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Reno Bistan : quand y’a Gênes y’a du plaisir !

Reno Bistan (photo Lucile Jechoux)

Reno Bistan (photo Lucile Jechoux)

Exil pour notre Lyonnais, la moitié de l’ex-Bistanclaque. Exil dans la cité ligure, préférée pour un an à celle des Gaules. Il eut pu nous rapporter des focaccia, des granita ou encore deux ou trois bouteilles de Bianco di Coronata en guise de souvenir ; il nous rapporte une galette laser de neuf titres qui a le goût de là-bas, même celui de la tarte au riz : « Una torta di riso, una farinata / Foccacia di patate o con la salvia o di polenta / Acciughe ripienne, frittata di zucchine / Minestra di verdure, panisse e lasagna verde ». Bon appétit. Tout ça et d’autres plats en guise de couplets pour mieux nous asséner le refrain : « Non, je n’veux pas / Retourne en France / Manger des pizzas Domino / Aller chez Paul ou chez MacDo / Chez Starbuck ou chez Hyppopo ». Au pays des bouchons, ne pas être bouché, c’est aimer la gastronomie, même vegan, fut-elle autre que celle du super-héros local qu’est Paul Bocuse.

Un disque entièrement de Bistan ? Non, cinq titres sont de lui. Et donc quatre d’importation. Une chanson de Paolo Conte (Gênes pour nous/Geneva per noi) adaptée par Reno. Une poésie d’Eugenio Montale (Meriggiare), une chanson de Fabrizio Andre (Bouche de rose/Bocca di rosa) et une autre de Luigi Tenco (Mi sono innamorato di te).

33a0dceec151c793b45c7eb7db427e51Ce disque est autrement préférable à un hors-série de Géo sur Gênes ou au Guide du routard : il sent le soleil et ce je ne sais quoi que même un guide touristique ne saurait tout à fait restituer, même avec grand renfort d’images et de superlatifs. « Boire un demi / A Camogli / Un chinotto / A Quinto / Un Campari / A Sori / Un prosecco / A Bogliasco / Et dans le petit train / Qui est plein », parfois la carte des vins et la carte routière ne font qu’une, pour l’ivresse du voyage et la bonne santé économique des limonadiers. Mais quand Bistan chante les tartares, ce n’est pas tant la bidoche dans son assiette que, quand la plaine se gonfle d’étendards, qu’on s’arme et remet sa visière : il se souvient de Dino Buzzati et évoque le glorieux passé du fort de Gênes face aux ennemis d’alors, tatars ou mongols, d’Eurasie et d’ailleurs.

Moitié italien, moitié français, ce disque tranche avec la production de Reno Bistan, bien plus encore de la production lyonnaise, épicentre s’il en est la belle et bonne chanson. Bistan est ici accompagné par Jeanne Garraud, au piano et claviers ainsi qu’au chant. Et par Olivier Longre, à la réalisation certes mais aussi au mandoline, percussions, lyre (non, ce n’est plus la monnaie italienne !), harmonica, flûte à coulisse, machine set voix. Je ne présenterai pas plus que ça Jeanne Garraud aux lecteurs de NosEnchanteurs qui la connaissent déjà ; Olivier Longre, que vous avez déjà applaudi sur les scènes d’Amélie les crayons, est aussi chanteur, compositeur et arrangeur. Que des Lyonnais qui, dans un sous sol (le la, le si ou le do, on ne sait tout à fait) de la Croix-Rousse, ont réveillé ensemble par le son les souvenirs génois contenus dans ces vers apéritifs. Apéritifs ? Oui, ils nous donnent envie d’Italie et d’un bon repas, fut-ce une pizza si toutefois elle vient de là-bas.

 

Reno Bistan, Genova, autoproduit 2018. Le site de Reno Bistan, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Pas de vidéo extraite de ce disque. On reste néanmoins dans la cuisine, dans l’amour aussi… Image de prévisualisation YouTube

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