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Reno Bistan, Lily Luca : merci d’être passés !

Reno Bistan (photo d'archives Jan Feigenbaum)

Reno Bistan (photo d’archives Jan Feigenbaum)

27 janvier 2017, à A Thou bout de chant, Lyon,

 

Revenu de son « exil italien », Reno Bistan a rendu une petite visite au public de la salle lyonnaise. Comme on invite les copains, il était accompagné de la facétieuse Lily Luca, « si banalement heureuse » et sous le charme de son « air un peu vintage ». Le ton est donné, la soirée ne sera pas sous le signe de la mélancolie. En duo, en solo, les deux auteurs-interprètes ont réveillé une « ville qui murmure, ici, pas d’aventure ». Reno Bistan fait feu de tout bois, résume les derniers épisodes : pas de quoi pleurer, « complètement rater sa vie, c’est pas la mort ». Sous les accords de guitare, un menu italien devient une chanson. Bon, imaginons « plutôt un décor de péplum » façon tragédie grecque et « on imagine qu’on la joue en mi ». On déguste, on savoure. Lorsqu’on entend le bruit des projos, « le public est de qualité ».

Lily Luca et Reno Bistan à A Thout bout d'chant (photo DR)

Lily Luca et Reno Bistan à A Thout bout d’chant (photo DR)

Ça cause, ça s’interpelle, à la bonne franquette et de reprendre en chœur les refrains entraînants. « Faut-il que j’aie été fou de toi / Pour accepter ton hypocrisie / Tes mensonges et ta mauvaise foi / Tous tes coups tordus et ton déni. » Que l’on se rassure, le dépit amoureux est matière à rire «  Car je me faisais balader tout le temps / Comme un écologiste au gouvernement ». Autre histoire, c’est parti avec un morceau d’anthologie. « La version Mariage pour tous de Fernande de Brassens » a mis un coup à ses certitudes le jour où « j’ai vu Fred en Slim ». Suite de ballades, douce dinguerie, on rit de bon cœur, on se laisse embarquer, Lily Luca n’est pas en reste. Coquine, badine, la baroudeuse a aussi son mot à dire sur les amours de pacotille. Et que les copines cessent leurs bons conseils car « mieux vaut queutard que jamais ». Et Reno Bistan, où en est-il côté cœur ? De mieux en mieux ! « Les femmes qu’au fil du temps les années blessent / Finissent par revoir leurs ambitions à la baisse / Elles me snobaient, me jetaient des yeux sombres / Mais moi j’attendais mon heure, tapi dans l’ombre. »

Volubile, pop-folk qui swingue, une dose d’humour caustique, poésie pimentée et tendresse jamais loin. Comme son répertoire entre Brel et Oldelaf, « une semaine sur deux », le père de famille se transforme « en punk à chien ». Sa meilleure amie le regarde bizarrement ce soir, le crash est à craindre, « ça va finir au pieu ». Politique, engagé, un cauchemar à la Stephen King lui fait anticiper « un monde de droite ». Trois rappels, une reprise ? Réussir à plomber l’ambiance avec On the road again, c’est du grand art ! Mal parti, mal accordé, second degré maîtrisé, les larmes de rire à l’écoute de cette réjouissante déprime. Jubilatoire. Le public passe commande. Reno Bistan agrée de bonne grâce. Et comme il en faut pour tous les goûts, le final sera « centre droit » : « Tant pis, tu n’es plus ma copine / J’prends ma guitare et mes bouquins / Je fais l’amour et la cuisine / Est-ce que ça intéresse quelqu’un ? » Que la dérision fait du bien !

 

Notons que le lendemain, dans la même salle, c’est Isabelle Bazin, autre lyonnaise, qui succédait à Lily Luca aux côtés de Reno Bistan. Le site de Reno Bistan, c’est ici ; celui de Lily Luca, c’est là. Ce que NosEnchanteurs à déjà dit de lui, c’est ici ; ce que nous avons déjà dit d’elle, c’est là.

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