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Amélie les crayons, de la plume au fil

Amélie les crayons sur la scène de Venelles (photos Nicolas Blanchard)

Amélie les crayons sur la scène de Venelles (photos Nicolas Blanchard)

MJC Venelles, 9 septembre 2017,

 

Salle comble pour l’ouverture de la saison chanson de la MJC de Venelles. En première partie, bien applaudie, la jeune Hélène Piris, déjà entendue au sein du Quatuor Tagadatsing, propose ses chansons personnelles avec aux guitares Oriol Martinez, en s’accompagnant au violoncelle pincé, frotté et clappé dans une ambiance jazz.

Amélie, bottes et jupe culotte très années 70, sans ses crayons mais bien encadrée par ses deux musiciens, nous présente ensuite un spectacle total où danse, chant, conversation avec le public s’intègrent parfaitement, dans la mise en scène de Fred Radix (connu aussi comme chanteur et… siffleur) et la chorégraphie de Denis Plassard. Mention spéciale aussi aux techniciens sons et lumière, qui nous ont transformé ce concert en un voyage au pays des merveilles.

Quentin Allemand – accessoirement médaille d’or au Conservatoire et longtemps batteur de musiques traditionnelles actuelles, notamment bretonne – aux percussions et au marimba, ce splendide xylophone africain tout d’or vêtu, remarquable aussi au bugle solo au rappel, et Olivier Longre aux guitares, multi-instrumentiste et fidèle arrangeur, mixeur et réalisateur d’Amélie depuis les débuts, prennent leurs cliques et leurs claques pour un spectacle très vert, basé sur le rythme, les pas, la nature et les éléments. Mais où l’humain est bien présent , relié par des fils, des sentiers, des ponts, des escaliers , « Deux bouches pour le même baiser / Ça ne se passe qu’entre terre et ciel / Au milieu / De l’escalier. »

Amélie les Crayons trio MJC Venelles 2017 Nicolas Blanchard FlammeAMELIE Les crayons trio MJC Venelles 2017 Nicolas Blanchard SaisonMille ponts, mille pieds qui scandent, frappent le sol, donnent le la ! C’est l’occasion de rechanter Marchons : « Tes pieds et ta voix (…) Tes pieds à ton pas » tout en faisant valser avec ses musiciens, tels des poupées mécaniques – effet comique des différences de tailles – deux spectateur/trice du premier rang. Public toujours prêt à participer, à s’échauffer en longs étirements, à partager avec elle cette dérision de  Y’a plus d’saison (« J’dis ça j’dis rien ») !

Car Amélie balance toujours entre message inquiet sur l’état de notre terre – même si l’enveloppe musicale paraît festive – et espoir en l’homme. On pense aux chants celtiques, aux folklores bretons et irlandais en particulier, et à la bottine souriante québécoise quand, assis, le trio chante a cappella Laleina qui s’en va vers sa belle vie, « délestée des malles remplies d’autrefois ». Pendant que d’autres s’accrochent à [Leur ] Pays ou, poussés dehors, se résignent à tout quitter : « C’est la vie, c’est l’espoir / Et la lumière qui nous poussent tous dehors / On s’en va avec rien / Passer les frontières / Juste nos corps ».

Elle y mêle aussi des incantations chamaniques pour détourner le mauvais sort : « Alors je danse aussi aux esprits et à la force / Alors je fais des vœux / Je chante de toutes mes forces / et mille ponts se font », ses bras dessinent des losanges, sa voix aussi s’élève en une sorte de yoga vocal, devant le piano éclairé de l’intérieur, dessinant comme un  moucharabieh tandis que montent les sons de la flûte des sables. La  musique y est celle du monde, celui dont elle est la  citoyenne du Bal des vivants.

On admirera la mise en scène du piano qui virevolte, tourné par les bras de nos deux musiciens devenus déménageurs pour l’occasion, lorsque Amélie entonne cette Lettre à Francis si émouvante, inspirée par les lettres d’amour des aïeuls d’Olivier lors de la guerre de 14.

Depuis ses débuts, Amélie donne son point de vue de femme, évoque les étapes les plus importantes d’une vie, les plus intimes, aussi les plus petites choses qui en font la trame. L’émotion profonde à entendre Le secret, dédiée à une mère proche de sa fin, nous en rappelle d’autres, souvent de femmes, comme Anne Sylvestre ou Agnès Bihl. Reprise à trois sur le marimba, de Ta p’tite flamme ; de la Maigrelette rejouée au piano éclairé de turquoise. De cette sorte de chanson de marins, ou enfin parlent leurs femmes, cet hymne Les filles de Forge  qu’elle transforme en échauffement « bucalo-facial-cervical » pour son public.

Ultime rappel, encore a cappella, seule face à son public : Tout dans tout (« Une poussière / Un bout de l’univers »). Nous y sommes.

 

Le site d’Amélie les crayons, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là. Actuellement en tournée en France, elle sera à L’Estival à Saint-Germain en Laye le 22 septembre en compagnie de Presque Oui.

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Une réponse à Amélie les crayons, de la plume au fil

  1. Catherine Laugier 20 septembre 2017 à 18 h 13 min

    Amélie : une version live de Y’a plus d’saison, où l’on voit les « bottines souriantes » du trio :
    https://www.youtube.com/watch?v=ObelhRNYsaM

    et le montage photo de la belle Lettre à Francis
    https://www.youtube.com/watch?v=bQaNPyndYt0

    Et d’Hélène Piris, Belle phocéenne :
    https://www.youtube.com/watch?v=OSTl5tg6eBw

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