CMS

Patriiiiiiiiick ! (le Font et la forme)

Ainsi Font, Font, Font... (photos Babette Richard)

Ainsi Font-elles, ainsi Font-ils… (photos Babette Richard)

19 et 20 octobre 2018, A Thou bout d’Chant, Lyon,

 

L’idée, qu’on dit de Bacchus mais Gallet n’a certainement pas donné sa part au chien, remonte à il y a pas mal de temps : rendre hommage, alors de son vivant, à Patrick Font. Ainsi fut fait.

On sait qu’entretemps Patrick Font déserta, s’absenta, se fit la belle. Ainsi fit Font.

Patrick Font est un formidable auteur de chansons. Formidable et prolifique. Tant qu’on conseillera à tous ceux qui ambitionnent d’être chanteur et ne savent aligner deux rimes intelligentes à la suite l’une de l’autre sans saloper leur brouillon, de prélever dans le fond Font.

Pour ceux qui étaient sur la scène d’A Thou bout d’Chant, la boîte à chansons aussi célèbre que les bouchons ou le Jésus de Lyon, ce n’était pas tant chercher l’inspiration que de saluer l’ami et le maître, de dire et chanter sur scène des gros mots, de prendre le public à témoin de ce délit de qualité et d’impertinence qui frappe chaque chanson de Font. Ainsi fait foi, ainsi fait Font.

Qui fit quoi, qui Font qui, peu importe. Citons la joyeuse bande de ces deux seules représentations (ben non, ce spectacle fut unique et ne tournera pas, na !) : Lucas Rocher, Nico*, Baudoin Claessens, Manu Lods, Fred Pradelle (Ze Fred / ancien Jo Staline), Léna Pradelle, Priscilla Dedelot, Nadège Matelon, Jean-Christophe Géminart, Francis Bages, Leïla Huissoud, Anthony Casanova, Bruno Daraquy, Pierre Fayet, Guyom Toutseul, Marc David et Frédérique Gagnol (les anciens tauliers d’A Thou bout d’Chant), Alain Bert, Jean-Patrick Douillon. Et les deux promoteurs que furent et Font Evelyne Gallet et Nicolas Bacchus. Du beau linge dans le fond.

44614934_1412915938841728_5175988117747793920_nFont 3C’est grand plaisir de se mettre en bouche de ces grands classiques de la chanson underground – surtout dans ce lieu souterrain, hein ! – : Crotte de nez (par qui s’ouvre ce récital), Mon premier amour, Marie, La grande Jaja, Les pieds, La vieille, Le prince charmant… Soyons sûrs que ça ne passera jamais ni chez Drucker ni chez Manoukian.

Avec des moments de pure anthologie, de ceux que seule la mémoire du public présent ces deux soirs longtemps portera. Comme Bacchus & Rocher (juré, on aurait dit Font & Val reconstitués !) chantant Soyons pédé ! : « Foutez donc en l’air ce modèle classique / Du couple uniforme, borné, statique / Croisons nos pénis et que nos vagins / Tout autour du monde se donnent la main » (eh oui, c’est pas du GiéDré : c’est du Font, pas de la forme !). Comme Manu Lods reprenant Voilà : « Un chant d’harmonica qui pénètre en prison / Un myosotis planqué à l’ombre d’un camion / La chanson de la vague au bateau fracassé / Le regard du chaton sous l’orage d’été / Voilà, voilà, voilà, voilà / Mon amour, comment j’te vois »… Comme Bruno Daraquy (venu avec son chien, comme jadis Jef sur la scène de Font & Val), seul à déclamer du Font, sans la moindre note qui menotte les mots. Comme Le premier d’la classe où logiquement Giscard cède son siège à Macron. Comme Nicolas Bacchus qui s’en va extirper d’un bouquin ou d’une bible (Les pensées de Patrick Font) de fameuses citations du trépassé telle, à propos de la Gay-pride, « Le plus dur est derrière nous ». Rien qu’en transcrivant ça, je me retourne au cas où, prudemment…

Font 6Comme, comme… Pourquoi tenter de reconstituer la tracklist, de convoquer les rares solos, les nombreux duos, les trios à Font les ballons, les bien plus que ça, le tendre et le dur, le poétique et l’osé, parfois la somme des deux ? Tout fut Font. Du délicieux, du Font fondant dans la bouche comme une fraise Tagada, une hostie ou la crotte de nez sus-citée.

J’ai bien conscience que d’évoquer ce concert provoquera chez nos lecteurs la légitime et sincère frustration de ne pas l’avoir vu. Tant pis tant mieux. Z’avez qu’à vous rattraper sur l’intégrale (numérique) de Patrick Font. Sur sa bio (papier) aussi. Et si parfois vous sortez votre guitare par plaisir ou par nécessité, au père Brassens substituez de temps à autre le père Font ; ça reposera l’un et fera respirer l’autre.

 

Pour commander l’intégrale de Patrick Font c’est ici, et son autobiographie c’est là ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

Pas de vidéo de ces soirées, hélas ; pour s’en consoler, voici deux repreneuses de Patrick Font : Leïla Huissoud et Evelyne Gallet…

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives