fini « avec ce rendez-vous intime de la chanson » : « j’ai décidé de m’y consacrer à nouveau à plein temps ». Trente sont passés, qu’il n’a justement pas vu passer. Le monde a changé, la chanson pareillement. Les gens ne sont plus les mêmes ; Jean-Yves Joanny n’est plus connu, plus du tout, à de rares exceptions près : « Autant dire qu’avec tous les changements qui ont eu lieu entre temps dans la société, la culture, le disque, les lieux… je repars de zéro. Tout le monde m’a oublié et ça fait bizarre quand on a roulé sa bosse de scène en scène comme je l’ai fait, côtoyant de artistes comme Nougaro, Ferré, Salvador, Béranger, Annegarn… J’aimerais jouer plus, mais je me dis qu’au moins je joue, j’écris, je suis vivant. Quel privilège ! Et je suis aussi dans une forme de résistance face à l’évolution ambiante. Ça justifie d’être là ».

aHR0cHM6Ly9pLnNjZG4uY28vaW1hZ2UvZTY4MTFjZDk4NDIyNGZlMjgxZGY5Mjc0Zjc4MWI1MTAxMmFjNWZjMQ==Déjà qu’un disque c’est pas grand’chose, ne pas en avoir c’est être rien. C’est dire si c’est plaisir que d’avoir ce Duo entre les doigts, sorti en début de l’an passé, sous-titré « Histoires quotidiennes & fantastiques », un disque live, enregistré en concert chez l’habitante, que cause aux aléas de la vie il n’a pas eu le temps d’en faire grande promotion.

Le visage du Marseillais qu’est Joanny s’est creusé, la coiffure est quasi la même, les tempes certes blanchies. Mais l’inspiration est là, et la voix presque pareille. C’est en piano/voix-guitare qu’il se produit, avec la belle complicité de Patrick Charbonnier qui officie tant au piano qu’à la guitare électrique. Toujours avec son lot de quotidien et d’impondérables, traités façon blues ou folk, avec parfois des accents rock.

C’est une chanson volontaire, d’action, de résolutions, qui se veut éclairer quand tout est noir. De désillusions aussi, ou presque, telle Le mur de Berlin qui, parmi les mots, les maux, se mêle au mur personnel de l’artiste, « toujours en quête d’une ouverture », à nos murs. Une chanson portée par la sagesse, qui ne calcule pas ses vers, derrière laquelle le chanteur ne se cache pas : ça la rend d’autant plus attachante, vraie. Un folk-song à la française avec lequel il est plaisant de renouer après si long silence…

 

Le site de Jean-Yves Joanny, c’est ici. Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à Jean-Yves Joanny, retour aux affaires

  1. Catherine Laugier 22 août 2016 à 18 h 48 min

    A (re)découvrir : https://www.youtube.com/playlist?list=PLjgARH5GHfS8YPpJsmdOjUXPfcGeH1m0i

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