Samuel Covel, l’audace de l’exigence | NosEnchanteurs

Samuel Covel, l’audace de l’exigence

COVEL Samuel photo archives ©Mam'zailes F détail

Samuel Covel (photo archives ©Mam’zailes F détail)

La Cave aux artistes Le Hublot, Aix-en-Provence, 25 mai 2018,

 

Il y a peu de temps, je vous présentais le nouvel EP de Samuel Covel :

« Voyageur, musicien guitariste, il a touché à toutes les musiques, rock, folk, blues, jazz, latino ou tsigane qui lui ont donné une parfaite aisance, tant dans le riff énergique que dans l’arpège dentelé (…) Il sait transcender les réalités triviales pour recréer des légendes contemporaines mythiques. »

C’est ce Samuel là que nous avons retrouvé sous les voûtes aixoises de La cave aux artistes, un de ces lieux intimes qui font penser à la grande époque des caves Rive gauche et autres cabarets à chanson.
 
Il faut un sacré culot lorsque l’on est un jeune guitariste virtuose et expérimenté pour se lancer soudain dans la voie étroite de la chanson exigeante. Une simplicité, une voie qui s’impose d’elle-même, entre garrigue battue de soleil et effluves marines, dans la lignée des poètes éternels comme des guitar heros. Même s’il est bien abusif de le considérer comme encore à l’état larvaire lorsqu’il n’était « que » guitariste, c’est cette métamorphose qu’il nous conte, avec cette « Mue imaginale » qui transforme l’insecte en  cigale qui chante, ou plutôt cymbalise,  tout l’été. De la cymbale il a le jeu rythmique, avec des silences et des envolées, celles de la guitare andalouse d’un certain Manuel, la langue aussi qui claque et fouette, avec ces sonorités qui résonnent, ces souvenirs qui remontent vous prendre à la gorge, ces mots qui réveillent des atmosphères « Ton esprit de quatre ans s’est noyé dans le temps quand tu en avais douze / La morsure des aigles dans le creux de tes bras / Tourbillonne en riant ».

Samuel Covel à la Cave aux artistes Capture d'écran

Samuel Covel à la Cave aux artistes Capture d’écran

Petite salle, mais fervente, pour applaudir les subtilités, les cris et les douceurs  des sirènes d’Aberdeen qui nous harponnent le cœur, le romantisme transcendant des Roses, la battante tragédie des Amis squelettiques. Des mélodies qui vous trottent longtemps en tête. Qu’il soit musicien dans l’instrumental virtuose de Mue imaginale, comédien-conteur de ce dit du Monde qui ne tourne pas comme une horloge, ou en quête de l’inaccessible, dans la belle reprise du poème de Walt Witman traduit en français Ô Capitaine ! mon Capitaine ! -rappelez-vous Le cercle des poètes disparus- Covel sait créer des atmosphères, vous emporte dans ses révoltes, dénonce La folie de notre monde. Si sa guitare (une cole clark australienne tout en bois locaux) suffit à elle seule à créer toutes les ambiances, du trad au rock en passant par le tsigane, il sait aussi s’en passer pour chanter en rappel cette Daphnée intense entièrement  a cappella, qui cueille son public tout aussi sûrement.

Présent pour deux soirs au Hublot, le lendemain sera le terrain de nouvelles expérimentations, avec des inédits discographiques comme Nosfératu, La Fumerie, Les Palétuviers, ou la Mélopée du Chat tremblant, que je n’ai malheureusement pas pu découvrir… A suivre.

 Le site de Samuel Covel, c’est ici. Ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, là.

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