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Festival Chanson du Pays d’Aix 2018, Christian Vives, rocker à cœur fendre

Photo Christophe Oliver

Christian Vives Photo Christophe Oliver

Chateau des Remparts, Trets  5 octobre 2018

Première rencontre, déjà au Festival de la chanson d’Aix en 2017, accompagnant à la guitare son ami Mathieu Pirro. Gant de velours, cheval de fer, écrite par Mathieu sur une idée de Christian, nous avait déjà interpellés : « Au dedans gant de velours / Comme une ville dans ma bulle / On palabre on fait l’amour / Au dehors cheval de fer / Sur les ravins funambules / Je tire la bourre aux éclairs ». Nous aurons le plaisir de la réentendre dans ce concert.

Une voix chaleureuse, puissante et douce quand il le faut, une musique qui dynamise le texte, une thématique chère aux folk-rockers américains. Pas étonnant, ses références mêlent Johnny, qui lui a donné envie de chanter, à Bruce Springsteen, Elvis Presley et les Beatles pour les anglo-saxons, Francis Lalanne, Francis Cabrel et Bernard Lavilliers pour les français. Parcours classique d’un artiste qui se forme entre bals populaires, piano-bars et tributes, avant d’écrire et de composer par lui-même.

Déjà programmé dans un petit lieu l’an dernier où nous n’avions pu le voir, Christian Vives nous revient dans cette belle salle du Château de Trets, sous les cimaises d’une exposition contemporaine, au voisinage d’un superbe escalier de pierre aux balustres Louis XIII. Avec une formation complète de deux musiciens qui le soutiennent parfaitement, le guitariste Philippe Romanelli et le bassiste Serge Champetier juché sur son haut tabouret, plus quelques accessoires électro. Lui même s’accompagne d’une belle guitare folk noire à pan coupé, ou d’une guitare électrique.

Son premier album, autoproduit, date de 1998. Le dernier, douze titres personnels, Errances sort fin 2016. Bâti sur des expériences intimes, l’album fait le tour, en ballades folks, de voyages géographiques en amours perdues, sensations et sentiments analysés avec finesse. Un prochain album d’au moins huit titres, plus axé sur les autres et le monde tel qu’il va, ou pas, est en préparation. Ce qui nous vaudra le plaisir de quelques inédits : On voulait seulement, constat sur le monde actuel, qui sera intégré dans le spectacle choral Le jour d’après (à Rognac le 16 novembre), évoquant les relations humaines entre soldats ennemis en 14-18. Ou Destins de femmes, beaux portraits-hommages à des femmes oubliées ou sacrifiées.

Christian Vives en trio à Trets Photo DR

Christian Vives en trio à Trets Photo Festival chanson Pays d’Aix

Le thème récurrent du présent album, la séparation, est traité avec délicatesse. Je vais partir, de 1991 : «  Je reste là seul avec mon silence / Serrant déjà la main de son absence ». Un cœur qui bat, ou Le temps passe, et son superbe solo final au saxo, par Serge Champetier. Le titre qui a donné son nom à l’album est une belle chanson mélancolique : « Même au milieu de tout / Elle traîne encore partout (…) De brises en écumes, de filles en aiguilles / De nuit de bitumes, d’années sans merci / Juste tu présumes qu’elle est encore à lui ».
Tout ira bien,
présenté avec humilité comme un hymne dans son quartier, ou tube local, chauffe les mains et les voix, dans une ambiance entre Eddy Mitchell et Joe Dassin. Pourtant, si l’on écoute les paroles, elle a tout d’un oxymore : « Je n’ai plus d’avenir dans les lignes de sa main / Mais tout ira bien, le chemin n’est pas loin.. ». La reprise des Mains d’Or de Lavilliers (1), très crédible, achève la conquête du public.
Vives est très convaincant aussi avec ces chansons très personnelles, une consolation pour son père, en mal du pays :
« Ecoute le vent / Regarde ces gens / Mais je t’en prie ne pleure pas », qui berce très doucement, avant de s’amplifier en guitares sonnantes, s’envolant comme des cloches d’église. Ou une chanson de retrouvailles, en duo avec sa fille, de retour de Toronto : Avril à Toronto (On se retrouvera).
Des thèmes plus légers aussi, Hypocondriaque, ou Bel-Air 56, en l’honneur d’une belle américaine  du temps de Cochran ou Vincent, « 340 chevaux sous le vent ».

Christian Vives a su établir une vraie connivence avec son public, très participatif, avec simplicité et naturel. Le concert s’achève en apothéose avec le double hommage de J’ai oublié de vivre et Emmenez-moi, puis en solo acoustique et à spots éteints, entre murmure et cri, « Sous la pluie, ton ombre danse et me traverse / Quelque part l’indifférence est une averse ». La preuve est faite que rock et sensibilité peuvent faire bon ménage.

(1)Lavilliers est en concert le 12 octobre à Martigues (13) et nous en reparlerons.

Le site de Christian Vives, c’est ici. Ce que Nos Enchanteurs en a déjà dit, là.

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