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Dur dur d’être B.B. ?

Visuel-BERTRAND-BETSCH-La-Vie-Apprivoisée« Faites qu’à cette seconde / Pénètre la beauté du monde / Faites qu’à cette seconde / S’arrête le chagrin du monde ».

Ce joli souhait, c’est le refrain de La beauté du monde, chanson qui ouvre La vie apprivoisée, nouvel album de B.B. Qui ça ? C’est que ces initiales redoublées évoquent tant de monde. Brigitte Bardot pour les cinéphiles, Bjorn Borg pour les tennismen, Benjamin Biolay pour les branchés amateurs de dandys, Bertrand Belin pour les lecteurs des Inrocks, Bierre Berret pour les enrhumés… Et pour les bien trop rares initiés, Bertrand Betsch.

Dans le circuit depuis bientôt vingt ans (premier disque paru en 1997), l’homme n’est pourtant pas vraiment un inconnu. Disons plutôt un méconnu. A la tête d’une œuvre qui commence à compter (son nouvel opus est déjà son huitième ou neuvième CD, on s’y perd un peu), il ne fréquente que les chemins de traverse de la chanson, éternel joker, trop souvent oublié à l’heure des bilans discographiques. La preuve : même sur NosEnchanteurs, il n’en a jusqu’à ce jour jamais été question ! Rêvons dès lors que cette Vie apprivoisée, publiée sur son propre label et qui a fait l’objet d’un financement participatif, mette un terme à cet ostracisme injustifié.

Car ce bel album a bien des atouts pour y parvenir. Doté d’une solide production qui ne fait jamais ressentir une carence de moyens (orchestrations riches mêlant guitare, violon, percussions, piano et synthés, avec même un ajout de chœurs sur certains morceaux), résolument solaire, ouvert sur le monde et optimiste, le CD a tout pour plaire. Au grand public comme aux amateurs avertis. Des mélodies évidentes dans leur simplicité, sans être simplistes pour autant. Des paroles entraînantes et positives, sans mièvrerie aucune. Que demander de plus ? Comment résister à un artiste qui nous invite à mettre la peur à genoux, à arborer l’amour à notre cou (La beauté du monde), ou encore à combler le trou profond creusé par l’abandon (Il arrivera) ? Alain Souchon, auquel on pense à maintes reprises à l’écoute de l’album, tant pour le chant que pour les images ou le vocabulaire utilisé, a sa Foule sentimentale, Bertrand Betsch nous dégaine, lui, son Aimez-nous les uns les autres (On veut quelque chose de beau/Pour nous réconforter/On veut faire dodo/Quelqu’un à nos côtés). Même état d’esprit, même volonté exprimée de ne pas se résigner et d’aller de l’avant. On peut y ajouter une jolie chanson d’espoir (Du vent dans les mollets), un hymne à la reconnaissance (Merci) ou au courage (Qui je fus), un superbe portrait mélancolique des paumés de la vie (Les hommes douleurs)… L’album se clôt sur la chanson éponyme, sommet d’émotion consolatrice, sur les départs qui impliquent toujours un retour.

Pour désigner les films qui rendent heureux, on utilise le terme (anglophone, of course) feel-good movie. Si cela n’a pas déjà été fait, une expression équivalente devrait être inventée pour qualifier les disques salutaires. La vie apprivoisée mériterait à coup sûr cette appellation non contrôlée.Et vous savez à présent quel cadeau glisser sous le sapin…

 

Le site de Bertrand Betsch, c’est ici.

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Une réponse à Dur dur d’être B.B. ?

  1. Ben Popp 10 décembre 2016 à 19 h 38 min

    Ravi de retrouver BB dont je suis fan. Il a peut-être écrit la chanson à texte engagé avec « l’important c’est de participer » sur son excellent « pas de bras, pas de chocolat » d’il y a quelques années.

    Répondre

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