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Le (beau) Jour Ferré qui nous arrive

Léo Ferré (photo DR)

Léo Ferré (photo DR)

La dixième fois, on peut parler de tradition. C’en est une pour NosEnchanteurs que ce Jour Ferré qui, le 1er mai ou à proximité (ici le dimanche 30 avril), en plus du travail et du muguet, nous invite à faire la fête à Léo, à lui assurer plus encore sa part d’éternité.

Nous avons pris l’habitude, dès que l’actualité Ferré se conjugue au pluriel, d’en faire un papier. Convenons que rien que cet événement-là mérite l’annonce : Mona Heftre, La Compagnie Joli Môme, Les Têtes de bois, Nilda Fernandez, Carmine Torchia, Annick Cisaruk et son complice David Venitucci, le trio Utge-Royo et Jean-Claude Vannier avec Léo Nissim, autant d’artistes, autant de raisons de s’y rendre, juste entre deux tours d’une présidentielle étonnante où plusieurs choix de société sont quasi à égalité au moment où sont écrites ces lignes. Nul doute que le résultat du premier tour et la perspective du second animeront les temps morts entre le passage des artistes autant que l’étal de livres et de disques proposés au public. Le choix des titres de Ferré sera-t-il fonction de la nouvelle donne ? « Ils ont voté… et puis, après ? »

FRANCIS LALANNE : À LÉO Rien de que chroniquer un disque de Lalanne déclenchera son lot de sarcasmes. Pour l'essentiel, on aura tord. Ça vaut le coup d'entendre Françis Lalanne dans l'habit des mots de Léo. Cette voix que nous avons aimé qui s'empare de ces titres emblématiques que sont Avec le temps, Les anarchistes, C'est extra, Vingt ans, L'affiche rouge (sur ce titre, convenons que Lalanne en fait sans doute un peu trop : il lalannise !), La mémoire et la mer. Et, en duo avec Ferré lui-même, Pauvre Rutebeuf. Bon, on tiquera un peu sur cette archive sonore (des Francofolies de La Rochelle 1987) où Ferré annonce le couplet nouveau que Lalanne adjoint au Temps des cerises et interprète. Suivent deux amples chansons (10'57 et 8'44) de Lalanne, aussi inédites qu'intéressantes, consacrées à Léo, en « mode Ferré ». Ça, c'est pour l'essentiel. On peut tenir pour superflu et prétentieux – mais tel est aussi, hélas, Lalanne – le second disque joint au premier : une interview d'une heure dix-huit de Lalanne. Où on saura tout de la genèse de ce présent album, de la rencontre avec Ferré, des déboires d'Athom le rebelle, du film Le passage et du succès de la chanson-titre, de ses diverses activités, de ses problèmes... Etait-ce vraiment utile d'auto-consigner ça sur disque ? N'est-ce pas un rien mégalo ? Le fait est que ça met en doute la sincérité de l'ensemble de cette production. C'est dommage, car le premier disque contenu dans le boitier vaut le coup, qu'on soit amateur de Léo Ferré ou de Françis Lalanne. A plus forte raison des deux. Françis Lalanne & Pré Carré, A Léo, Frémeaux & associés 2017.

FRANCIS LALANNE : À LÉO
Le simple fait de de chroniquer un disque de Lalanne déclenchera son lot de sarcasmes. Pour l’essentiel, on aura tort. Ça vaut le coup d’entendre Francis Lalanne dans l’habit des mots de Léo. Cette voix que nous avons aimé, qui s’empare de ces titres emblématiques que sont Avec le temps, Les anarchistes, C’est extra, Vingt ans, L’affiche rouge (sur ce titre, convenons que Lalanne en fait sans doute un peu trop : il lalannise !), La mémoire et la mer. Et, en duo avec Ferré lui-même, Pauvre Rutebeuf.
Bon, on tiquera un peu sur cette archive sonore (tirée des Francofolies de La Rochelle 1987) où Ferré annonce le couplet nouveau que Lalanne adjoint au Temps des cerises et interprète. Suivent deux amples chansons (10’57 et 8’44) de Lalanne, aussi inédites qu’intéressantes, consacrées à Léo, en « mode Ferré ».
Ça, c’est pour l’essentiel.
On peut tenir pour superflu et prétentieux – mais tel est aussi, hélas, Lalanne – le second disque joint au premier : une interview d’une heure dix-huit de Lalanne. Où on saura tout de la genèse de cet album, de la rencontre avec Ferré, des déboires d’Athom le rebelle, du film Le passage et du succès de la chanson-titre, de ses diverses activités, de ses problèmes… Etait-ce vraiment utile d’auto-consigner ça sur disque ? N’est-ce pas un rien mégalo ? Le fait est que ça met en doute la sincérité de l’ensemble de cette production. C’est dommage, car le premier disque contenu dans le boîtier vaut le coup, qu’on soit amateur de Léo Ferré ou de Francis Lalanne. A plus forte raison des deux.
Francis Lalanne & Pré Carré, A Léo, Frémeaux & associés 2017

Depuis vingt ans, le nom, l’idée et l’œuvre de Ferré réunissent chaque année la fine fleur de la scène. Un pèlerinage ? Non, un moment de rencontre, un temps partagé dans la cadre d’un répertoire entre tous fédérateur, l’un des plus riches de la chanson contemporaine. Ça fait dix ans que cette formule existe, sur une ou deux soirées, suivant la salle. Auparavant, ce furent dix autres années de « Thank You Ferré », chaque 14 juillet, sans jamais se défiler.

Plus encore que de son vivant, Léo Ferré irrigue la chanson : il suffit de constater chaque année le nombre de disques de reprises, de spectacles et de publications qui lui sont consacrés, explorant tous les recoins, faisant briller toutes les facettes d’une œuvre gourmande de vers.

Dimanche 30 avril 2017, à 18 h, L’Alhambra, Paris 10e. Réservations au 01 40 20 40 25. Le site, c’est ici.

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Cinq CD, cent titres, pour cette récente parution chez EPM, Léo Ferré Les années chansons, dans le cadre de la collection Rouge et Noir. Chez EPM encore, un triple CD, Léo Ferré et les poètes. De Mac Orlan à Baudelaire, d’Aragon à Rutebeuf, René Baer, Aragon, etc. Passionnant !

 

Un « multi-artistes » qui l’est vraiment !

EternelC’est un des disques sortis lors du récent centenaire de Ferré, un « CD multi-artistes » comme on dit. Celui-ci retient notre attention car il associe des artistes de familles artistiques et d’histoires différentes. Qui plus est, des connus et des qui le sont franchement pas, mais méritent tout autant de se mettre en voix Ferré. L’acteur Bruno Putzulu, Nilda Fernandez, Gul de Boa, Rachid Taha, V’là les filles, Geoffrey Oryema, Gogol premier, Thierry Cojan & Trio Noé Reinhardt, Frédérique et Dick Rivers, voyez la diversité, le grand écart. C’est tellement rare qu’un disque se bâtisse avec des cercles d’artistes si différents, et qui pour la plupart ne se côtoient jamais, qu’on ne peut que saluer cette initiative. En plus, c’est un bon disque, agréable à l’écoute, où certes on sent la patte de chaque artiste (encore heureux) mais dont se dégage collectivement une approche souvent neuve de l’anar monégasque. Bravo !

Léo Ferré éternel 1916-2016, CyberSonor/Audiovision/Musicast distribution 2017

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