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Liz Cherhal : voir, vibrer, vivre

Louise Cherhal en duo à la MJC de Venelles. Photos ©Nicolas Blanchard

Liz Cherhal en duo à la MJC de Venelles (photos ©Nicolas Blanchard)

12 janvier 2019, MJC de Venelles, Liz Cherhal en duo,

 
Ce n’est certes pas courant qu’un artiste se donne la peine de présenter lui-même sa première partie. Pourtant c’est ce que fera Yves Jamait, qui nous affirme être plus honoré de faire la deuxième partie de Liz Cherhal qu’elle de faire sa première !

Liz nous annonce cinq chansons de son dernier album L’Alliance, cette belle expression des intermittences du couple, en duo avec son compagnon le multi instrumentiste (guitare, basse, violoncelle) arrangeur et producteur de son album, Morvan Prat. Une petite moitié de ce dernier album qui avait tellement attiré notre attention, tant posé sur la platine que mis en scène doublement pour un public entendant ou non. D’ailleurs il figure dans notre sélection 2018 en spectacle comme en disque. Mais comment  rendre compte en un condensé d’une petite demi-heure  de cette construction complexe, où chanteuse, musiciens, interprètes en langue des signes, danseur et mise en lumière se complètent pour créer une atmosphère tendue, douloureuse et sereine tout à la fois ?

Pari tenu : les cordes pincées du violoncelle de Morvan créent immédiatement la tension nécessaire à cet aveu « Au creux de ton silence obscur (…) dis veux-tu bien de moi (…) Donne-moi raison d’avoir eu envie d’entrer dans ta vie ». Liz est toute de féminité naturelle sans artifices, cheveux lâchés, dans sa longue robe de maille noire à fines bretelles, plantée sur ses baskets de daim rouge, le corps libre, en torsion. Lorsqu’elle vocalise, l’archet, déchirant, soutient sa plainte, et ses mains, frémissantes, se retournent pour signer l’angoisse de l’avenir. Car c’est elle qui fait l’interprète, exprimant par sa gestuelle tant les ondes de sa musique que les  émotions de ses textes, en un ballet expressif aussi  pour ceux qui entendent.
Le soleil de Juin éclaire une scène presque guillerette, pourtant  un corps mis à la torture, Volontaire pour « cette interruption des bourgeons », que seul dramatise l’archet profond du violoncelle.
CHERHAL Liz duo danse NBlanchard MJC 12 01 19Morvan troque son instrument pour la guitare électrique, donnant une atmosphère rock et syncopée pour évoquer La recomposition, exercice difficile pour les enfants qui doivent retrouver leur place et leurs marques, mais aussi renouveau plein d’espoir après la décomposition du couple : « Passe la vie, tournent les heures / Donne-moi ta main, prends mon cœur / Pour le meilleur et le meilleur ». Et le regard amoureux de Morvan.
Liz sait utiliser le clavier, le sampleur, au son lancinant du violoncelle pincé pour créer inquiétude et douceur, « Mais comme un roi, vie devant toi / Et respire ».
Le concert s’achève sur les riffs de la guitare électrique, à la recherche de l’enfant perdu, celui dont tout parent ne sait s’il pourra en faire un homme : « J’ai marché, tant marché qu’il a disparu mon bébé ».

Malgré les applaudissements, nous n’aurons pas droit ce soir au rappel, place au concert d’Yves Jamait : une seule envie, revoir Liz dans un spectacle complet.

 

Le site de Liz Cherhal, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.

Actuellement en tournée de concert. Prochain  en duo le 18 janvier à la Médiathèque de Sainte-Marie-de-Ré, en formation complète le 3 février au Théâtre intercommunal d’Etampes. Toutes les dates sur son site.
 
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