Printival 2017. Camille Hardouin, la demoiselle reconnue | NosEnchanteurs

Printival 2017. Camille Hardouin, la demoiselle reconnue

Camille Hardouin (photos Nicolas Blanchard)

Camille Hardouin (photos Nicolas Blanchard)

14 avril 2017, Printival Boby-Lapointe, Théâtre de Pézenas,

 

C’est seule, pieds nus, short et débardeur noir, qu’elle arrive en scène. Camille Hardouin a les cheveux « peints » en bleu, à la manière de Jill Bioskop, l’autre femme piège, celle d’Enki Bilal. Elle démarre avec sa guitare sèche et cherche déjà la nuance, avec sa voix un peu cassée. Juste comme il faut pour nous tenir sous son charme avec Mille bouches : « Mon coeur peut aimer mille hommes / J’ai besoin que tu sois mille hommes / Pour remplir mon ventre… » Serait-ce une sirène croqueuse de marins ? Ses histoires sont un peu abracadabrantes, à l’image de Il m’plait pas où elle fait des bisous au radiateur, propose de l’herbe à sa mère, prend son tube de mascara pour thermomètre, met le chat dans l’frigo et étale du dentifrice sur le pain… Un peu déboussolée, c’te nana. Amoureuse.

17949755_1436222556448888_1784145343_oCette fille, c’est une conteuse : ses chansons comptent pour beaucoup. C’est une insoumise aussi, un animal sauvage qui ne se laissera pas dompter : « Et je n’aurai pas mal et je n’aurai pas peur / Et jamais la douceur que tu me donneras / Ne sera abîmée si demain tu t’en vas ». C’est tout sensible, tout délicat, même si, à certains moments, on aimerait plus de variations dans les mélodies : elle reste un peu trop linéaire. Mais ses mots sont hypnotiques. Bien sûr, il y a ses histoires de sorcières, de personnages fantasques, tout droit sortis des livres d’enfants, mais pas que. Nous sommes pris à son jeu. Un vent d’émotion et de jeunesse nous caresse. Ce moment avec sa guitare électrique et son archet de violon d’où elle fait naître un violoncelle est magnifique. Elle a l’art de faire éclore des images avec sa poésie : « C’est beau quand les chansons tremblent sur leurs jambes ». Elle voudrait sauver le monde à coups d’histoires magiques, de musiques, de prises de conscience. Elle sait aussi porter un regard incisif et critique sur les sentiments qui s’endorment comme avec Ce vieux couple. Au terme du spectacle, elle fait monter tout le monde sur scène pour chanter avec elle Le partisan, en l’honneur de Léonard Cohen. Un beau moment de communion entre le public et l’artiste.

Même si elle a encore un bout de chemin à faire pour porter son univers à son paroxysme, Camille Hardouin, qu’on a connue à ses débuts sous le nom de « La demoiselle inconnue », est une artiste à suivre de près…

 

Le site de Camille Hardouin, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

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