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Parisiens (voici les) Têtes de chien !

Parisiens et têtes de chien, parigots de tête de ? (photo DR)

Parisiens et têtes de chien, parigots têtes de ? (photo DR)

La chanson marcherait-elle sur la tête (de Chien) ? Voici des chansons pour adultes qui naguère se glissèrent dans le répertoire enfantin où elles animèrent avec succès et en toute innocence tant les colonies de vacances que les camps scouts, les cours d’écoles et toutes les occasions qui lui étaient données (il y a encore peu de temps, elles étaient nombreuses). Et qui, désormais, faute d’être encore chantées, partagées, retombent dans l’escarcelle des adultes, retrouvant un peu, derrière le vernis bien lisse bien propre de leurs années infantiles, le rugueux et le coquin qu’elles ont toujours porté en elles.

Car, derrière cette flopée de chansons se cache toute une symbolique érotique qui remonte à la Renaissance, quand il était d’usage, par précaution aussi, d’évoquer les roses et les épines pour parler de la chose. De petit bois, touffu ou non, de rivière ou de loup : « Promenons-nous dans le bois / Pendant que le loup n’y est pas ». Et que dire de « la mère Michel qui a perdu son chat » ?

Durant des décennies, les cours d’écoles n’auraient été que l’enfer chantés de dépravés ? Passant d’un répertoire l’autre, les mots ont simplement perdu leur charge symbolique. Et nous la mémoire.

Reste qu’on y chantait toujours il était un petit navire où, rappelons-le, le sort tombant sur le plus jeune, c’est lui qui allait être bouffé. De l’usage du cannibalisme et, au fil des chansons, de bien d’autres cruautés.

6cbe66_d0356ff6ee204889b554ac71a5edfb4e~mv2_d_1648_1482_s_2Les Têtes de chiens, quintet a capella (composé, il va de soi, rien que de parisiens, têtes de chien !), croisement entre Les Frères Jacques, Les Wriggles et Chanson plus bifluorée, font actuellement leur miel de ces chansons remises en mémoire et utilement restaurées dans leur presque jus d’origine. Peut-être faut-il avoir l’esprit mal placé pour y voir le mâle partout. Mais… « J’ai perdu mon ami / Sans l’avoir mérité / Pour un bouquet de roses / Que je lui refusai… » Encore qu’une des nombreuses versions de cette chanson est plus explicite et limpide encore : « Pour un bouton de rose / Que je lui refusai… » Et une autre nous informe que le dit bouton a déjà été offert, à la légère sans doute : « Pour un bouton de rose / Que trop tôt j’ai donné… » Bien sages, nos Têtes de chiens semble préférer la version soft : les nuances et la suggestion sont, elles, dans leur interprétation.

Jeanneton prend sa faucille, Ne pleure pas Jeannette, Mon père m’a donné un mari, Au clair de la lune (« prête-moi ta lume pour écrire un mot / Ma chandelle est morte… » fait plus encore dans le lubrique), ça et bien d’autres forment le répertoire du nouveau spectacle de ce quintet. Et d’une disque à venir en cette fin d’année.

On aimera ces Têtes de Chien qui, hors toute mode, exposent la chanson dans la nudité (mais paradoxalement en costume de représentants de commerce) d’une interprétation sans autre fard que leur talent, que cet irréprochable travail de leurs voix qui fait bel étalage de tessitures. On aimera qu’ils nous interprètent cette fois-ci parmi les plus belles chansons françaises qui soient, tant qu’elles en sont éternelles. Ça vaut tellement mieux que des tubes par définition creux.

 

Le site des Têtes de Chiens, c’est ici. Le CD Faces cachées sortira le 4 décembre chez TO&MA ; le spectacle éponyme se tiendra les 6 et 7 novembre, les 28 novembre, 9 décembre et 12 décembre au Théâtre de Ménilmontant à Paris.

2 Réponses à Parisiens (voici les) Têtes de chien !

  1. Michel Kemper 25 octobre 2018 à 16 h 03 min

    Aux lectrices et lecteurs qui m’ont interrogé sur le mot « Lume » (« prête-moi ta lume / pour écrire un mot »), suspectant une erreur de frappe de ma part, « Lume » est un terme ancien qui veut dire « lumière », et c’est bien ainsi dans la chanson. C’est aussi ainsi que le chante nos Têtes de Chien. MK

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  2. Gallet 26 octobre 2018 à 9 h 07 min

    Leurs spectacles sont très beaux, exigeants et vivants :. « Portraits d’hommes »puis et la « Marelle » qui approchait la tradition religieuse .
    Pas étonnant que leur qualité puisse toucher les amateurs de chanson « signifiante ». Grégory Veux est l’un des chanteurs. Il composa pour Pierre Louki, et accompagne au piano son interprète majeure Claire Elzière.

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